Écho populaire

L'Écho réverbère ; il éclaire ; P p. P ...
16 août, 2006
– NOUVELLES BRÈVES : – Bienvenue sur Écho populaire Nouvelle refonte –
24 juil. 06 – D'autres remarques très flatteuses, cette fois-ci du spychologue Pierre E. Faubert. Il tient tribune à CKAC à l'occasion en remplacement de Pierre Mailloux. Nous avons à plusieurs fois souhaité que M. Faubert devienne permanent de l'émission. Nous lui souhaitons la meilleure des chances. À lire en commentaires de l'article Série franchise et vérité ; revue juin 06 — partie 1, 10 juil. 06. Invitation aussi à visiter le blogue de Stéphane Gendron ; cliquez sa face
28 fév. 06 – Remarques plus qu'élogieuses de Bernard Bujold, ex-collaborateur de Pierre Péladeau, webmestre de Studio 1 à lire en commentaires de l'article Paul p. Puteau ou PpP, 10 oct. 05
01 jan. 06 – BONS VOEUX au 31 déc. – Transfert de plateforme – Échos populaire se fondra dans le nouveau site ROQ – À suivre à la même adresse – À très bientôt.– 04 déc. 05 - À venir : Nouveaux textes, nouvelles fonctionnalités – À surveiller : Textes ; FORUM ROQ, rallye mission, démocratie active, promotion. Ajoût ; Forum, Campagne Memberships/Souscriptions. Merci de votre collaboration.
30 nov. 05 – Le texte Les banlieues à feu en France ; la révolte des exclus, 13 nov. 05 ; revu et augmenté ; publié en France : Site Innovation démocratique – – et au Québec : Site Hystérie


BIENVENUE – La clameur populaire exprimée sans condescendance mais sans complaisance. Les travers sont exposés, les idiosyncrasies, la parodie des p'tits amis, l'« écoeurantite » qui gron­de, tout en faisant utile, faire une contribution positive. S'objecter oui ! Mais être con­sé­quents, faire apport d'une pen­sée originale, authentique. L'Écho relate les non-dits, les bons coups aussi.
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TEXTES

À

CONSULTER

  • 15 août 06 –
  • Bon Fête Évangéline ; Marianne aussi, à posteriori
  • 10 août 06 –
  • Après la Genèse, malheurs et châtiments d'un couple dépareillé
  • 31 juil. 06 –
  • « La religion [la guerre] des peuples » — Israël, un cas d'espèce
  • 10 juil. 06 –
  • Série franchise et vérité ; revue juin 06 — partie 1
  • 04 juil. 06 –
  • Fourth of July ; Le quatre juillet ; Jour de l'indépendance ; The Independence Day.
  • 30 juin 06 –
  • Le 01 juillet, Fête du Canada ; fête du déménagement au Québec
  • 24 juin 06 –
  • Bonne Saint-Jean ma gang d'In, puis à Québec, les crottes de nez
  • 20 juin 06 –
  • Chères chaires chers ; chairs des pairs, pères et mères ; un maire à la mer ; non à la pêche à manger des pèches ; à pêcher ou à pécher ?
  • 10 juin 06 –
  • Une radio distincte : Proulx, Gendron, Bradette et les autres
  • 04 juin 06 –
  • Branle-bas dans les médias ; nouvelle mairie pour Stéphane Gendron ?
  • 30 mai 06 –
  • Humour et Amour — Humor et Amor — HA and You
  • 28 mai 06 –
  • Bon ! Heum ! ! Les ZonZon-là ; une blague ?
  • 15 mai 06 –
  • Six mois au compteur and counting
  • 10 avril 06 –
  • L'économie de la richesse, un stimulant ou un éteignoir ?
  • 30 mars 06 –
  • CPE — Coupure du politique de l'électeur — Cassure du patron de l'employé
  • 18 mars 06 –
  • Le merveilleux monde de médias jumelé au Web
  • 08 mars 06 –
  • Coup de barre et redressement tout empreints de réalisme
  • 28 fév. 06 –
  • Pour en finir du négativisme
  • 14 fév. 06 –
  • Liberté, égalité, fraternité
  • 12 fév. 06 –
  • Impunité, lucidité, solidarité(Prologue)
  • 01 fév. 06 –
  • Après les fatuités politiques, l'avidité et l'apathie économique ; (les unes égalent les autres)
  • 25 jan. 06 –
  • Harper ; « « Notre » premier ministre » par procuration !
  • 21 jan. 06 –
  • Faux, « Le mystère de la vague bleue »*
  • 14 jan. 06 –
  • Volé ou violée ; vitriols vides et void de vérités(polaroid d'un débat blindé de faussetés)
  • 31 déc. 05 –
  • Bons Voeux pour 2006
  • 20 nov. 05 –
  • Un nouveau parti au Québec ; Le ROQ (Ralliement option Québec) ; Ô bonheur
  • 16 nov. 05 –
  • Boisclair ; Jack le monologue ; le Jack Lang(ue) de bois du Québec ; Ô malheur
  • 13 nov. 05 –
  • Les banlieues à feu en France ; la révolte des exclus
  • 10 nov. 05 –
  • Pronostics, tics au tac qui mènera le PQ dans l'oubli ?
  • 07 nov. 05 –
  • Post-mortem d'une élection ; défaite mal programmée et retraite bien méritée
  • 04 nov. 05 –
  • Le destin maudit des dauphins et des mandarins : Bernard et Bernard Série d'hier à demain
  • 02 nov. 05 –
  • Le rapport Gomery ; le tombeau des libéraux fédéraux
  • 30 oct. 05 –
  • En attendant le rapport Gomery ; Corriveau dans le caniveau

  • 28 oct. 05 –
  • Liberté vs. démocratie populaire ou participative vs. Engagement
  • 26 oct. 05 –
  • Les méandres de notre démocratie municipale
  • 24 oct. 05 –
  • Anne-Marie Péladeau, aléas et faille de San Andreas
  • 22 oct. 05 –
  • Le goût du changement et le choix d'un nouveau leader
  • 20 oct. 05 –
  • Le vivre-ensemble
  • 19 oct. 05 –
  • george W. B.U.S.H.
  • 16 oct. 05 –
  • La vraie nature du français
  • 14 oct. 05 –
  • La folie des grandeurs et des hauteurs
  • 12 oct. 05 –
  • PpP en rajoute !
  • 10 oct. 05 –
  • Paul p. Pluteau ou PpP

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    15 août, 2006
    Bon Fête Évangéline ; Marianne aussi, à posteriori
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    « Il faut avoir beaucoup aimé pour encore trouvé la force de dire merci. » : verset d'Évangéli­ne, hymne non-officiel de l'Acadie comme l'est « Gens du pays » pour le Québec. Nous vou­lons profiter de cette journée de célébrations pour vous adresser nos plus sincères voeux de fraternité. Votre existence si près à nos côtés, de corps et de coeur, votre ténacité à prospérer malgré les tourments, sont des sources d'inspiration et de motivation, rassure notre destinée.

    Et pourtant nous jouissons de tellement d'avantages comparé à vous : la force du nombre, un gouvernement que nous contrôlons, nous nous sommes réappropriés notre coffre à outils économique, protégeons notre langue mais souffrons tout de même d'insécurité en l'avenir. On louvoie sur des voies cahotées, alors que la cohésion de votre société semble vous guider.

    Nous avons souligné notre Fête nationale le 24 juin, les fêtes du Canada et des États-Unis mais vous adresser ces voeux aujourd'hui soulève chez-nous le plus grand enthousiasme. Nous avons des cousins outre-atlantique que nous saluerons aussi par la présente en tant que peuple fondateur pour nous deux mais c'est des frères qui nous avons juste là, voisins.

    ÉvangelineI
    « Évangeline est un célèbre poème épique de Henry Wadsworth Longfellow qui raconte la déportation des Acadiens. Deux amants acadiens, Évangéline et Gabriel, sont forcés de se séparer en raison des événements politiques. Évangéline s'établit à Philadelphie pour travailler avec les pauvres comme infirmière. Elle trouve Gabriel parmi les malades et il meurt dans ses bras.

    « Ce poème a eu un grand effet sur la culture acadienne et cadienne. Il a également été mis en chansons. »

    Nous avons parcouru des chemins communs, se croisant et s'éloignant. Chacun a ses réalis­ations source de fierté, ses victoires sur un lourd passé. Les moments tragiques au cours des siècles ont creusé des racines profondes dans nos contrées, forgé notre appartenance. Nous formons deux nations n'en déplaise à Stephen Harper qu'il concède seulement qu'à vous.

    Nous vivons côte-à-côte mais une majorité de Québécois ont limité leur curiosité sur l'Acadie au grand schisme de la déportation. Des Québécois souverainistes peuvent blâmer vos ré­serves sur leur volonté d'autonomie nationale, re­proches bien ingrats quand on tient compte de votre situation de minorité dans une minorité. Ils mélangent les mécanismes de survie.

    Le partage de la langue française fait que nous échangions sur une base régulière sur tous les plans : artistique, économique, académique, etc. À nous distinguer aussi considérant les nombreux régionalismes et accents locaux. Ils s'expliquent des régions différentes de France d'où proviennent nos populations spécifiques et l'étalement de vos différentes communautés.

    Sur le plan géographique, le sud de la baie de Fundy en Nouvelle-Écosse a été le foyer ori­ginal de l'Acadie et des poches d'Acadiens existent dans toutes les provinces atlanti­ques. Le Nouveau-Brunswick est aujourd'hui votre principal terreau. Vous y formez le tiers de la popu­lation et y détenez un poids démographique avec 80 % de la population dans trois comtés.

    Voisin du Québec : Madawaska au nord-est (Edmonston) ; Gloucester sur le pourtours sud de la Baie des Chaleurs jusqu'à la péninsule acadienne (Paquetville d'Édith Buttler, Cara­quet, Trecadie-Sheila de la Sagouine) ; Kent-Beauséjour sur la côte atlantique plus au sud.

    Les territoires ne sont pas contigus. Des populations acadiennes et anglophones d'origines loyalistes s'entremêlent. La somme des parties acadiennes est plus grande que prises sépa­rément. La solidarité a permis de mener des batailles épiques pour faire diminuer des vieux relents francophobes. L'Université de Moncton rayonne le fait français mais l'ex-maire Jones de la ville était, dans un passé pas si lointain, férocement opposé à l'affichage en français.

    Nos sociétés évoluent en suivant des trajectoires qui se rencontrent et s'éloignent. Le choix de la Fête de l'Assomption le 15 août comme votre Fête nationale a été prise dans une discussion animée entre ce choix ou d'adopter le 24 juin en soutien aux autres Canadiens français. Le choix fait en 1881 voulait renforcer votre identité et l'histoire de vos découvreurs.

    Nous avons plusieurs ancêtres en commun : Samuel de Champlain, Louis Hébert ou Fron­tenac. De son poste de Gouverneur des colonies de Nouvelle-France de Québec, il gérait aussi les destinées de l'Acadie. Les points d'ancrage de nos deux sociétés sont nombreux mais aussi les points de différenciation. D'où venait les « illustres inconnus » de l'Acadie ?II

    « Entre 1632 et 1670, on dénombre 143 navires ayant quitté La Rochelle pour la Nouvelle-France et l’Acadie. Le dépouillement des minutiers Nantais de 1632 à 1732 recense 6 000 engagés ; une faible portion se dirigeait vers la Nouvelle-France, le reste étant pour les Antilles.
    « Ces émigrés étaient catholiques et protestants (7 à 8 %), d'âge moyen de 25 ans.
    « Quelques familles émigrèrent en Nouvelle-France ainsi que des orphelines (les femmes n’étaient pas toutes des Filles du Roy).
    « Au cours des XVIIième et XVIIIième siècles, l’émigration française est estimée à environ 75 000 personnes pour la Nouvelle-France et l’Acadie. La période d’émigration la plus forte se situe entre 1 684 et 1 700, période qui coïncide avec les campagnes de recrutement militaire. Les régions de la Bretagne et du Sud-Ouest, comme celle du Centre-Ouest fourniront également des recrues. Si l’on compare avec la Nouvelle-France, l’Acadie restait toutefois une contrée sous peuplée : en 1710, l’Acadie comptait 1 700 personnes, la Nouvelle-France en dénombrait 16 000. »

    La plus grande proximité aux colonies anglaises a souvent fait de l'Acadie un terrain propice aux échanges guerrières entre les deux puissances au 18ième siècle : les Nouvelle-France et Nouvelle-Angleterre. Déjà en 1713, La France cédait le territoire de la Nouvelle Écosse à l'Angleterre tout en conservant l'île du Cap-Breton et le reste de l'AcadieIII :

    « En plus du potentiel économique que représentait la colonie acadienne, celle-ci s'imposait comme l'avant-poste séparant les deux colonies les plus puissantes de l'époque: la Nouvelle-France au nord et le Massachusetts au sud. Dès qu'un conflit sérieux éclatait, l'Acadie, située en charnière entre les deux ennemis, servait de champ de bataille.

    Table des populations comparées de la Nouvelle-France, l'Acadie et les colonies Américaines
    AnnéeNouvelle-FranceAcadieColonies Américaines
    1 6082810100
    1 64022020028 000
    1 6809 700800155 000
    1 71016 0001 700357 000
    1 75055 00015 0001 200 000
    Ce qui nous amène à la déportation des Acadiens : le grand Dérangement. Dès 1749, à l'éta­blissement d'Halifax, le gouverneur anglais a la volonté expresse, sous les faux prétextes du refus des Acadiens de prêter serment à la Couronne anglaise, de s'approprier leurs terres qui étaient reconnues les plus fertiles de toutes les colonies et les distribuer aux colons anglais.

    En 1755, c'est la solution finale. Les Acadiens sont regroupés, entassés sur des bateaux et déportés vers les colonies anglaises, la France ou l'Angleterre. D'autres réussiront à s'enfuir dans les forêts ou au Québec. On estime qu'entre 7 000 et 8 000 y ont perdu la vie. Le terme génocide ici s'emploie. Le mot déportation, euphémisme bien implanté par le conquérant, est plus répandu même chez les Acadiens comme s'ils avaient bien assimilé sa propagande.

    Le Traité de Versailles en 1763 scelle le sort de la Nouvelle-France, la France la concédant à l'Angleterre, convaincue que les 13 colonies de la Nouvelle-Angleterre lutteront pour leur indépendance bientôt, prémonition que la France aidera à se concrétiser. Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que dès 1764, des petits groupes prennent le chemin du retour et s'établissent au nord du Nouveau-Brunswick, loin de leurs anciennes terres spoliées et loin des Anglais.

    S'ensuivent les batailles pour des causes respectives : les gouvernements responsables par Lafontaine et Papineau au 19ième siècle au Québec ; la lutte pour des écoles confessionnel­les au Nouveau-Brunswick ; la colonisation dans nos arrières-pays disponibles mais aussi de l'émigration massive de l'excédent des campagnes vers les États-Unis ; l'emprise de l'Église sur nos sociétés qui craignait les débordements et la laïcisation des Français dans leurs com­bats vers la Répuplique, le régime anglais nous préservant contre nos pires excès selon elle.

    L'année 1960 marque des changements de cap majeurs par l'élection de Louis J. Robichaud, premier acadien élu premier ministre du Nouveau-Brunswick sous la devise « Chances éga­les pour tous ». Au Québec, c'est l'élection de Jean Lesage avec son « Maîtres chez-nous » et son équipe du tonnerre des Paul Gérin-Lajoie, René Lévesque et autres qui lancent la Révolution tranquille. C'est le réveil des ambitions nationalistes qui durent jusqu'à nos jours.

    Nos deux sociétés possèdent aujourd'hui tous les attributs des sociétés modernes. Si l'expression de plus d'autonomie et de pouvoirs locaux passent par la valorisation des francophones de l'Acadie sans changement au cadre institutionnel actuel, il y a une nette division quant à la forme constitutionnelle que devrait prendre le Québec : rester dans le Ca­nada ou créer un nouveau pays isolant par le fait même les Maritimes du reste du pays.

    Quoiqu'il advienne, et nous maintenons notre appui à la deuxième option dans ces pages, les frontières limitrophes du Québec au Nouveau-Brunswick, principal foyer de l'Acadie, per­mettront de maintenir des liens étroits. Les 250 premières années de votre survivance après le Grand dérangement sont garantes de l'avenir et il n'y a rien à craindre que vous continuiez à célébrer votre fierté et présence, et votre Fête Nationale le 15 août pour les années à venir.

    MarianneIV
    « Sous l'apparence d'une femme coiffée d'un bonnet phrygien, Marianne incarne la République française et représente la permanence des valeurs de la république et des citoyens français : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Marianne est la représentation symbolique de la mère patrie fougueuse, guerrière, pacifique, nourricière et protectrice. »

    Dressons en partant le tableau du cheminement distinct de la France du moment où nos des­tinées se séparent. Il n'y a jamais eu de possibilités pour la France de reprendre ses colonies d'Amérique du Nord malgré les quelques tentatives de Canadiens-Français les y incitantV.

    Durant le règne de Louis XIV (Roi-Soleil , 1643-1715), la France est la puissance politique, économique et culturelle prédominante en Europe et les colonies françaises d'Amérique se développent. Sa prodigalité excessive met toutefois la France en position financière exsan­gue. Louis XV (arrière petit-fils de Louis XIV) signe le Traité de Versailles. Louis XVI, (petit-fils de Louis XV) lui succède en 1774. Tous les deux dirigent un royaume miné par les dettes.

    La France se bat presque cent ans avant de devenir une véritable république. La Révolution française (1789-1799) amorcée par la prise de Bastille le 14 juillet (Fête nationale) met fin au système monarchique en 1792 ; Louis XVI est guillotiné. La France connaît quatre Constitu­tions (1791, 93, 95 et 99) qui mettent en exergue les luttes entre républicains et royalistes. Celle du 1799 établit Le Consulat de Napoléon 1er et il fait adopté deux constitutions : 1802, Consulat à vie ; 1804, Premier Empire. Il est vaincu par les Anglais en 1815 qui l'exilent à vie.

    Les Bourbons remontent sur le trône période que l'on nomme la Restauration ; la royauté est rétablie sous Louis XVIII auquel lui succède Charles X en 1824. In abdique suite à la « révo­lution de Juillet » de 1830. Ces journées révolutionnaires aboutiront à la suppression du droit naturel pour la succession du roi. La branche cadette des Bourbons, celle d'Orléans, accède ainsi au pouvoir. Le règne de Louis-Philippe Ier commence en 1830 et il abdique en 1848.

    Louis-Philippe Bonaparte (cousin de Napoléon Bonaparte), se fait élire le premier président selon le modèle républicain des États-Unis. S'entame la IIième République qui donne suite à l'insur­rection ouvrière de Paris (4 000 morts parmi les insurgés et 1 600 parmi les forces de l'ordre). Le suffrage universel est instauré. Il renverse la république par coup d'état en 1851.

    L.-P. Bonaparte se mue en Napoléon III lors d'un plébiscite en 1851 qui officialise le Second Empire et promulgue une nouvelle constitution en 1852. La France évolue sous son règne jusqu'en 1870. « Exténuée après plus d'un demi-siècle de révolutions et autres restau­rations, la France a besoin d'une période de stabilité politique afin de reprendre son souffle. »

    Napoléon III est défait lors de sa déconfiture dans la guerre franco-allemande, la Garde nationale et les ouvriers de Paris refusent la défaite. Ils organisent une résistance nationale et mettent en place un gouvernement insurrectionnel en 1871 : La Commune de Paris. Elle sera réprimée la même année d'où émerge la IIIième République (1870-1940) qui a le mérite « d'avoir légitimé le régime républicain en le débarrassant de ses excès révolutionnaires. »

    Les Communards ont décrété des mesures conservatrices : « saisie des biens de l'Église, plafonnement du salaire des fonctionnaires et interdiction du cumul des fonctions, interdiction des jeux de hasard et fermeture des bordels, arrestation des ivrognes, étend les prérogatives de la police et de la censure. »VI « Elle cesse au prix de 20 000 morts et 38 000 arrestations dont 10 000 déportés. C'est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution. » sic

    L'attrait persiste pour restaurer la monarchie. Un nouvelle loi constitutionnelle y met fin en 1875. En 1884, les Républicains feront ajouter à la loi 1875 que « La forme républicaine du gouvernement ne peut faire l'objet d'une proposition de révision. ». Cela met fin à cent ans de tâtonnements constitutionnels qui ont amené la Convention, l'Empire, la Restauration, etc.

    L'idéologie républicaine dominante se poursuit jusqu'à nos jours non sans heurts : L'affaire Dreyfus 1894-99 qui permit, néanmoins, de cimenter le fondement de l'identité politique répu­blicaine française soit la place de l'homme face à la puissance de l'État. Les deux grandes Guerres, la décolonisation, les IVième et Vième Répuplique de 1946 et 1958, la révolution des étudiants de mai 68, jusqu'au non catégorique pour la guerre en Irak et à la crise des banlieues de l'automne dernier, sujet que nous avons abordé dans ces pages ( 30 nov. 95).

    Combinée au non français du Traité de Maasstricht pour l'Union européenne, aux contraintes budgétaires sur le modèle français plus égalitaire entre les citoyens que celui anglo-saxon — les déficits des gouvernements sont limités à trois pour-cent du produit national brut — ont plongé la France dans un climat de morosité qualifié de décliniste par Dominique de Villepin.

    Points d'orgue de nos parcours
    L'historique de l'évolution de la France vers une démocratie plus juste en se transformant d'une monarchie vers une république démontre que nous sommes pas seuls à connaître des difficultés de parcours sur les chemins de la raison et de la mutation de nos sociétés. Le politicologue Christian Dufour, évoquait la « société française est « cassante et cassable », c'est-à-dire qui se montre rigide quant à l'application de certaines normes mais qui, en même temps, ne change qu'en « cassant » ».VII Le cheminement ci-avant n'en est-t-il pas la preuve ?

    On saute vite aux clichés. Dufour parlait-il ici d'une propension française largement répandue d'arguer, de stagner dans un immobilisme léthargique, sinon que par les heurts ? Ou doit-on parler d'un refus de tomber dans un manichéisme des solutions tranchées, d'un côté tout bon et d'un autre tout faux comme les sociétés capitalistes anglo-saxonnes adoptent en choeur ?

    La position de la France, située au coeur de l'Europe et de toutes les influences, agit en arbi­tre, débat de toutes les positions, cherche les compromis, expérimente sur des nouvelles voies, ajuste les tirs et peut offrir des nouveaux modèles de vie en société. Ce processus est long et ardu comme le passage vers la république le démontre. Les Anglais qui voulaient plus de démocratie ont dû s'exiler en Amérique pour la créer ; les Français l'ont fait sur leur sol.

    Nous avons aussi parcouru les chemins inconnus de la révolution au Québec à compter des années 1960 ; tranquille certes et largement inspirée du modèle français ; une plus grande justice sociale obligeait des changements vitaux. Qu'il y ait des ajustements à faire, trop de corporatisme, d'interventionnisme, cela fait unanimité pour la grande majorité des exclus par choix ou par fatalisme. Les Français confrontés plus durement tiennent à éviter les modèles ultra-libéralistes ou néo-conservateurs. Ils conduisent au totalitarisme actuel des Étasuniens.

    Tout en étant nord-américain, la francité nous donne une plus grande ouverture sur le mon­de, d'en voir les iniquités, de tenter de les atténuer par des solutions balancées. Loin de s'é­loigner du modèle d'expérimentations de la France, nous devons s'en approcher et l'assister : « lorsque l'Hexagone, des mois durant, a tenu la dragée haute aux voisins américains en refu­sant l'invasion de l'Irak de mars 2003, on a senti au Québec — farouchement pacifiste — le « retour d'une certaine fierté française » » selon le politicologue Marc Chevrier de l'UQAM. sic

    Nous ne sommes plus dans un état dualiste de « mère patrie » et du syndrome « d'enfants abandonnés » face à la France mais bien dans une disposition qui tend vers l'égalité ; les conditions évoluent. Ce n'est plus que les élites qui regardent outre-mer. La culture populaire traverse de plus en plus vite. La consécration s'établit maintenant des deux côtés de l'océan.

    Jean-Jacques Goldman a créé le meilleur album de Céline Dion. Anthony Kavanagh s'établit en France et y retransmet un peu de notre culture. Les Laurent Ruquier, Christophe Alévê­que, etc. nous visitent et nous transmettent la vôtre. Nous nous rejoignons de plus en plus.

    Alévêque présentait son spectacle Debout ! à Montréal cet été sur des thèmes entièrement universels : « il s'en prend à la mollesse ambiante, au mensonge érigé en système, à l'hypo­crisie portée au rang de vertu, à la pandémie de « bien-pensance », à la mièvrerie et à la ré­signation, au couvre-feu moral si sagement respecté. « Nous sommes en train de nous en­dormir. Nous sommes en apathie et en apnée totales. J'essaie de réveiller un peu les gens, d'où le titre du spectacle » », La Presse ; Les raisons de la colère, Sonia Saferti, 8 juil. 2006VIII

    Alévêque ou même Dieudonné, Raymond Devos avant eux ou Yvon Deschamps d'une façon plus locale abordent des thèmes qui ouvrent les esprits et au travers de l'humour, portent à réfléchir sur l'état de notre civilisation de la lorgnette où tout n'est pas prétexte au rire gras. Bien sûr qu'ils tendent à discourir, loin des oneliners. Notre culture ne s'en porte que mieux.

    Le plus grand rapprochement récent a été sans nul doute la participation des Bleus à la finale de la Coupe du monde de soccer. La défaite, in extremis n'a nullement été entaché par le fameux « coup de boule » de Zizédane Zidane. Bien au contraire si on parle des franco­phones d'Amérique bien sûr. En cela, ils rejoignent encore leurs cousins d'outre-Atlantique.

    Zizou a vivement réagi à des insultes du joueur italien Materazzi accusant, selon la rumeur, sa mère et sa soeur de « putes terroristes ». Zidane est de descendance algérienne et est une icône et un modèle d'intégration pour toute la communauté musulmane de France. Les banlieues brandissaient plus de « bleu-blanc-rouge » que les Champs-Élysée le 14 juillet.

    Le coq français s'est levé une autre fois devant l'injustice, une Marianne « fougueuse, guerrière, protectrice » s'est placée en redresseur des torts. Et qu'est-ce que disait un politique italien ?

    « Le vice-président du Sénat italien et dirigeant de la Ligue du Nord, Roberto Calderoli, a salué "une victoire de l'identité italienne, d'une équipe qui a aligné des Lombards, des Napolitains, des Vénitiens et des Calabrais et qui a gagné contre une équipe de France qui a sacrifié sa propre identité en alignant des Noirs, des islamistes et des communistes pour obtenir des résultats".

    « Il a confirmé ses propos mardi : "Quand je dis que l'équipe de France est composée de Noirs, d'islamistes et de communistes, je dis une chose objective et évidente. Qui se scandalise et réclame des excuses ne se sent pas la conscience tranquille." »IX

    La Ligue du Nord est un parti ultra-conservateur dans la mouvance de Silvio Berlusconi. Aussi « Il est clair que Jacques Chirac a gaspillé ses 11 ans en tant que président », a écrit l'hebdomadaire britannique The Economist dans son dernier numéroX. D'affirmations folles, d'une seul voix la France pousse des gros cocoricos, l'Acadie fait des tintamarres tapageurs, le Québec entonne bien fort Tam ti delam par décence et en vertu du rejet de tous les excès.

    Paul p. Pluteau/PpP

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    I
    Évangéline, WIKIPÉDIA, L'encyclopédie Libre
    II
    Blogue de Michèle Champagne, Les Français en Acadie : Aperçu
    III
    L'Acadie au bout des doigts, Daniel Robichaud
    IV
    V
    Le texte prend pour référence les sites suivants : Histoire de France ; Lois constitutionnelles de 1875, WIKIPÉDIA, L'encyclopédie Libre
    VI
    Début de la Commune, 18 mars 1871
    VII
    Amère mère patrie, Le rapport du Québec à la France demeure problématique, Antoine Robitaille, 22 et 23 avril 2006
    VIII
    Christophe Alévêque : les raisons de la colère, La Presse, Sonia Sarfeti, 8 juil. 2006
    IX
    Et puis euh - Le sport est complexe, Le Devoir, Jean Dion, 13 juil. 2006
    X
    Chirac, "l'homme qui mérite un carton rouge", The Economist, 13 juil. 2006

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    10 août, 2006
    Après la Genèse, malheurs et châtiments d'un couple dépareillé.
    ppp@videotron.ca

    FINAL

    Nous en serions, éberlués, à subir une guerre qui défie toutes lois de civilité et déclenchée sous de faux prétextes. Nous avons nommé l'Irak, non excusez, la Palestine et la bande de Gaza, non que disons-nous ? La guerre au Liban, vous vous empressez de corriger. Toutes ces réponses sont bonnes mais il y en a encore une autre beaucoup plus terre à terre : la vile lutte qui se dégrade lorsqu'un couple, une fois l'amour brisé, les illusions qu'un homme ou un femme s'en faisaient laminées par la réalité, en vient d'autant à se quitter qu'à rester uni. Des risques pour les dommages collatéraux sont aussi importants dans n'importe quels des rixes.

    Les bons voeux seuls sont rarement gage de réussite. Dans la vie des peuples tout comme dans celles des couples au quotidien, les opposés s'attirent, aux attitudes très dissemblables, aux intentions conscientes et inconscientes très aléatoires. Cela peut mener à imposer ses quatre volontés et à l'impasse, à se détester au lieu de s'entendre. Comparons, pour mieux sai­sir l'imbriglio du Proche-Orient, le couple A, israélo-arabe à un couple B, québéco-québécois.

    Où commencer nos histoires respectives pour les joindre en une seule ? Par les parents qui ont enfanté les belligérants. Ils sont, et leurs parents avant eux, dans une boucle sans fin, à la source du manque de respect des uns aux autres, de toujours vouloir avoir raison, à se justifier sans rien comprendre de l'autre. Suivez nous bien, nous alternerons d'un couple à l'au­tre et ils chemineront sur des rails parfaitement parallèles, sans jamais se rencontrer, mais au destin concordant. À tout seigneur, tout honneur, débutons par le conflit du Moyen-Orient.

    Point de départ : les géniteurs
    Couple A — L'implantation de l'état juif en Palestine ou de la Judée biblique s'est faite après la deuxième guerre mondiale en dépit des populations arabes qui y habitaient déjà. La décision fut grandement motivée par un sentiment de culpabilité des Européens pour l'holocauste nazi ou la Shoah, qui a anéanti des millions de Juifs. On a voulu reconstituer un État juif, apporter une solution à la situation des Juifs déracinés en ouvrant la porte à tous les Juifs et en introduisant le peuple juif au rang d'égalité dans la famille des nations. Deux comptes-rendus sont ici présentés, l'un émanant de l'ONU, l'autre arabe, les deux diamétralement opposés : (Tous les textes en retrait sont des condensés. Les versions complètes sont en référence.)

    Proclamation de l'État d'Israël ; point de vue juifI
    Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution en faveur de la création d'un État juif indépendant en Palestine et a invité les habitants du pays à prendre toutes mesures nécessaires en vue de rendre cette décision effective.
    La reconnaissance par les Nations Unies du droit du peuple juif à se constituer un État indépendant ne saurait être révoquée. C'est au surplus le droit évident du peuple juif d'être une nation comme toutes les autres dans son propre État souverain.
    En conséquence, nous, membres du Conseil national, représentant le peuple juif de Palestine et le mouvement sioniste mondial, réunis en assemblée solennelle en vertu des droits naturels et historique du peuple juif et de la résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies,

    Proclamons l'établissement de l'État juif de Palestine qui se nommera Israël.

    Déclarons qu'à compter de la fin du mandat, à l'heure de minuit, dans la nuit du 14 au 15 mai 1948, et jusqu'à ce que des organismes constitutionnels régulièrement élus entrent en fonction conformément à une Constitution qui devra être établie par une Assemblée constituante d'ici le 1er octobre 1948, le présent Conseil national agira en tant qu'Assemblée provisoire de l'État d'Israël.
    L'État d'Israël promouvra le développement du pays pour le bénéfice de tous ses habitants ; il sera basé sur les préceptes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes hébreux ; il accorde la pleine et totale égalité sociale et politique à tous ses citoyens sans distinction de race, de croyance et de sexe ; il garantira pleine liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture ; il assurera la sauvegarde et l'inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera les principes de la Charte des Nations Unies

    Dès la création d'Israël en 1948, en non-conformité avec l'article de l'ONU ci-avant, il y eu déclenchement de la guerre sur le champs entre les Juifs et les Arabes. M. Normand Lester du 98,5FmII recevait Fouad Sahyoun, un palestinien qui a fuit Haïfa, lui et sa famille, pour s'établir dans un des camps palestiniens au Liban et venir s'établir au Canada en 1990.

    M. Sahyoun, enfant en 48, a expliqué qu'il y avait eu des bombardements partout et même qu'un cousin de sa mère avait été tué devant leur maison par un franc-tireur. Trois groupes sionistes (Israël aux Juifs), usaient d'actes de guérilla (terroristes) : le Haganah, l'Irgoun dirigé pas Menahem Begin, (voir commentaire 1) futur premier ministre et le Stern. Des juifs venus d'Europe provoquaient l'épuration au moyen d'affronts. C'était un peu le Hezbollah du temps.

    La Palestine comptaient moins de 9 % de Juifs avant la deuxième guerre mondiale dont 20 % à Haïfa . Les pogroms en Europe ont forcé leur évasion de Pologne, d'Allemagne, de Hon­grie, etc. et aujourd'hui, à Haïfa c'est l'opposé, la ville compte 80 % de Juifs. Les Sahyoun ont quitté pour des vacances de deux mois pour ne plus jamais pourvoir rentrer en Israël.

    Le drame palestinien : il y avait 800 000 Palestiniens en 48 et on en compte 6 millions et demi dans la diaspora aujourd'hui (500 000 au Liban toujours dans des camps, 100 000 en Syrie, 300 000 en Jordanie, des 1 million de Palestiniens de Gaza, les trois quart seraient réfugiés, un des plus grands camps de réfugiés est à Bethléem en Cisjordanie) ; 20 à 25 % des Palestiniens sont chrétiens et ils ont dû fuir comme tous les autres Palestiniens.

    « Pour habiter en Israël, il fallait être juif, c'est là où il y a le côté purement ethnico-raciste. » Une fois devenu citoyen canadien, il a pu retourner en Israël. Leur maison familiale, les terrains et autres immeubles leur appartenant sont toujours existants. 85 % des terres et des maisons d'Israël d'aujourd'hui ont été saisies sans compensation.

    Muni de son passeport canadien, M. Sahyoun pourrait s'établir en Israël mais il n'aurait pas le droit de reprendre les propriétés familiales. Elles ont été passées en 1956 par ce qui est appelé le département des absents et enregistrées au ministère de l'Intérieur israélien qui en sont techniquement les propriétaires. « Ils ont le droit de vendre, de louer et de récupérer les revenus pour eux-mêmes. » C'est l'état israélien qui gère les propriétés aujourd'hui.

    M. Sahyoun a l'espoir à 100 % de pouvoir récupérer ses propriétés un jour : « Il est inconcevable qu'au 21ième siècle qu'un état soit basé sur une religion, une couleur, une race ou un sexe. Il est inconcevable et c'est un droit inaliénable, le droit à la propriété est un droit inaliénable. [...] Nous on était des habitants de la Palestine depuis des générations et des générations, depuis le temps du Christ. » Les Palestiniens étaient les Philistins de l'Ancien et du Nouveau Testament. « Je suis athée présentement mais de tradition chrétienne. »

    Naissance d’Israël ; point de vue arabeIII
    L’état d’Israël est né de deux folies. Celle des états présents à l’ONU qui crurent pouvoir se jouer de l’Histoire en créant artificiellement un état sur un territoire occupé par un autre peuple, et celle des nazis qui, voulant éradiquer les Juifs des pays où ils vivaient depuis des générations, leur ont fourni pour longtemps l’argument selon lequel ils seraient toujours menacés où qu’ils se trouvent et se voyaient donc dans l’obligation d’avoir un pays à eux à n’importe quel prix, même au prix de l’expulsion et du meurtre des habitants qui s’y trouveraient déjà. Que le judéocide soit postérieur de plus de cinquante ans au sionisme ne change rien au fait que c’est lui qui a "créé" Israël. Si en effet le terrible traumatisme de la "solution finale" n’avait pas eu lieu, on peut se demander si l’ONU aurait obtenu la majorité des 2/3 pour créer l’état juif de Palestine. On ne refait pas l’histoire, mais on peut supposer que non. Les voix des Arabes et des autres adversaires du projet, auraient été entendues et nous ne vivrions pas aujourd’hui terrorisés par l’étrange syllogisme dont la première partie affirme : les Juifs sont haïs partout, or les Juifs sont l’essence de l’Homme, donc la haine du Juif est une haine de l’Homme, tandis que la deuxième, s’adressant à la personne qui aurait l’outrecuidance de ne pas s’aimer suffisamment elle-même et/ou de dénigrer ses congénères, énonce : tout Juif qui critique les Juifs se hait lui-même. Aimer les Juifs, et que les Juifs s’aiment eux-mêmes comme Juifs, est ainsi devenu une obligation pour les Juifs et les non Juifs. La troisième enfin conclue en prétendant qu’Israël est un état pas comme les autres -or lagoyim, lumière des nations-, où l’Homme juif, membre du Peuple élu, se réconciliera d’avec lui-même et engendrera un "Juif-homme-Nouveau". S’il serait inexact de dire que les Juifs n’ont pas été haïs ou méprisés dans la plupart des pays où ils ont vécus au cours de l’histoire, il est temps cependant de crier bien fort que cette fameuse haine de soi, origine quasi géologique de l’antisémitisme, est une ânerie qui doit sa fortune à une indigence de la pensée. Il est temps aussi de dire que "la création" d’Israël fut plus un calcul politique mâtiné de culpabilité occidentale que la réalisation d’une prophétie. Quant à l’Homme nouveau mieux vaut, dans l’intérêt même d’Israël, ne pas trop insister sur la question. L’histoire se répétant à une autre échelle, les quelques justes qui vivent dans ce pays auront du mal à sauver la masse des injustes qui y abondent. Avoir fait du foyer national juif un État, a exprimé en fait le désir inconscient des gouvernements européens chrétiens qui se sentaient co-responsables de la barbarie nazie, de se racheter. Ce rachat s’effectuant —dans le bon vieux sens capitaliste et colonial du terme- sur le dos des autres. La haine de soi n’est pas la tasse de thé des capitalistes, qu’ils soient juifs ou non. Lorsque la haine n’est pas indispensable ils se contentent de mépriser. Le peuple Palestinien est l’objet de ce mépris depuis un siècle.

    Cet historique retraçait les visions antagonistes des belligérants : celle des Juifs devenus Israéliens et celle des Palestiniens, et par biais interposé toute la population arabe en Orient. Israël est occupé sur deux fronts. Nous nous concentrerons sur le front de la Palestine, préci­sément de la bande de Gaza. Deux mises en situation sont présentées dans ce qui suit :

    LA PALESTINEIV
    Géographie
    Les Territoires palestiniens occupés par Israël, se composent de deux zones séparées géographiquement :
    > la Cisjordanie, dont les 5 800 Km2 sont enfermés entre Israël et la Jordanie et qui comprend Jérusalem est - 72 Km2.
    > la bande de Gaza, 370 Km2, qui fait frontière avec l'Egypte et s'étire sur quelque 55 km le long de la mer Méditerranée, séparée de la Cisjordanie par plus de 50 km.
    En Cisjordanie, les villes où l'Autorité palestinienne est responsable des affaires civiles et de la sécurité sont : Jénine, Tulkarem, Qalqiliya, Naplouse, Bethléem, Jéricho, Ramallah, Hébron.
    Relief
    La Cisjordanie, se situe à l'ouest du Jourdain.
    Les plateaux palestiniens de Cisjordanie prolongent le massif du mont Liban. Ce sont des collines d 'altitude moyenne, d'environ 1 000 mètres, souvent dénudées et séparées par d'étroites vallées.
    Le territoire de la bande de Gaza est plat et descend sur une côte basse et rectiligne.
    Climat
    Le climat est méditerranéen, agréable. L'été est sec, l'hiver parfois rigoureux, avec de la neige.
    Les pluies peuvent être violentes -614 mm en moyenne à Jérusalem - et l'humidité apportée par les vents d'ouest favorise les versants orientés dans cette direction.
    Le sol est fertile dans les vallées et contribue au développement d'une agriculture : jardins, oliviers.

    Le conte à dormir debout des sionistes n’est pas son fait. GrégoireV ne dépeint pas le colonialisme israélien comme la réparation d’une injustice millénaire, ni la résistance palestinienne comme une expression d’antisémitisme. Il ne confond pas le bourreau avec la victime. Grégoire sait que le Proche-Orient n’est pas en train d’écrire une page de l’histoire biblique et que le conflit israélo-palestinien n’oppose pas des Arabes judéophobes par nature à des Juifs opprimés de tout temps. Ce conflit oppose bien plutôt le peuple palestinien moderne au nationalisme agressif d’Israël qui l’a expulsé de ses terres au siècle dernier avec la complicité des puissances occidentales, Grande-Bretagne puis États-Unis en tête. Aussi est-ce en restant moderne et laïc que Grégoire apprécie la situation actuelle. Loin des obscénités d’une certaine propagande pour qui la civilisation judéo-chrétienne affronte là-bas la barbarie islamique. Loin aussi des contorsions théologico-historico-politiques d’une prétendue « nouvelle question juive » (à la Shmuel Trigano, par exemple). Grégoire ne s’aligne pas non plus sur les incurables culpabilisés de la Shoah prêts à tout pardonner à Israël, au diable le martyre palestinien.
    L’auteur pose en termes clairs que la solution du conflit proche-oriental passe nécessairement par la création d’un État palestinien, condition sine qua non d’une paix durable et juste. Qu’Israël focalise toute l’attention sur le terrorisme lui permet de plaider la légitime défense aux yeux du monde et de faire passer ses annexions pour des mesures d’autoprotection. Et c’est surtout une façon d’empêcher à jamais la création d’un État palestinien.
    « La feuille de route pose le problème à l’envers : elle rend la création d’un État palestinien tributaire de la paix entre Palestiniens et Israéliens. Contrairement à l’affirmation du président [George W.] Bush, ce n’est pas le terrorisme qui empêche la création d’un État palestinien. C’est plutôt le refus de créer un État palestinien qui favorise le développement du terrorisme. Les attaques contre Israël sont principalement le résultat de l’occupation et de la colonisation israéliennes de territoires qui appartiennent aux Palestiniens ainsi que de la répression des Palestiniens par l’armée d’occupation israélienne » La clef du problème est donc là : création d’un État palestinien, reconnu officiellement par la communauté internationale, à côté d’un État hébreu (ramené aux proportions d’avant 1967, c’est-à-dire délesté des « territoires occupés »).
    Pourtant, la création d’un État palestinien priverait de leur justification principale les partisans de l’action terroriste, isolerait les éléments les plus extrémistes du Hamas ou du Djihad islamique et réduirait la menace qu’ils représentent. La clef du problème est donc là : création d’un État palestinien, reconnu officiellement par la communauté internationale, à côté d’un État hébreu (ramené aux proportions d’avant 1967, c’est-à-dire délesté des « territoires occupés »). Mais voilà. L’apparition de ce nouvel État supposerait qu’Israël cesse de prendre la terre des autres pour la Terre promise, Jérusalem pour sa « patrie éternelle » ; il faudrait en somme qu’il renonce au délire sioniste et se retire des territoires palestiniens occupés.

    Couple B — Les parents de notre couple fictif se sont rencontrés dans la même période, au tournant des années 50 et leurs progénitures, dont est issu notre couple, sont nées dans les glorieuses années de l'après-guerre, dans la tranche de fin des années du baby-boom (1955 - 64). Les parents sont de parfaits représentants de leur époque ; malgré la forte ferveur religieuse de l'époque, ils ne sont pas des catholiques qui s'astreignaient à une discipline stricte et profitaient largement de la fameuse « Joie de vivre » de « La belle province ».

    Les parents sont de l'ère de Maurice Le Noblet DuplessisVI, probablement le plus controversé de tous les chefs du Québec . Il fut Premier ministre de 1936 à 1939 et de 1944 jusqu'à sa mort en 1959. De son vivant, l'un des politiciens les plus populaires de l'histoire de la province, il fut largement dénoncé après sa mort par toute une génération d'intellectuels et d'historiens comme étant un véritable dictateur. Il a remporté toutes ses élections sauf celle de 1939, en utilisant des moyens parfois peu orthodoxes, il faut bien le dire.

    Des historiens plus jeunes (et nous en sommes) qui n'ont pas vécu ces périodes troubles préfèrent nuancer les jugements sévères de leurs prédécesseurs. Pour eux, Maurice Duplessis est l'instigateur de la modernisation du Québec. À son crédit, on remarque que le gouvernement arriva à parfaitement balancer son budget pendant 15 ans tout en lançant de grands travaux publics tels que la construction d'autoroutes et de routes, d'écoles et d'hôpitaux. Le nombre de lits d'hôpitaux tripla alors que le nombre de routes et d'écoles doubla, mettant un terme à l'isolation des régions éloignées. Sous Duplessis, le Québec connut une grande prospérité économique.

    Ces parents ont de quatre à cinq enfants, l'Église favorisant toujours la famille. Ils sont de la première ou deuxième génération de citadins, les grands ou arrières-grands parents étaient d'origine agraire. Les parents profitent largement de la bulle économique des années 50-60.

    Les femmes sont mères au foyer dans la bonne tradition canadienne-française de l'époque : elles sont les premières à jouir d'une instruction publique qui se termine pour une large part à une douzième année, leurs maisons sont propres, les enfants bien habillés, blanchis, nourris. L'éducation, associée à la politesse, est jugée prioritaire mais réduite à un art de vivre limité.

    Les hommes sont des bons travailleurs, des vaillants comme on disait et dit toujours des Qué­bécois. Ils n'ont pas le niveau d'instruction des femmes, misant sur les habilités manuelles qui fourniront des emplois stables, rémunérateurs. Ils sont de bons pères pourvoyeurs et sont fins adeptes des grosses cylindrés du temps. (Pontiac, Chrysler, Chevrolet). Ah oui, ils ne dé­testent pas la bouteille tels la bière ou le gros Gin de l'époque mais aucune boisson colorée.

    Les femmes cherchent la sécurité alors que se sont surtout les pulsions libidinales qui mènent les hommes. Rien d'étonnant que la phase de courtisanerie soit courte, tous les atouts sont mis à contribution ; la raison, ou ce qui en tient lieux, avantageant la femme québécoise qui peut exercer son influence disproportionnée dans les rapports du couple, idéalement égalitaires.

    D'aucuns sont très critiques des Québécois de cette époque où les parents ont entre 70 et 80 ans aujourd'hui. À titre d'exemple, Normand Lester déclarait sur les ondes du 98,5Fm à son émission du midi le quatre août : « La plupart des gens qui ont plus de 70 ans sont des ignorants. On est une société d'ignorants. C'est ce qui explique notre pauvreté, parce qu'on se complaît dans la pauvreté, une mentalité de perdants, de losers, legs du catholicisme. »

    Lorsque relancé le sept sur la question par un [auditeur] qui se disait ne plus accepter des propos à l'effet que « les Québécois sont une gang de lâches » en onde il ajoute : « Vous savez la lâcheté, he.., malheureusement, ça nous caractérise assez parce qu'on a accepté beaucoup de choses dans notre histoire que beaucoup d'autres peuples n'auraient pas toléré. [Le passé n'est pas toujours garant de l'avenir. Je ne peux plus entendre qu'on est des enculés, des enfoirés, des endormis, tous les qualificatifs qu'on entend-là. M. Proulx est très adepte de tout ça-là, puis, puis..] Malheureusement c'est vrai. Le jour où on prouvera, où on fera quelque chose, hein, qu'on fera quelque chose au niveau politique.. [...] ».

    La conversation s'est poursuivie sur une question par l'auditeur : [« Comment on peut avancer en se diminuant ? Moi je ne comprends pas ça !] C'est en sortant, c'est en se rendant compte-là de ce qu'on est ! C'est en se rendant compte ! Je vous dit, j'ai vécu dans plusieurs pays du monde le long de ma carrière, puis il n'y a personne autant qu'ici : on a une mentalité misérabiliste, on se complaît là-dedans. »

    Jugement partagé par une tranche importante de la population québécoise et non dénué de tout sens. Cela renvoie à une autre idiosyncrasie que Gilles Duceppe lançait aujourd'hui le 10 sur les ondes de CJMS740 à l'animateur Maximalien Bradette qui lui rappelait le recul de BQ à l'élection de janvier : « Arrêtons de rapporter ces ragots. [...] Ça c'est ce vieux complexe des Québécois ! He... On gagne mais Bon Dieu on a pas gagné assez fort puis il faudrait se culpabiliser puis à chercher toutes les bibittes. » Les Québécois seraient des chialeurs innés.

    Nos parents type collent d'assez près à l'exposé qu'en faisait Lester. C'est sûrement vrai pour le manque d'instruction et l'ignorance dont il parlait : « Malheureusement, regardez le taux d'éducation, et c'est vrai vous savez [...]. La majorité de ces gens-là, et c'est pas leur faute à eux, c'est la faute de notre société qui pensait que l'éducation, ce n'était pas important.

    « Ce qui était important, c'était d'aller au ciel. [C'est là où vous vous écartez légèrement M. Lester avec tout le respect. On ne peut pas généraliser comme ça.] J'ai dit simplement qu'une grande partie de ces gens-là avait une éducation de moins de sept ans. Et ça là, allez voir les documents. C'est vrai. [Distinction faite entre instruction et éducation par l'auditeur]. C'est gens-là étaient probablement polis, on a toujours été un des peuples les plus polis du mon­de. La caractéristique des gens qui sont polis, c'est justement d'être faibles habituellement. »

    D'un language limité, les Québécois utilisaient tous les mots de l'Église (Christ, « Tabarnak », etc. qu'on pouvait accoler du préfixe maudit) pour s'exprimer dans presque chaque phrase. Est-ce que c'est toujours le cas aujourd'hui avec les enfants ? C'est ce que nous verrons.

    Cogitations jusqu'au 25 juin 2006
    Couple A : Nous passons ici en revue la chronologie des événements de la création d'Israël décrite plus avant à la période du retrait de la bande de Gaza l'automne dernier mais qui a continué à dégénérer jusqu'à la mort de deux soldats israéliens et du rapt du caporal Shalit le 25 juin. Les sursauts et soubresauts sont tellement nombreux que les descriptions seront gardées le plus succinctes possible. Aux lecteurs avides de plus de détails, les deux sites de références sont donnés à savoir une rétrospective des 50 ans d'Israël par Radio-Canada (RC)VII et d'un site pour la défense de la paix Palestine-SolidaritéVIII :


    La proclamation de l'État d'Israël
    > 1948 ; A la date du 14 mai, le mandat britannique expire. David Ben Gourion proclame la création de l’État d'Israël, reconnu par Moscou et Washington. L'ancien État d'Israël avait disparu en 70 après Jésus Christ, lorsque Jérusalem avait été détruite par les Romains.
    L’annonce provoque l’entrée en guerre immédiate des États arabes. Les armées d'Égypte, de Jordanie, de Syrie, du Liban et d'Irak envahissent le pays. C'est la première guerre israélo-arabe. Après quelques revers, l’armée israélienne, mieux équipée et mieux organisée, reprend le dessus de la bataille. Les combats s’accompagnent de l’exode de 800 000 réfugiés palestiniens, fuyant les actes d’intimidation ou d’expulsion, craignant des actes atroces amplifiés par la propagande.
    > 1949 ; La première guerre israélo-arabe se conclut par une victoire d’Israël. Israël repousse ses frontières dessinées par l’ONU et occupe désormais la partie ouest de Jérusalem, devenue capitale. La Cisjordanie est rattachée à la Jordanie et la bande de Gaza revient à l'Égypte.
    Les 800 000 réfugiés arabes palestiniens se retrouvent dans des camps de réfugiés situés en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, au Liban, en Jordanie et en Syrie. L'ONU vote la résolution 194 proclamant le "droit au retour" ou le droit à une indemnisation des réfugiés palestiniens.
    > 1950 ; La Knesset, le parlement israélien, vote la "loi sur le retour" qui accorde la citoyenneté israélienne à tout juif qui la demande. De nombreux réfugiés juifs reviennent alors des pays arabes où ils étaient menacés. La population juive s’accroît considérablement.
    Israël devient membre des Nations Unies. Les États arabes ne reconnaissent pas son existence. A Jérusalem-Est, les lieus saints sont interdits aux Israéliens.
    > 1956 ; Désireux de renforcer l’union entre les pays arabes, l’Égyptien Gamal Abdel Nasser nationalise le Canal de Suez. Israël, la Grande-Bretagne et la France s’y opposent et mènent conjointement la campagne du Sinaï. Mais une pression simultanée des États-Unis et de l’URSS les contraint au repli. Cet échec marque la chute de l’influence des anciennes puissances coloniales dans la région.
    > 1959 ; Au Koweït, Yasser Arafat fonde le Fatah. Cette organisation, mouvement de libération de la Palestine, prône la lutte armée et défend l’action du peuple palestinien.
    > 1964 ; Du 13 au 17 janvier, se tient au Caire le premier sommet des chefs d’États arabes, marquant ainsi l’espoir d’une unité arabe et posant les bases d’une entité palestinienne. Le 29 juin, à Jérusalem, s’ouvre le premier Congrès national palestinien. Il vote la création de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et nomme son dirigeant : Ahmed Choukeiry.
    > 1967 ; Les tensions frontalières entre Israël et la Syrie augmentent. La propagande soviétique proclame alors qu'Israël est en train de préparer une guerre totale contre Damas. Ces déclarations forcent l'Égypte, en vertu du traité d'assistance mutuelle signé par les deux pays, à apporter son soutien à la Syrie. Dès le 14 mai, les forces égyptiennes pénètrent dans le Sinaï. Trois jours plus tard, l'Égypte demande l'évacuation des forces de l'ONU et ferme le détroit de Tiran aux bateaux israéliens, un acte présenté par Israël comme "casus belli".
    Du 5 au 11 juin, c’est la guerre des Six Jours. Elle se conclut sur une victoire militaire d'Israël qui a conquis le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, et le plateau du Golan. Ainsi, les Israéliens peuvent à nouveau accéder à la vielle ville de Jérusalem et prier au Mur des lamentations.
    Du 29 août au 3 septembre, les États arabes, réunis en sommet au Soudan, proclament les trois "non" de Khartoum : non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d'Israël, non à toute négociation avec Israël. Le sommet de Khartoum consacre l'émergence de l'OLP et fixe les sommes que doivent lui verser annuellement les pays pétroliers.
    Le 22 novembre, l'ONU adopte la résolution 242 qui demande l'instauration d'une paix juste et durable au Proche-Orient, le droit pour les États de la région de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, et le retrait des territoires occupés à l'issue du conflit.
    > 1968 ; Du 1er au 4 février se tient le 5e Conseil national palestinien, au cours duquel Yasser Arafat est désigné Président de l'OLP.
    > 1970 ; Le roi Hussein, qui voit son pouvoir menacé par l'OLP, chasse les militaires palestiniens de Jordanie par une répression sanglante de son armée jusque dans les camps de réfugiés. De cet événement, émerge Septembre Noir, un nom de couverture pour des opérations sanglantes de l’OLP et du Fatah.
    > 1972 ; Le groupe terroriste palestinien Septembre Noir devient tristement célèbre lors des Jeux Olympiques de Munich en assassinant, le 5 septembre, onze sportifs de la délégation israélienne.
    > 1973 ; Le jour de Yom Kippour, le plus sacré du calendrier juif, les armées syriennes et égyptiennes attaquent simultanément Israël. Leur objectif :reconquérir les territoires occupés. La guerre du Kippour, aussi appelée guerre d'Octobre ou guerre du Ramadan, est déclarée. Totalement prises au dépourvu, les forces israéliennes sont d'abord submergées, mais parviennent finalement à reprendre le contrôle de la situation. Elles remportent la victoire.
    > 1974 ; L'OLP obtient le statut d'observateur à l'ONU.
    > 1977 ; Le 20 novembre, le président égyptien Anouar el Sadate, en visite à Jérusalem, prononce un discours devant la Knesset. Il exhorte le parlement israélien à échanger les territoires contre la paix. Cette avancée historique préfigure les accords de Camp David.
    De Camp David à Camp David, le temps des accords de paix
    > 1978 ; Les accords de Camp David sont signés le 17 septembre entre l'Égypte, Israël et les États-Unis. D’une part, ils autorisent la récupération par l’Égypte du Sinaï, l’établissement de relations diplomatiques entre Israël et l’Égypte et la reconnaissance d’un droit légitime des Palestiniens. D’autre part, les accords de Camp David prévoient un régime d’autonomie substantielle en Cisjordanie et à Gaza. Cette dernière disposition n’a jamais été appliquée.
    > 1979 ; L'Égypte et Israël signent un traité de paix. Le Sinaï est restitué à l'Égypte, qui alors reconnaît Israël. Le Premier ministre Menahem Begin et le Président Sadate reçoivent tous deux le prix Nobel de la paix. Le président égyptien sera assassiné en 1981 par un islamiste.
    > 1980 ; La Knesset adopte la "loi de Jérusalem" : la ville est alors déclarée capitale éternelle du peuple juif.
    > 1982 ; Le 6 juin, Israël déclenche l’opération « Paix en Galilée » et envahit le Liban. L’objectif : mettre fin aux attaques palestiniennes depuis le Sud-Liban. L’armée assiège Beyrouth, obligeant l’OLP à se réfugier à Tunis en août. Nouvellement élu à la tête du Liban, le président Béchir Gemayel est très vite assassiné. En guise de représailles, les milices libanaises chrétiennes investissent les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila et massacrent un millier de civils.
    L’armée israélienne ne réagit pas. Les accords de paix entre le Liban, en guerre civile et Israël seront signés le 17 mai 1983.
    > 1985 ; L’armée israélienne se retire du Liban, à l’exception de la « zone de sécurité » du sud. En effet, les groupes armés présents au Liban sud, le Hezbollah notamment, attaquent régulièrement le nord d’Israël.
    > 1987 ; En décembre débute l’Intifada ou "guerre des pierres", une résistance populaire conduite par les Palestiniens de l’intérieur. Elle naît d’abord à Gaza puis s’étend à toute la Cisjordanie.
    > 1988 ; Lors du 19ème Conseil National Palestinien, l'OLP se déclare prête à instaurer "une autorité nationale indépendante" en bon voisinage avec Israël. Il s'agit d'une reconnaissance implicite d'Israël.
    Yasser Arafat, lors d’un discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies, reprend les déclarations du CNP et réaffirme sa condamnation du terrorisme sous toutes ses formes. Cette position de conciliation pousse Washington à accepter l’ouverture d’un "dialogue substantiel" avec l’organisation palestinienne.
    Par ailleurs, la Jordanie renonce officiellement à sa souveraineté sur la Cisjordanie au profit de l'OLP.
    > 1990 ; La Guerre du Golfe éclate dès le 2 août, suite à l'invasion du Koweït par l'armée irakienne. L'OLP soutient l'Irak qui multiplie les bombardements sur Israël. Mais Israël a choisi de ne pas riposter afin d’éviter l'embrasement du Proche-Orient De leur côté, les États-Unis engagent de grandes manœuvres pour parvenir à une paix globale dans cette région.
    > 1991 ; Lors de la Conférence de Madrid, les États-Unis et l’URSS réussissent l’exploit de réunir autour d’une même table la plupart des pays arabes, Israël et des représentants palestiniens.
    Deux forums séparés sont organisés : ils mobilisent Israël et des représentants palestiniens d’un côté et Israël et ses voisins arabes de l’autre. C’est la naissance d’un long processus de négociation.
    > 1992 ; Élections législatives en Israël : les travaillistes remportent la majorité des suffrages. Itzhak Rabin est alors nommé Premier ministre, Shimon Peres ministre des Affaires Étrangères.
    > 1993 ; Dès janvier, Israël et l'OLP entament des négociations secrètes à Oslo. Une "Déclaration de principe sur les arrangements intérimaires d’autonomie " est adoptée. Elle conduit en septembre à la reconnaissance mutuelle d’Israël et de l’OLP. Le 13 septembre, les accords d'Oslo sont signés à Washington. Ils prévoient une autonomie palestinienne progressive sur les territoires de Cisjordanie et Gaza et un règlement définitif du conflit, à l'issue d'une période de cinq ans. C’est alors l’historique poignée de main Rabin-Arafat.
    > 1994 ; Malgré quelques incidents, le processus de paix avance : Arafat et Rabin signent l’Accord de Paris sur les questions économiques puis en mai l’accord d’autonomie Gaza-Jéricho du Caire. C’est cet année que Yasser Arafat, Itzhak Rabin et Shimon Peres recevront le prix Nobel de la Paix.
    Le processus de réconciliation s’étend aux pays arabes et le 26 octobre, la Jordanie et Israël signent un traité de paix.
    > 1995 ; Le 28 septembre sont signés à Washington des accords sur l'extension de l'autonomie de la Palestine : il s’agit des accords d’Oslo II.
    Le Premier ministre Itzhak Rabin est assassiné le 4 novembre par un étudiant israélien d’extrême droite. Il est remplacé par Shimon Peres.
    > 1996 ; Le 20 janvier se tiennent les élections palestiniennes : Yasser Arafat est élu Président de l'Autorité Palestinienne.
    Le Conseil National Palestinien élimine alors de sa charte tous les articles niant le droit à l'existence d'Israël. Mais cela n’empêche pas une recrudescence des affrontements : les attentats du Hamas font de nombreux morts alors que Shimon Peres déclenche l’opération "Raisins de la colère", autorisant une intervention militaire contre le Hezbollah au sud du Liban. Cette offensive provoque la mort d’une centaine de civils.
    Israël organise des élections législatives : la droite remporte la victoire, Netanyahou est alors nommé Premier ministre. Le gouvernement Netanyahou accélère la création ou l'extension d’implantations juives.
    > 1998 ; Signature le 23 octobre des accords de Wye River : ils prévoient une autonomie palestinienne supplémentaire de 13% du territoire de Cisjordanie.
    > 1999 ; Israël prépare de nouvelles élections qui se concluent par une victoire des travaillistes. Ehoud Barak devient Premier ministre.
    Le recul des illusions
    > 2000 ; Le sommet de Camp David est destiné à aboutir à un accord de paix définitif, en abordant toutes les questions laissées en suspens par les accords d'Oslo (délimitation des territoires, partage de Jérusalem, sort des réfugiés palestiniens). Ce sommet est un échec total, aucun accord n’ayant été trouvé sur aucun des thèmes abordés. Mais c'est la première fois que ces thèmes sont officiellement débattus par des représentants des deux peuples.
    Le 28 septembre, le chef du Likoud, Ariel Sharon, se rend sur l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem. Cette provocation permet notamment à l'Autorité Palestinienne de déclencher l'Intifada "Al-Aqsa", la 2e Intifada.
    Ehoud Barak, discrédité par l'échec du sommet de Camp David et par le regain de la violence palestinienne, démissionne et annonce la tenue d'élections anticipées.
    > 2001 ; Le 6 février, porté par le désarroi du peuple israélien, Ariel Sharon remporte les élections.
    > 2002 ; En juin, le gouvernement d’Ariel Sharon lance la construction d’une « barrière de séparation » qui suit plus ou moins la Ligne verte, une limite entre la Cisjordanie et les territoires israéliens.
    Le but est d’empêcher l’entrée de terroristes en Israël. Six des sept villes autonomes de Cisjordanie sont réoccupées par Israël. Yasser Arafat est encerclé par l’armée israélienne et assigné à résidence dans son QG à Ramallah.
    En décembre, les États-Unis, la Russie, l’Union Européenne et les Nations Unies établissent une « Feuille de route ». Il s’agit d’une nouvelle initiative diplomatique pour calmer les tensions en Proche-Orient.
    > 2003 ; Le numéro 2 de l’OLP, Mahmoud Abbas est investi Premier ministre de l’Autorité palestinienne, jusqu’en septembre où il sera remplacé par Ahmed Qorei.
    Israël et l’OLP accepte chacune la « Feuille de route ».
    > 2004 ; Plan d’Ariel Sharon de désengagement de la bande de Gaza : plus de 17 colonies israéliennes seront évacuées.
    Yasser Arafat meurt le 11 novembre.
    > 2005 ; - Le 9 janvier 2005, Mahmud Abbas a été élu Président de l'Autorité palestinienne avec 61% des voix. Mustapha Barghouthi, son rival le plus proche, n'a fait que 20%. Plus de 60% des électeurs ont participé au scrutin malgré les difficultés inhérentes à l'occupation israélienne et le boycott des groupes islamistes.
    — La Conférence de Charm el-Cheikh - Après son élection, le Président palestinien Mahmoud Abbas a appelé les groupes palestiniens à arrêter la violence et a négocié un accord de trêve. La police palestinienne a été déployée à travers Gaza avec l'ordre explicite d'empêcher les attaques terroristes. Israël relâchera plus de 900 prisonniers palestiniens et se retirera graduellement de villes palestiniennes selon les journaux. L'Intifada est considérée terminée. Cependant, comme pour les autres conférences de ce type, la paix a très vite été brisée par un attentat suicide à Tel Aviv, le 25 février, sans doute perpétré par une cellule du Jihad islamique, dirigée depuis Damas. Israël a annoncé qu'il gelait la transmission prévue de villes de Palestine à la sécurité palestinienne.
    — La Conférence de Londres du 1er mars 2005 - Organisée par le Royaume Uni, elle a eu lieu à Londres. Son but était d'organiser l'aide financière au gouvernement palestinien et d'aider à l'organisation des forces de sécurité palestinienne. Israël n'a pas assisté à la conférence et elle ne devait pas traiter directement des questions bilatérales. Cependant, le Président Abbas a déclaré que terminer l'occupation et arriver à un accord de paix était le but prioritaire des Palestiniens.
    — Avants-postes illégaux - en mars 2005, le gouvernement israélien a accepté un rapport sur les avants-postes illégaux qu'il avait fait préparer par Talia Sasson. Le rapport analyse le statut d'un grand nombre d'avants postes illégaux, construits en Cisjordanie depuis mars 2001, sans permis ni autorisation de l'État.
    — Le 21 juin 2005, Sharon et Abbas se sont enfin rencontrés. Le seul résultat a été l'annonce par Sharon que l'Autorité palestinienne acceptait une coordination pour le désengagement de Gaza.
    — Le 12 septembre. Fin du retrait Israélien de la bande de Gaza. Moins d’un mois après l’évacuation des derniers colons et après trente-huit ans de présence, l’armée israélienne quitte la Bande de Gaza.

    Couple B : Le saut ce fait ici au tournant des années 1960 soit à la naissance des enfants. Les parents, comme déjà décrits, sont assez semblables comme pour la grande majorité des Québécois. N'empêche que des distinctions existent. Elles émanent de l'influence des mères dans les foyers. Le niveau d'instruction, d'éducation et la sensibilité à reconnaître les besoins de leur famille sont critiques. Il ne s'agit pas ici de la simple capacité d'entretenir une maison.

    Mais trop d'enfants grandissent dans ces milieux plus ou moins stimulants sur les plans intellectuel et émotif. Les besoins de base sont toujours bien pourvus mais les besoins d'es­time de soi et de reconnaissance par les parents peuvent être peu présents voire absents. La mère dirige la maison. Elle persiste à pousser les garçons à « faire des études » ; les filles elles sont stimulées vers un rôle traditionnel de future mère dévouée aux tâches ménagères.

    Les garçons, s'ils ne poursuivent pas dans les traces de leur père à l'usine ou dans le même métier, font des études supérieures. C'est dans ce contexte que notre couple type se rencontre dans les années 80, lui achevant ses études (universitaires ou techniques collégiales) ne s'étant pas privé d'expériences de jeunesse et/ou de voyages à l'étranger.

    Elle a misé sur ses talents innés pour le contact avec le public sitôt son diplôme d'étude se­condaire obtenu. Elle exerce son métier depuis quelques années quand nos deux soupirants se rencontrent. Est-ce le coup de foudre ou une progression plus ou moins rapide de l'idylle ? L'attrait est très fort de part et d'autre pour des raisons différentes selon les schèmes de leurs parents. Il est cérébral, pense au long terme et profite du moment présent. Elle est filiforme, très convoitée, se sait ravissante, prévoyante à court terme et c'est pour lui qu'elle va opter.

    Les deux se savent l'un pour l'autre, désirent des enfants et leur relations pré-maritales durent quelques années. Toutefois, quelques nuages viennent obscurcir leur séduction. Les plus irritants sont les niveaux de confiance et de franchise mutuels. Très tôt elle recherche une symbiose entre elle et lui sans considération à son besoin d'indépendance. Elle parle de tout un chacun de choses dont elle ne pourrait répéter devant les personnes concernées.

    Il poursuit à voir quelques copains et il « buvait un peu, oh ! pas des tas. Mais même un peu, elle n'aimait pas. » ; Me voilà seul, Charles Aznavour. Un jour se sentant étouffer et par bravade, il rompt et devient irrejoingnable pour quelques jours. Alors commence une poursuite incessante chez tous les amis réciproques. Il décide de reprendre et d'établir un nouveau modus operandi ce à quoi elle acquiesce. C'était sous-estimer les difficultés d'adaptation et d'évolution qui obligent à revoir des traits de caractère et des acquis profondément ancrés.

    Il faut reconnaître un tort avant d'en aborder les contours, les mécanismes, d'en ajuster les traits vers une façon plus acceptable socialement. Cela exige une conscience, un vécu pour savoir que le processus peut être lent en proportion aux changements requis, pénible mais ô combien porteur à terme. L'expérience à petite échelle pour débuter permet de s'en rendre compte progressivement. La capacité ou la volonté ne sont pas toujours forcément présentes.

    La hardiesse de la jeunesse qui porte à croire que tout est possible, qu'on pourra toujours redresser les pires travers, la confiance aveugle dans l'autre font que notre couple reprend.

    S'en suit le marriage, un premier enfant, un deuxième et peut-être un troisième, les dépla­cements au gré des emplois souvent précaires, une progression dans les sillons du mercan­tilisme et de la consommation : maison, voiture aussi prestigieuse que possible et tous les attraits d'une vie aux dehors reluisants. Mais les dedans s'assombrissent de plus en plus.

    Les priorités de notre couple au lieu de se rejoindre s'éloignent. Lui veut que les enfants jouissent d'un cadre stimulant, exempt des problèmes courants. Elle se complaît à critiquer le moindre travers, à reprocher et accuser, annihilant confiance en soi et goût du dépassement.

    C'est l'impasse et l'éloignement mais la préoccupation de chacun, à sa manière, c'est l'éducation des enfants. Qu'ils soient nourris, blanchis, reconnaissants et obéissants est sa priorité des priorités même si elle doit soumettre par la parole et par le geste. Il ne veut pas de laquais, de comportements serviles et encourage l'initiative et l'esprit d'indépendance.

    Éduquer les enfants devient diamétralement opposé et aucun n'accorde tant soit peu de mérite à la vision et aux méthodes de l'autre. Les divergences mènent souvent aux abus de langage. Un premier enfant devient adulte et prend ses distances, combinant petits boulots et étude. Celui ou ceux qui restent, encore jeunes sont tiraillés quant au modèle à suivre.

    Malgré tout le ciment tient. L'attention est portée vers les enfants, aucun effort ne saurait être épargné pour leur donner le maximum de ce que chacun peut apporter ; « On ne peut don­ner ce qu'on n'a pas » dit l'adage mais à deux c'est plus qu'à un seul. Notre couple poursuit comme ça parce qu'ils ne peuvent s'astreindre à abandonner ce qu'ils ont de plus cher : leurs enfants, un toit commun qu'il faut maintenir pour eux et le sentiment que chacun fait de son mieux. Prendre conseil de l'autre, non ; faire ce en quoi chacun croit, oui. Le reste on verra.

    Le denier fil jusqu'au 12 juillet
    Nous en sommes rendus à la situation actuelle : pour le couple A, c'est une descente aux enfers dont nous suivront le cours ; le couple B lui continue son petit bonhomme de chemin, ni pire, ni mieux. Peut-être que si puisque si les choses ne s'améliorent pas, elles empirent.

    Nous limitons le couple A à la relation palestino-israélien pour le déroulement au jour le jour des péripéties (du 25 juin au 12 juillet) et que nous reprendrons à compter du 12 juillet (début du second front libano-israélien) dans un prochain texte.

    Couple A : La crise actuelle débute le 25 juin alors qu'un commando palestinien de Gaza traverse en territoire israélien et capture un soldat israélien, Gilad Shalit, un jeune caporal de 19 ans ayant la double nationalité israélienne et française. Il est le premier soldat israélien enlevé par des activistes palestiniens depuis 12 ans. Il a été capturé tôt dimanche matin lors d'une attaque audacieuse contre un poste de l'armée. Deux autres soldats et trois assaillants ont été tués lors de l'opération. Ils demandent, pour le rétrocéder, la libération de toutes les femmes palestiniennes détenues par Israël, ainsi que tous les mineurs palestiniens.

    Israël détient 150 femmes ainsi que 360 jeunes de moins de 16 ans, a précisé le ministre palestinien des prisonniers, Wasfi Kibha, qui ne disposait pas de chiffres sur les mineurs de 16 à 18 ans détenus dans des geôles d'Israël. Voyons :

    Pour situer les principaux protagonistes de l'actuel crise entre Israël et le Hamas, gouvernement élu mais issu d'une mouvance de combattants pour la libération de la Palestine ou du terrorisme pure c'est selon, il faut remonter au 17 avril, jour de l'assermentation de l'actuel parlement israélien (Knesset) de Ehoud Olmert en remplacement de celui d'Ariel Sharron, souffrant d'incapacité due à la maladie. La journée même où Olmert prêtait serment, un attentat se produisait à Tel-Aviv en guise de bienvenue, revendiqué par le Jihad et appuyé par le Hamas. Il y a aussi l'appui de l'Iran à la lutte palestinienne avec en toile de fond, le développement de l'arme nucléaire. Et la Syrie qui est directement reliée de près ou de loin. Mise en situation des événements :

    Le Devoir, Édition du samedi 15 et du dimanche 16 avril 2006 ; Négation de l'Holocauste : le pouvoir iranien récidive — AFP
    « Téhéran - Les dirigeants iraniens ont lancé hier une violente diatribe contre Israël et les États-Unis, affirmant qu'il y avait un « sérieux doute » sur l'existence de l'Holocauste et prédisant la « disparition » d'Israël lors d'une conférence internationale de soutien aux Palestiniens. « Que vous le vouliez ou non, le régime sioniste est en voie de disparition », a déclaré le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.
    « Le président iranien a également répété ses propos controversés sur l'Holocauste. « « S'il y a un sérieux doute sur l'Holocauste [des juifs], il n'y a pas de doute sur la catastrophe et l'holocauste qui touchent les Palestiniens », a-t-il dit.
    « « Certaines puissances occidentales croient que, lors de la Deuxième Guerre mondiale, une importante population juive a été tuée et, pour compenser cette catastrophe, ils ont créé le régime [sioniste], a-t-il poursuivi. Si une telle catastrophe est vraie, pourquoi ce sont les peuples de la région qui devraient en payer le prix ? » « Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a condamné « avec la plus grande fermeté » les « propos inacceptables » du président iranien. « Le droit à l'existence d'Israël et la réalité de l'Holocauste ne sauraient être contestés », a estimé le ministre. »

    Le Devoir, Édition du mardi 18 avril 2006 ; La terreur frappe à Tel-Aviv ; Le Hamas qualifie de geste d'autodéfense un attentat suicide qui a fait au moins dix morts ; Éric Desrosiers
    « Au moins dix personnes ont perdu la vie et des dizaines d'autres ont été blessées, hier, à Tel-Aviv, lors du pire attentat suicide à avoir frappé Israël depuis août 2004.
    « L'attentat se voulait un geste d'appui aux personnes détenues par Israël et une riposte « aux massacres israéliens et au siège imposé » aux Palestiniens.
    « « Notre peuple est en état d'autodéfense et a le droit d'utiliser tous les moyens pour se défendre », a déclaré hier Sami Abou Zouhri, porte-parole du mouvement islamiste Hamas, qui a jusqu'à présent respecté la trêve et qui vient de remporter les élections palestiniennes. « L'occupation israélienne porte la responsabilité de ses actions », a ajouté le porte-parole du gouvernement palestinien, Ghazi Hamad.
    « Au contraire du gouvernement du Hamas, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a condamné l'attentat « terroriste » et a appelé la communauté internationale à intervenir pour mettre fin à la « grave détérioration » de la situation dans la région.
    « L'attentat d'hier a été condamné par plusieurs gouvernements. La Maison-Blanche l'a qualifié « d'acte de terreur infâme pour lequel il n'existe aucune excuse ».
    « La Knesset compte 12 formations. La plus importante est le Kadima, avec 29 sièges, suivi par les travaillistes avec 19. Ehoud Olmert est toujours en négociations avec les autres partis afin de constituer une majorité gouvernementale. Il a officiellement jusqu'au 18 mai pour ce faire. Il s'est dit déterminé à tracer, durant son mandat, les frontières d'Israël et du territoire des Palestiniens, avec ou sans l'accord de ces derniers. »

    Cyberpresse, Le vendredi 21 avril 2006 ; Attentat de Tel-Aviv: Israël met en cause Damas — AFP
    « JERUSALEM — Le Premier ministre israélien en exercice Ehud Olmert a mis en cause vendredi la Syrie à la suite de l'attentat suicide commis lundi à Tel-Aviv qui a fait neuf morts et des dizaines de blessés.
    « "Les ordres sont venus de Damas et les premiers rapports sur l'attentat ont été envoyés à Damas", a déclaré M. Olmert à une délégation du sénat américain, a-t-on indiqué auprès de la présidence du Conseil.
    « La présidence a souligné à ce propos "les liens traditionnels des terroristes du Jihad islamique qui ont perpétré l'attentat avec Damas et Téhéran".
    « Lors de la rencontre, M. Olmert a également rejeté sur le Hamas qui est à la tête du gouvernement palestinien, la responsabilité de l'attentat que le mouvement islamiste s'est refusé de condamner.
    « Israël avait déjà pointé un doigt accusateur en direction de l'Iran et la Syrie à la suite d'un précédent attentat suicide à Tel-Aviv, le 20 janvier, perpétré au même endroit par le Jihad islamique.
    « Le Jihad islamique est une petite formation radicale palestinienne qui agit dans l'ombre du Hamas, un mouvement beaucoup plus important.
    « Créé en 1980, d'inspiration pro-iranienne, le Jihad a poursuivi tout au long de l'année 2005 ses attaques alors que les autres mouvements observaient généralement une trêve qui a officiellement pris fin le 31 décembre. »

    Nous abordons ici le fil des événements au jour le jour tels que reportés par différentes agences de presse — Agence France Presse ; AFP — Associated Press ; AP — Reuters. Seulement des points saillants des communiqués ou articles sont repris avec renvois aux textes complets pour référence. Des choix objectifs parmi les nouvelles ou positions les plus judicieuses permettent de dégager les lignes de crête devant l'abondance de l'information.



    Mois
    Contenu

    Juin 24, 25

    Au lendemain de la Saint Jean-Baptiste, pas un mot sur les événements en Pales­tine. On le sait, les journaux rapportent la nouvelle au mieux 24 heures plus tard.

    Le Devoir : Denise Bombardier fait un excellent résumé du contexte de la société québécoise :

    De la Fierté nationale...
    « C'est dans un élan de générosité et d'ouverture aux autres qu'on a changé de nom, (Québécois) pour affirmer aussi les frontières du territoire du pays rêvé mais peut-être également pour tenter de rompre avec notre histoire de Canadiens français conquis, humiliés, ignorants et nés pour un petit pain. »
    « Les Québécois d'aujourd'hui sont fiers d'être à l'avant-garde des bouleversements sociaux, des déboulonnages de pseudo-héros, de la désacralisation systématique de nos institutions traditionnelles. Sans doute sont-ils fiers du taux de natalité si faible, du taux d'avortement si élevé, du si grand nombre d'unions libres, de divorces, du faible taux de mariage, ces exemples de notre exceptionnelle libération des moeurs. »

    25

    Dans le monde en bref du dimanche 25 juin cet entrefilet prémonitoire des tragédies à venir.

    Cyberpresse :
    PO-Palestiniens-Israël-incursion
    — AFP
    « GAZA — Une unité d'élite de l'armée israélienne a enlevé samedi dans la bande de Gaza deux activistes palestiniens du Hamas qui s'apprêtaient à commettre un attentat anti-israélien dans les prochains jours. Il s'agit de la première opération du genre depuis le retrait israélien de ce territoire achevé en septembre. »

    26

    Cyberpresse :
    Le monde en bref [....]
    PO-Palestiniens-Israël — AFP : premier reportage sur les événements de la veille.
    « JÉRUSALEM — L'armée israélienne a déployé lundi des dizaines de chars et des renforts d'infanterie près de la bande de Gaza en prévision d'une éventuelle opération d'envergure pour libérer un soldat, enlevé dimanche, qui possède également la nationalité française.
    « - La branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, ainsi que deux autres groupes armés palestiniens ont exigé la libération par Israël de prisonniers et de détenus mineurs palestiniens en échange d'informations sur le soldat enlevé, laissant entendre ainsi qu'ils le détenaient.
    « - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a exclu tout marchandage. »

    27

    Le premier ministre israélien Ehoud Olmert passe aux menaces.

    Le Devoir :
    Israël refuse de céder à la moindre exigence des ravisseurs et prévient que sa riposte sera complète et tranchante. — Reuters
    « « Le temps d'une opération israélienne complète, tranchante et intense se rapproche. Nous n'attendrons pas éternellement. Nous ne deviendrons pas une cible du chantage terroriste du Hamas », a-t-il ajouté. « J'ai donné ordre à nos commandants militaires de préparer l'armée à une vaste et longue opération militaire pour frapper les chefs terroristes et tous ceux qui sont impliqués » dans cet enlèvement. « Que ce soit clair : il n'y aura d'immunité pour personne. » »

    Le conflit déborde déjà dans les tribunes avec des opinions très tranchées. En voici une première très favorable à la version israélienne : « Israël est un pays cool ! »

    Le Devoir Libre-Opinion (voir réaction le 12 juillet) :
    Aimer ou démoniser Israël?
    Jean Ouellette, Professeur retraité de l'Université de Montréal, spécialiste en études juives
    « Je vois déjà nos faiseurs d'opinion incrédules esquisser un geste défensif à la lecture d'un tel titre. Comment peut-on faire luire à des esprits imprégnés de la vérité du narratif palestinien la perspective d'une découverte, réelle ou virtuelle, d'une terre que nos catéchismes d'antan qualifiaient de sainte, mais que le mur de l'apartheid, selon une expression chère à nos médias, rend à jamais inhospitalière pour quiconque se targue de rejeter le sionisme au nom d'une vague défense de l'antiracisme?
    « Peut-on imaginer, au-delà des images qui nous assiègent, choquantes pour des yeux habitués à plus de décence, que l'opinion des gens du Québec demeure néanmoins ouverte à un discours moins idéologique et, partant, susceptible de découvrir les attraits incontestables de la réalité israélienne ?
    « Les partisans d'une représentation visant à diaboliser Israël contesteront la légitimité de l'État juif sur la base du cruel conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens. Les médias présentent ce conflit comme une dispute territoriale (ce qu'il est aussi) entre deux mouvements nationaux rivaux. Dans la mesure où le sionisme prend la forme, à leurs yeux, d'une entreprise coloniale, l'enjeu, pour la population indigène, est d'expulser l'occupant étranger.
    « De là à accuser Israël d'un déni de justice permanent à l'égard de la population palestinien, il n'y a qu'un pas, et il est aisément franchi. Les Israéliens sont alors perçus dans le rôle peu enviable de ceux qui bloquent irrémédiablement les aspirations légitimes des Palestiniens.
    « Fuseront alors, en certains cercles, des attaques insidieuses contre des pratiques de l'armée israélienne qui n'auraient rien à envier aux atrocités commises par les nazis ! On sous-entend que les militants d'un mouvement national peuvent recourir à tous les moyens, la terreur comprise, pour réaliser leurs aspirations. »

    28

    Encore les gros mots mais surtout un mouvement stratégique

    Cyberpresse :
    État d'alerte renforcé à la frontière israélo-libanaise
    — AFP
    « L'armée israélienne a été mise en état d'alerte renforcé mercredi à la frontière avec le Liban à la suite de l'opération militaire lancée dans la bande de Gaza et du survol de la Syrie par des avions israéliens, a annoncé une porte-parole militaire."
    « Cette mesure a été prise de crainte que la milice chiite libanaise du Hezbollah ou d'autres organisations tentent de provoquer une escalade en lançant des attaques dans la région frontalière", a ajouté la porte-parole. » Et Olmert « affichait sa détermination à user de "moyens extrêmes" pour retrouver un soldat enlevé » à Gaza. »

    29

    Le Devoir :
    Israël prend les moyens extrêmes
    Tsahal arrête huit ministres et vingt députés palestiniens — AFP, Reuters
    « RAMALLAH — L’armée israélienne a arrêté une dizaine de ministres et députés du Hamas et retrouvé le corps d’un colon israélien enlevé dimanche par des activistes, hier au second jour d’une offensive de grande envergure dans les territoires palestiniens. »

    30

    Le Devoir :
    Le G8 appelle Israël à la retenue
    Abbas demande la libération des ministres et députés palestiniens — AFP, Reuters, AP
    « Au cours d'un raid mené en pleine nuit de mercredi à hier en Cisjordanie, les forces israéliennes ont arrêté le ministre palestinien des Finances, Omar Abdel-Razek, huit autres ministres ainsi qu'une vingtaine de députés appartenant au Hamas. Selon des sources proches des services de sécurité israéliens, 64 responsables du Hamas ont été arrêtés.
    « « C'est un complot planifié pour détruire l'Autorité [palestinienne], le gouvernement et le Parlement et pour mettre le peuple palestinien à genoux » a déclaré Mushir al-Masri, député du Hamas. »

    Juil. 1

    Cyberpresse :
    Impasse dans les efforts pour libérer le soldat capturé
    — AFP
    « GAZA — Les négociations en vue de la libération d'un soldat israélien étaient dans l'impasse samedi alors que des responsables palestiniens disaient craindre pour la vie du Premier ministre Ismaël Haniyeh du mouvement Hamas.
    « « La solution est un échange de prisonniers comme cela s'est passé avec le Hezbollah (au Liban). Je pense que cela arrivera », a indiqué à l'AFP un porte-parole du Hamas, Moushir al-Masri, réitérant la position de son mouvement. »
    Cyberpresse :
    Des pacifistes israéliens manifestent contre l'offensive à Gaza
    — AFP
    « JÉRUSALEM — Plusieurs centaines de pacifistes israéliens ont manifesté samedi soir à Jérusalem ouest contre l'offensive israélienne à Gaza, déclenchée après l'enlèvement d'un soldat le 25 juin.
    « Les manifestants, rassemblés devant la résidence du Premier ministre Ehud Olmert ont brandi des pancartes avec pour slogan "Non aux atteintes aux civils" palestiniens et israéliens, et "pas de solution militaire" ont rapporté des témoins.
    « Ils ont appelé à dialoguer avec le mouvement islamiste Hamas en vue d'obtenir la libération du soldat capturé lors de l'attaque d'un commando palestinien le 25 juin contre un poste militaire à la lisière de la bande de Gaza, qui avait tué deux soldats israéliens et deux assaillants palestiniens.
    « La manifestation organisée par divers groupes pacifistes d'extrême gauche s'est dispersée sans incident. »

    1, 2

    Le Devoir :
    Accord interpalestinien — Les factions palestiniennes se rallient devant l'incursion militaire israélienne
    Graciela López Marclay
    « La menace externe a favorisé le ralliement in extremis des positions à l'intérieur des territoires palestiniens, encerclés depuis dimanche par l'arsenal militaire israélien dans toute sa force de frappe. Les divisions entre les différentes factions politiques deviennent ainsi relatives devant la crise imminente : l'union nationale est réaffirmée sous l'étranglement économique perdurant et devant l'offensive militaire qui déferle sur la bande de Gaza. »

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    Cyberpresse :
    Olmert donne l'ordre à l'armée d'agir avec "toute (sa) puissance"
    — AFP
    « JÉRUSALEM — Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a donné l'ordre dimanche à l'armée d'agir "avec toute (sa) puissance" pour retrouver le soldat capturé il y a une semaine.
    « "J'ai donné ordre à l'armée et aux forces de sécurité d'agir avec toute (leur) puissance pour poursuivre les terroristes, leurs idéologues et ceux qui leur offrent protection", a déclaré M. Olmert à l'ouverture de la réunion de son cabinet.
    « "Nous ferons tout, je dis bien tout, pour libérer le soldat (...) Je le répète : personne ne sera épargné", a insisté le Premier ministre. »
    Cyberpresse :
    Benoît XVI condamne la violence aveugle en Irak et en Terre Sainte"
    — AFP
    « CITÉ DU VATICAN — Le pape Benoît XVI a condamné dimanche "la violence aveugle qui provoque des atroces massacres" en Irak et en Terre Sainte et s'est dit "très préoccupé" par "l'aggravation de la crise" entre Israël et les Palestiniens.
    « "Je suis avec une croissante préoccupation les événements en Irak et en Terre Sainte", a-t-il déclaré dans son adresse aux fidèles venus Place Saint Pierre pour la prière dominicale de l'Angelus.
    « "Face d'un côté à la violence aveugle qui provoque d'atroces massacres et de l'autre à la menace de l'aggravation d'une crise qui se fait plus dramatique depuis des jours, il y a un besoin de justice et d'un engagement crédible pour la paix que malheureusement on ne voit pas", a-t-il déploré. »
    Cyberpresse :
    La crise souligne le vide laissé par le coma de Sharon depuis six mois
    Jennie MATTHEW — AFP
    « JÉRUSALEM — Six mois après la disparition de l'arène politique d'Ariel Sharon, ses successeurs se mesurent avec la plus grave crise secouant la bande de Gaza depuis l'évacuation historique en septembre de ce territoire, qu'il avait orchestrée.
    « La figure du chef de guerre légendaire, plongé dans le coma par une attaque cérébrale survenue le 4 janvier, continue à hanter ses compatriotes, qui se demandent comment il aurait agi en pareille circonstance.
    « "Sharon nous manque beaucoup. Nous regardons le Premier ministre et le ministre de la Défense actuels (...) et c'est à cet homme (Sharon) que va notre sympathie", affirmait un récent éditorial du Yediot Aharonot, premier tirage de la presse israélienne.
    « "Sharon a des qualités naturelles de commandement. On lui aurait automatiquement fait confiance en la matière. Olmert doit bâtir sa crédibilité", a souligné Dan Schueftan.
    « Des commentateurs ont même évoqué la "panique" du Premier ministre et de son ministre de la Défense Amir Peretz, à qui manquent les prestigieux états de service militaire de Sharon, au point que les divergences entre M. Olmert et l'état-major sur une éventuelle offensive terrestre dans le nord de la bande de Gaza se sont étalées sur la place publique.
    « Selon Menahem Klein, professeur de sciences politiques à l'Université Bar-Ilan de Tel-Aviv, la crise provoquée par la capture du soldat a simplement exposé l'échec du retrait de Gaza, considéré comme la consécration d'Ariel Sharon. »

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    Le Devoir :
    Enlèvement du soldat Shalit — Les ravisseurs lancent un ultimatum
    Israël riposte en donnant son feu vert à la poursuite de l'offensive militaire — AP
    « JÉRUSALEM — Alors que l'armée israélienne poursuit son épreuve de force avec le Hamas dans la Bande de Gaza, les trois organisations palestiniennes ayant revendiqué l'enlèvement du caporal Gilad Shalit ont donné jusqu'à aujourd'hui 6h à l'État hébreu pour libérer 1500 prisonniers palestiniens, faute de quoi il devra « en payer les conséquences ».
    « « Il n'y aura pas de négociations pour libérer les prisonniers », a indiqué le service du premier ministre Ehoud Olmert dans un communiqué. Le ministre de la Justice Haïm Ramon, un proche de M. Olmert, a ensuite averti que l'opération militaire israélienne à Gaza serait « bien pire » si les ravisseurs s'en prenaient au soldat. »
    La Presse — Le même Ramon dans l'article : Israël rejette l'ultimatum, p. A12 adressait une sevère mise en demeure aux ravisseurs du soldat. « Le ciel leur tombera sur la tête s'ils osent porter atteinte à Gilad Shalit et ces mots doivent être pris à la lettre », a-t-il averti.
    Cyberpresse
    Israël accuse le Hamas "d'escalade dans le terrorisme"
    — AFP
    « JÉRUSALEM — Israël a accusé mardi le Hamas d'"escalade dans le terrorisme" après la chute pour la première fois d'une roquette au coeur de la ville d'Ashkelon, et s'est engagé à accentuer la pression militaire pour obtenir la libération d'un soldat enlevé par des radicaux palestiniens.
    « Il s'agit d'"un événement très grave qui constitue une escalade d'une gravité sans précédent dans le terrorisme du Hamas qui dirige l'Autorité palestinienne", a déclaré le Premier ministre israélien Ehud Olmert. Le cabinet de sécurité doit examiner mercredi la situation après ce tir.
    « Un porte-parole de l'Armée de l'Islam, qui a revendiqué l'enlèvement du soldat avec la branche armée du Hamas et les Comités de résistance populaire, a indiqué à l'AFP qu'ils ne comptaient pas tuer leur otage.
    « "Certains pensent que les groupes peuvent le tuer mais nos principes islamiques stipulent qu'il faut respecter les prisonniers et ne pas les tuer", a-t-il dit. »

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    Le Devoir
    Israël : la pression continue de monter
    Alexandre Shields — AP
    « Les quelque 1,4 million d'habitants de la bande de Gaza continuent en effet de subir les graves contrecoups de la crise qui sévit dans la région. L'émissaire des Nations unies au Proche-Orient, Alvaro de Soto, s'est d'ailleurs dit inquiet hier de la situation humanitaire. « C'est une situation dangereuse, une situation qui pourrait devenir très grave à terme », a-t-il dit. « Juste avant la capture du caporal [Gilad] Shalit, la situation humanitaire était dangereuse et il y a eu [depuis] une détérioration significative dans tous les domaines », a précisé Alvaro de Soto.
    « Israël a notamment envoyé des forces terrestres dans la bande de Gaza et détruit une importante station électrique le 28 juin. Depuis ce bombardement, la bande de Gaza ne reçoit que six heures d'électricité par jour. L'émissaire de l'ONU a d'ailleurs souligné le risque de maladies provoquées par l'absence de distribution d'eau, de traitement et de système d'égouts adéquats et appelé Israël à « coopérer énergiquement » au remplacement des transformateurs.
    « Le colonel Nir Press, responsable de l'armée israélienne pour l'approvisionnement de la bande de Gaza, a pour sa part estimé que « cette région ne souffre actuellement ni d'un manque de vivres ni d'un manque de médicaments ou de carburants ». »
    Cyberpresse
    Beit Hanoun, ville palestinienne en première ligne
    Mehdi LEBOUACHERA
    « BEIT HANOUN (bande de Gaza) — Dans le quartier de Charquia, à Beit Hanoun, les blindés israéliens sont arrivés jusqu'au pied des maisons cette nuit, émaillée d'accrochages avec des combattants. "Beaucoup d'habitants sont prêts à fuir", dit Abou Anas, le visage fermé.
    « Cette nuit, les soldats israéliens ont tiré dans tous les sens. Les enfants étaient effrayés", dit Oum Ayman, la mère de famille, son plus jeune fils dans les bras.
    « "Nous sommes vraiment en danger mais on ne peut pas quitter notre maison", dit-elle. Son mari, silencieux, acquiesce d'un hochement de tête. "Nous avons collecté dans le jardin un sac entier d'éclats d'obus qui atterrissent sur le toit", reprend-elle.
    « Elle est surtout inquiète que les combats ne se déroulent au coeur des zones habitées. "Les Israéliens veulent atteindre la résistance. Si les combattants se cachent près des maisons, ils ouvriront le feu".
    « Mais, résignée, elle poursuit : "Si l'on doit mourir, nous mourrons. De toute façon, les Israéliens ont déjà tout détruit. Nous n'avons plus d'électricité, il y a des problèmes avec l'eau". »
    Le Devoir Libre-Opinion :
    Urgence en Palestine : le Canada doit agir !
    Jean Ouellette, François Crépeau Professeur UdM, Georges Lebel UdM, Céline Saint-Pierre Sociologue, René Charest Secrétaire général CSN et 12 autre signataires
    « La crise s'aggrave de façon dramatique dans les territoires palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Gaza est totalement encerclé et les bombardements qui ont commencé, dont ceux de la centrale électrique et de ponts, auront des conséquences catastrophiques pour cette population déjà fort éprouvée par la répression israélienne et prolongeront encore l'impasse causée par la consolidation de l'occupation israélienne.
    « Nous croyons qu'il y a moyen de sortir de l'impasse et que le Canada pourrait jouer un rôle positif s'il le voulait. Il lui faudrait d'abord réaffirmer les principes du droit international, dont celui qui interdit l'annexion de territoires par la force militaire, puis faire pression sur le gouvernement israélien pour que cessent les violences exercées contre la population civile.
    « Depuis le début du mois, 94 Palestiniens (dont 31 femmes et enfants) ont été tués lors de diverses opérations de l'armée israélienne. Le massacre, le 9 juin, d'une famille qui pique-niquait sur une plage de Gaza a suscité un vif émoi dans la population palestinienne. Par ailleurs, la suspension des programmes d'aide de plusieurs pays donateurs a considérablement aggravé la pauvreté.
    « Ces violences ont une cause centrale : le désir des autorités israéliennes de maintenir leur mainmise sur les territoires palestiniens en écrasant toute force politique qui demande la fin de l'occupation, que ce soit par des méthodes pacifiques ou non.
    « En se retirant de l'intérieur de Gaza (tout en l'encerclant et en l'étouffant économiquement), le gouvernement israélien entend consolider l'occupation de la Cisjordanie [...].
    « Dans ce contexte, il est urgent que le Canada et d'autres acteurs internationaux tentent d'arrêter cette dérive. »

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    Cyberpresse
    L'armée israélienne de retour dans le nord de Gaza
    Beatriz Lecumberri — AFP
    « BEIT LAHYA, Bande de Gaza — L'armée israélienne était de retour jeudi dans le nord de la bande de Gaza, dix mois après son retrait de ce territoire palestinien, dans sa plus vaste opération menée pour stopper les tirs de roquettes sur Israël.
    « Le premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, du Hamas, a dénoncé une « punition collective » et appelé la communauté internationale à intervenir pour mettre fin à l'offensive israélienne.
    « « Ce que fait Israël démasque son plan visant à réoccuper de larges secteurs de la bande de Gaza, frapper ses infrastructures, imposer une punition collective contre notre peuple et l'affoler », a dit M. Haniyeh dans un communiqué.
    « Le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, a assuré que l'offensive avait pour seul objectif « de faire cesser les tirs de roquettes et ramener le soldat Gilad Shalit ».
    « La branche armée du Hamas est l'une des trois factions ayant revendiqué son rapt. C'est aussi ce même groupe qui a revendiqué le tir de roquette mardi sur Ashkelon.
    « « Nous n'avons nulle intention de rester et nous enliser dans le marais de Gaza », a ajouté M. Peretz, s'adressant aux journalistes. »
    Cyberpresse
    Le Conseil des droits de l'homme condamne l'opération israélienne à Gaza
    — AFP
    « GENÈVE — Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a condamné jeudi les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza et réclamé la libération de hauts responsables palestiniens.
    « Dans une résolution adoptée par 29 voix contre 11, le nouveau Conseil a appelé Israël à mettre fin à son intervention armée et demandé la libération des ministres et députés palestiniens arrêtés la semaine dernière par l'armée israélienne.
    « Aux termes de la résolution, le Conseil a en outre décidé l'envoi d'une mission urgente d'établissement des faits dirigée par le rapporteur spécial de l'Onu pour la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés, John Dugard. Israël a par le passé refusé de collaborer avec M. Dugard.
    « Le texte fait part de la "profonde préoccupation" du Conseil à l'égard "des violations des droits de l'homme du peuple palestinien provoquées par l'occupation israélienne, notamment par les opérations militaires israéliennes en cours". »
    « Dans un texte de La Presse du 7 : Forte résistance à l'offensive d'Israël à Gaza de Jooned Khan à la page A14 M. Degard dénonce : « Israël est manifestement en violation des normes fondamentales du droit humanitaire et des droits de l'homme, évoquant l'interdiction des châtiments collectifs. Les arrestations de responsables du Hamas semblent s'appararenter à des prises d'otages, a-t-il ajouté. »
    Cyberpresse
    Israël prêt à quitter Gaza contre son soldat et la fin des tirs
    — AFP
    « JÉRUSALEM — Israël est prêt à retirer ses soldats de la bande de Gaza en échange de son soldat enlevé et de la fin des tirs palestiniens de roquettes contre son territoire, a affirmé jeudi le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz.
    « "Si vous ramenez Gilad Shalit sain et sauf chez lui et si vous cessez vos tirs de roquettes, nous retirerons nos forces" de la bande de Gaza, a déclaré M. Peretz à l'adresse des Palestiniens, dans des propos diffusés par la radio militaire israélienne.
    « Noam Shalit, le père du soldat, s'est pour la première fois exprimé jeudi en faveur d'un éventuel échange de son fils contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël, alors que le gouvernement israélien a rejeté l'idée d'un échange proposée par les ravisseurs.
    « "Il n'y a aucune raison d'exclure un tel échange, et je demande aux autorités (israéliennes) de le prendre en considération", a déclaré Noam Shalit à la radio de l'armée.
    « Dans un article de La Presse du 8 : Le Père du soldat israélien Gilad Shalit appelle à la négociation de Simon Coutu il implore ; « Je ne crois pas que l'armée israélienne soit capable de sauver mon fils par la force. Seules des négociations pour un échange de prisonniers pourront le sortir de là. Ce n'est que dans les films que les missions de sauvetage fonctionnent. » »

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    Cyberpresse
    Le cas du soldat enlevé « se complique », selon le Hamas
    OFFENSIVE ISRAÉLIENNE — AFP
    « GAZA — Le mouvement islamiste Hamas a affirmé vendredi que l'offensive israélienne en cours dans la bande de Gaza compliquait le cas d'un soldat israélien enlevé par trois groupes armés palestiniens, qui est « bien traité ».
    « « Le gouvernement israélien se trompe en croyant que les massacres sionistes commis contre notre peuple vont contribuer à la restitution de son soldat enlevé », a affirmé le Hamas dans un communiqué.
    « « Le cas du soldat enlevé devient plus compliqué qu'auparavant et la poursuite des crimes sionistes n'entraînera que davantage de durcissement côté palestinien », a ajouté le Hamas.
    « Dans un autre communiqué, le Hamas a laissé entendre que le soldat était toujours en vie. « Il est bien traité, de manière humaine, conformément à nos valeurs religieuses et morales », a affirmé le mouvement.
    « Le ministre de la Sécurité intérieure Avi Dichter a toutefois indiqué vendredi qu'Israël n'écartait pas une éventuelle libération de prisonniers palestiniens pour récupérer son soldat.
    « Le Hamas, qui contrôle le gouvernement palestinien, s'en est en outre pris à l'administration américaine, l'accusant d'avoir « donné son feu vert à l'entité sioniste pour lancer son agression et ses crimes ».
    « « Nous faisons porter à l'administration américaine la responsabilité du sang qui a coulé et des vies qui ont été fauchées », affirme le texte. »

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    The Gazette — Dans le cahier Extra, deux titres en p. B5 qui en disaient long sur les développements démocratiques en Orient. Le premier « La vague démocratique est renversée » The Economist, expose que dans les nombreux pays, de l'Égypte au Maroc, de l'Algérie à la Jordanie et dans toutes les autocraties du monde arabe, il y a recul sur les mouvements d'opposition politique, sur la liberté de presse, etc. Cela serait expliqué principalement par la montée des islamistes religieux des Frères musulmans en Égypte, du Hamas en Palestine ou du Hezbollah. Le dilemme de l'élection du Hamas a refroidi l'enthousiasme étasunienne pour des changements. On pardonne les accrocs de la Lybie envers sa population, celles des pays limitrophes à l'Iran comme l'Azerbaijan ou d'autres de l'Asie centrale parce qu'ils sont pro-occident. « On se lave les mains du support à la démocratie pour tout le monde arabe. »
    Le second article « Bush recule sur sa « doctrine de liberté » envers les pays arabes » AMR and Michael McFaul prend modèle de l'Égypte pour le laisser faire actuel sur la plan de la démocratie en Orient. Les É.-U. donne bon an mal an, depuis 30 ans, en échange du plan de paix avec Israël sous Carter et de délaisser le giron soviétique, deux milliards au pays en aide directe au gouvernement d'Hosni Mubarak. Il s'est prêté pour quelque temps au jeu avec des élections multipartites qui l'ont tout de même reconduit. Il a depuis emprisonné son principal concurrent du parti Libéral, Al Ghad sur des allégations fumistes. La trajectoire vers le pluralisme semblait sur la bonne voie mais Mubarak s'est astreint au minimum pour apaiser les Étasuniens et depuis, le défi pour plus de paix, de stabilité et une chance réelle pour le combat contre la dictature et la violence dans la pays s'estompe. Un mystère plane quant à l'absence de conditions pour l'aide fournie. Toutes les autocraties de la région s'en tirent avec des changements mineurs.
    Enfin, en p. B7, Le Hamas se nourrit de l'ennemie, il se sécurise par la haine, l'auteur Alan Kaufman du Los Angeles Times, d'obédience juive expose clairement l'obsession des Israéliens à recouvrir chacun de leur soldat fait prisonnier de guerre comme c'est le cas actuellement à Gaza. C'est tout le pays qui transpose le sort du malheureux militaire comme s'il était leur en propre : leur fils ou membre de leur famille. « La source est une intime perspective juive qui définit que la perte d'une seule vie juive s'apparente à la perte de l'univers — un code pour le peuple qui, à ce jour, se rappelle les fosses anonymes des six millions de juifs, incluant un million d'enfants, exterminés lors de l'Holocauste. »
    Tous prient pour le retour sain et sauf de Shalit. « Et il y a de la colère dans nos prières, transposée dans la réponse israélienne, ressentie dans notre chair et notre sentiment de trahison par le refus du Hamas, contrôlé par le gouvernement palestinien, d'accepter l'existence de l'État d'Israël. Il est devenu plus qu'évident que depuis le retrait de Gaza, et l'avènement du gouvernement Hamas, que même le désengagement ne suffit pas. Hamas, tel un amoureux plaqué et suicidaire, ne décrochera pas tant qu'Israël sera annihilé. »

    8, 9

    Le Devoir
    La démesure, l'aveuglement et le silence
    Gil Courtemanche
    « Pendant que les Palestiniens luttaient entre eux et se faisaient manipuler par l'Iran, la Syrie ou l'Arabie Saoudite, les Israéliens développaient une stratégie de la démesure. Celle-ci s'exprimait et s'exprime encore simplement. Elle ne possède plus aucune parenté avec la loi du talion, une dent pour une dent. C'est une mâchoire pour une dent, un corps pour une main, un village pour une chambre. C'est ainsi qu'on a envahi le Liban pour contrer quelques tirs de roquettes, fait massacrer par les milices chrétiennes des centaines d'innocents à Sabra et Chatila pour éliminer quelques terroristes présumés. Plus tard, pour venger les victimes des attentats suicides, on a envahi la Cisjordanie, emprisonné dans son bunker Yasser Arafat, détruit des milliers de maisons, érigé une frontière de béton qui contrevient à toutes les résolutions de l'ONU, multiplié les assassinats ciblés. Le message d'Israël a toujours été sans équivoque : vous en tuez un, nous en tuons cent. Que cette politique de la riposte massive n'ait fait qu'empirer la situation, ait contribué à l'émergence, à la consolidation et à l'élection du Hamas ne dérange absolument pas le gouvernement israélien. Après tout, comme le disent Bush et Harper à l'unisson : « Israël a le droit de se défendre. » Se défendre contre quoi ? Cette fois-ci, c'est contre l'enlèvement d'un soldat.
    « Sous prétexte de libérer le soldat tenu en otage, plutôt que de se livrer à des opérations normales de renseignement et à des opérations clandestines, on a massé des centaines de chars à la frontière de Gaza, détruit une centrale électrique privant d'électricité et d'eau potable 600 000 civils innocents, deux ponts. Jeudi, les attaques israéliennes ont provoqué la mort de 24 Palestiniens, portant à plus de 5000 le nombre de victimes depuis le début de la deuxième intifada. Le même jour, on traduisait en «justice» devant des tribunaux militaires 27 députés et ministres du gouvernement démocratiquement élu par la population.
    « C'est un peu comme si on avait donné un chèque en blanc au gouvernement israélien. On a dit à l'État israélien : vous détenez la puissance nécessaire pour endiguer les Palestiniens, faites comme bon vous semble. C'est votre problème, pas le nôtre. »

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    Cyberpresse
    L'ONU réclame un accès humanitaire immédiat à la bande de Gaza
    — AFP — La Presse p. A11
    « NEW YORK (Nations unies) — Le secrétaire général de l'Onu a noté que le bombardement le 28 juin par les Israéliens de la seule centrale électrique de la bande de Gaza à eu un impact "d'une portée incalculable" sur les hôpitaux et les systèmes d'égouts et de distribution de l'eau du territoire et a demandé que le gouvernement israélien remplace d'urgence les équipements détruits.
    « "Je renouvelle mon appel à tous ceux concernés d'exercer la plus grande retenue et de respecter leurs obligations en vertu des lois humanitaires internationales", a-t-il ajouté.
    « Les agences de l'Onu, travaillant dans les territoires palestiniens, ont averti que Gaza était au bord d'un désastre humanitaire à moins d'une action "immédiate et urgente". "Une situation déjà alarmante à Gaza avec un taux de pauvreté de près de 80% et de chomage approchant les 40% risque de se détériorer rapidement à moins qu'une action immédiate et urgente ne soit prise", ont déclaré les agences humanitaires des Nations unies dans un communiqué, soulignant que Gaza doit faire face à un manque d'énergie, d'eau et de vivres.
    « Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), les hôpitaux et centres de soin ne disposent d'énergie pour pouvoir fonctionner que pour un maximum de deux semaines. L'alimentation en eau de la bande de Gaza a d'autre part été réduite des deux tiers et la situation alimentaire, déjà critique, a été aggravée par le manque d'énergie électrique, selon les agences de l'Onu.
    « "Bien qu'Israël ait des préoccupations légitimes de sécurité, la loi humanitaire internationale requière que les principes de proportionnalité et de distinction entre les civils et les combattants soient respectés à tout moment", a souligné de son côté le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme. » [Mme. Louise Arbour]

    10

    Cyberpresse
    Olmert rejette les critiques internationales
    Ron Bousso — AFP
    « JÉRUSALEM — Le premier ministre israélien Ehud Olmert a rejeté lundi les critiques internationales contre l'offensive menée par son pays dans la bande de Gaza, s'affirmant décidé à la poursuivre le temps nécessaire.
    « Il a affirmé que l'opération « Pluies d'été » lancée fin juin et étendue le 5 juillet a pour seuls objectifs d'obtenir la libération d'un soldat israélien enlevé et faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes.
    « M. Olmert a affiché par ailleurs sa détermination à fixer jusqu'à la fin de son mandat en 2010, la frontière orientale d'Israël, avec ou sans accord avec les Palestiniens.
    « « On ne peut pas stopper le processus historique inéluctable de séparation entre Israéliens et Palestiniens », a-t-il dit. Cette séparation est, selon lui, «le seul moyen» qui permettra aux Palestiniens de réaliser leur rêve d'un État indépendant et de garantir la sécurité d'Israël. »
    Cyberpresse
    L'armée israélienne n'a pas réagi assez vite lors de l'enlèvement de Gilad Shalit
    — AP
    « TEL AVIV — Les forces israéliennes auraient réagi trop lentement lors de l'attaque palestinienne au cours de laquelle le caporal Gilad Shalit a été enlevé, alors qu'elles avaient été prévenues d'une possible attaque, selon le chef de la commission d'enquête de l'armée israélienne.
    « Le général Giora Eiland a qualifié l'incident du 25 juin, lorsque sept militants palestiniens ont traversé la frontière de la Bande de Gaza dans un tunnel avant d'attaquer un poste de l'armée israélienne, de "défaillance opérationnelle".
    « Quatre jours plus tôt, l'armée israélienne avait fermé la frontière à des observateurs européens, évoquant la crainte d'une attaque palestinienne. Le chef de la commission d'enquête a confirmé que l'armée était en possession d'informations lui permettant d'anticiper de tels problèmes. »

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    Le Devoir
    Israël resserre son étau sur Gaza
    Olmert défend le bien-fondé de l'offensive israélienne — AFP , Reuters , Libération , Le Monde
    « JÉRUSALEM — Éhoud Olmert a rejeté hier les critiques formulées contre l'offensive israélienne à Gaza, tout en se défendant de vouloir renverser le gouvernement du Hamas.
    « Le premier ministre israélien n'a par ailleurs fixé aucune date limite pour la fin de l'opération. « Nous n'avons pas établi un calendrier particulier. Elle se poursuivra dans certaines zones, par périodes, avec certaines mesures adaptées aux objectifs fixés », a-t-il dit.
    « Selon une source militaire citée par le quotidien israélien Haaretz, les opérations en cours pourraient durer au moins deux mois encore. Lors de la réunion du conseil des ministres, dimanche, le premier ministre Éhoud Olmert a évoqué « une guerre dont il est impossible de fixer de limite dans le temps ». Il a appelé l'opinion publique israélienne à la patience.
    « « Le Hamas a concocté cette fricassée mais maintenant, il doit l'avaler, a résumé en termes choisis le général Yossi Cooperwasser, qui commandait encore très récemment le Département d'analyse du renseignement militaire. Nous avons essayé d'éviter cette opération terrestre dans le nord de la bande de Gaza, mais le Hamas nous a forcé la main en tirant deux roquettes de nouvelle génération sur Ashkelon. Nous ne pouvions tolérer une telle escalade et avons décidé d'avancer vers les zones de tirs pour rendre plus difficile le travail des cellules de lanceurs. Cette offensive au nord n'est en rien contradictoire avec notre opération dans le sud, qui vise à obtenir la libération du soldat Gilad Shalit. Les deux mouvements se complètent. Nous n'avons pas fixé de limite de temps à notre offensive et nous ne comptons pas nous retirer avant que nous ayons de bonnes raisons de penser que nous avons atteint nos objectifs. »
    « « Nous ne pensons pas qu'Israël veuille réoccuper Gaza, estime Rafic Husseini, le chef de cabinet du président palestinien. Au contraire, l'idée forte qui fonde toute sa stratégie depuis le désengagement de septembre dernier consiste à ne plus rien avoir à faire avec les Palestiniens. Les Israéliens ont décidé que l'unilatéralisme était la solution à leurs problèmes, au détriment des négociations. Ainsi, les dirigeants palestiniens modérés ne trouvent-ils plus de partenaires en Israël. Et la population, voyant que la raison n'aboutit à rien, se tourne vers le radicalisme. » »
    Cyberpresse
    Israël intensifie son offensive à Gaza avec plusieurs raids et incursions
    Adel ZAANOUN — AFP
    « GAZA — L'armée israélienne a intensifié son offensive contre la bande de Gaza dans la journée de mardi, puis dans la nuit, avec plusieurs raids aériens et incursions terrestres qui ont alourdi le bilan des victimes à près de 60 Palestiniens tués en moins d'une semaine.
    « Le Premier ministre palestinien du Hamas Ismaïl Haniyeh a qualifié "d'agression, sous de faux prétextes" l'opération "Pluies d'été", lancée le 27 juin par Israël pour libérer un soldat, le caporal israélien Gilad Shalit, capturé deux jours plus tôt, et tenter de stopper les tirs de roquettes artisanales contre son territoire.
    « "Le caporal israélien "kidnappé" Gilad Shalit n'est que le prétexte à une tâche planifiée depuis des mois", a affirmé M. Haniyeh dans un texte publié par le journal américain Washington Post.
    « "L'invasion actuelle de Gaza n'est que le dernier effort en date en vue d'anéantir les résultats d'élections libres et justes tenues au début de l'année", estime-t-il.
    « M. Haniyeh a par ailleurs mis en garde contre une "tragédie humanitaire" dans la bande de Gaza, lors de la réunion hebdomadaire de son gouvernement.
    « Le président palestinien, Mahmoud Abbas, de retour à Ramallah après une visite en Jordanie, a de son côté appelé à la fin des "actes barbares".
    « "L'agression israélienne doit s'arrêter et Israël doit cesser de viser les civils et les institutions civiles. Les actes barbares doivent s'arrêter", a-t-il dit.
    « L'organisation humanitaire Médecins du monde (MDM) a par ailleurs demandé mardi au gouvernement israélien de "cesser ses attaques sur les civils palestiniens" et dénoncé une dégradation de la situation sanitaire à Gaza depuis l'incursion israélienne. »

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    Deux réactions opposées à des articles précédents sont publiées dans Le Devoir ce qui marquera la fin de cette première tranche de notre couverture :

    Le Devoir, Idées, en réponse de l'arcticle du 27 juin ;
    Un nouveau négationisme
    , André Le Corre ; Membre de PAJU (Palestiniens et Juifs unis)
    « Tous ceux et celles qui sont épris de paix et de justice pour le Moyen-Orient n'ont pu qu'être atterrés de lire dans Le Devoir, sous la rubrique «Libre opinion», l'article du professeur Jean Ouellette intitulé « Aimer ou démoniser Israël ? ». Se montrer plus sioniste que les sionistes est un tour de force que M. Ouellette réalise avec la plus grande mauvaise foi et le cynisme le plus total.
    « Il ne vient à l'idée de personne de sensé de nier l'Holocauste et la réalité des chambres à gaz où périrent six millions de Juifs. Le faire, c'est s'exposer, à juste titre, à être poursuivi par la loi. Or le professeur Ouellette passe complètement sous silence la Nakba (mot arabe qui signifie catastrophe) qui a chassé de leurs maisons et de leurs villages près de 3 700 000 Palestiniens depuis 1948, sans compter tous ceux qui furent purement et simplement massacrés. Est-ce là «le rêve nostalgique de Sion» dont nous parle M. Ouellette ?
    « Mais laissons plutôt la parole à un collègue de M. Ouellette, le professeur Arnon Sofer, professeur de géographie à l'Université de Haïfa (cité par le Jérusalem Post du 21 mai 2004) : « Quand 2,5 millions de personnes vivront dans l'espace clos de Gaza, cela va être une catastrophe humaine. Ces gens deviendront encore plus animaux qu'ils ne le sont aujourd'hui avec l'aide d'un islam fondamentaliste dément. La pression à la frontière sera effrayante. Ce sera une guerre terrible. Alors, si nous désirons demeurer en vie, nous devons tuer, tuer et tuer. Toute la journée, chaque jour. Si nous ne tuons pas, nous cesserons d'exister. La seule chose qui me préoccupe est comment faire pour que les garçons et les hommes qui auront à faire cette tuerie soient en mesure de rentrer chez eux, avec leurs familles, et demeurer des êtres humains normaux. »
    « Ce qui se passe actuellement à Gaza est, malheureusement, la triste illustration de cette épouvantable prophétie. Il n'est pas nécessaire d'en dire plus pour démontrer où peut mener une idéologie telle que le sionisme. »
    Le Devoir, Idées, en réponse de l'arcticle du 5 juillet : Urgence en Palestine : le Canada doit agir ! ;
    Les irréductibles
    ; Julien Bauer, Professeur au Département de science politique — UQAM
    « Le Devoir a publié un texte signé par une dizaine de personnes, dont plusieurs professeurs d'université, pour blâmer Israël de la situation au Proche-Orient. À les croire, non seulement le Hamas n'est pas coupable mais, bien mieux, il est victime des méchants Israéliens.
    « Histoire récente, vous avez sans doute entendu parler du retrait total d'Israël de Gaza, en août dernier, retrait de l'armée et de la population civile israélienne. Les signataires du texte n'en soutiennent pas moins que Gaza est toujours occupé. Pour eux, l'attaque du Hamas contre une installation militaire en Israël, à l'extérieur de Gaza, est légitime car l'armée israélienne est une armée d'occupation même en territoire israélien. Cette terminologie n'est pas une erreur. Tant de collègues ne peuvent être aussi ignorants.
    « Lorsque Israël s'est retiré de Gaza, les Palestiniens ont eu l'opportunité de montrer comment ils pouvaient gérer leur propre État. On a vu ce que cela a donné : destruction par les Palestiniens eux-mêmes des infrastructures agricoles créées par les Israéliens, élection d'un gouvernement jusqu'au-boutiste, poursuite des attaques quotidiennes contre la population civile israélienne, bref la preuve que les Palestiniens préfèrent la guerre à la paix.
    « Même ceux qui ont des sympathies pour les Palestiniens se posent des questions. Nos irréductibles ne se posent aucune question. Ils savent que, quoiqu'il arrive, ils continueront à blâmer Israël. »



    Le 12 juillet marque un tournant dans la crise en Israël. Comme on a pu le constater, Israël a essuyé des critiques virulentes pour sa réaction effrénée au rapt d'un seul soldat à la limite de Gaza. Mais cela n'était qu'un prélude pour ce qui se tramait dans le nord. L'escalade s'en­suit par l'enlèvement de deux autres soldats à la frontière du Liban qui va créer le chaos total.

    Malgré les efforts d'impartialité dans le décompte des événements jusqu'ici en tentant d'exposer toutes les positions, l'objectivité doit faire ressortir les faits comme ils sont relatés ; et la capacité de lire entre les lignes. Si les circonstances penchent majoritairement vers une lecture plus indulgente pour un camps qu'à un autre, cela doit obligatoirement ressortir.

    Trois jours après la crise à Gaza, le 28 juin on a vu que déjà : « L'armée israélienne a été mise en état d'alerte renforcé mercredi à la frontière avec le Liban [...]. Cette mesure a été prise de crainte que la milice chiite libanaise du Hezbollah ou d'autres organisations tentent de provoquer une escalade en lançant des attaques dans la région frontalière ». Cette pous­sée vers le nord n'a-t-elle pas pu être une provocation pour d'autres à se joindre à la lutte ?

    Nous apprenions aussi que le 10 juillet, l'armée israélienne aurait été trop lente à réagir à l'incident du 25 juin. Elle avait été prévenue d'une possible attaque, selon le chef de la commission d'enquête, le général Giora Eiland qui a parlé de « défaillance opérationnelle ».

    « Quatre jours plus tôt, l'armée israélienne avait fermé la frontière à des observateurs euro­péens, évoquant la crainte d'une attaque palestinienne. Le chef de la commission d'enquête a confirmé que l'armée était en possession d'informations lui permettant d'anticiper de tels problèmes. » Cela ajoute beaucoup de crédibilité aux thèses du Hamas qu'Israël cherche noise et joue du muscle pour tirer profit du conflit. Nos pensées vont vers Noam Shalit, père du soldat capturé. Il appelle lucidement à la négociation, à l'échange de prisonniers et rap­pelle que : « On ne pourra pas régler le problème du Moyen-Orient sur le dos de mon fils. »

    L'état de la situation au 12 juillet
    Couple A : La situation va en empirant, malgré le retrait d'Israël de la bande de Gaza, et elle va atteindre des niveaux encore plus affligeants avant qu'elle s'améliore, si jamais le problème se résout. À cet effet voici un point de vue tempéré qui rejoint une majoritéIX :

    « On peut presque toujours trouver une solution aux problèmes politiques. Pourtant, au Proche et Moyen-Orient deux problèmes semblent insolubles, posant des équations impossibles à résoudre : L’éternel conflit israélo-palestinien et, maintenant, la question irakienne.
    « En Palestine occupée, deux peuples revendiquent la même terre. Des deux côtés, les opposants sont polymorphes, allant des modérés qui voudraient s’entendre, aux radicaux extrémistes qui font parler les armes et sauter les bombes. Ces derniers considèrent le problème comme un jeu à somme nulle, où il faudra un gagnant qui aura tout et un perdant qui n’aura rien. Mais le Hamas peut-il raisonnablement espérer faire quitter tout le pays aux colons juifs, et les extrémistes sionistes pensent-ils éliminer tous les Palestiniens ? Les Palestiniens veulent un État, et les Israéliens veulent la sécurité. Les Palestiniens n’auront leur état que lorsque les Israéliens auront la sécurité, et les Israéliens n’auront la sécurité que quand les Palestiniens auront leur état. Ce sont les contraintes des équations à résoudre, qui doivent être acceptées des deux côtés. Comme cela fait plus d’un demi-siècle que tout le monde le sait mais que personne n’arrive à se mettre d’accord, on se demande s’il est encore permis d’espérer. »

    Chute sans fin
    Que de mots pour tenter d'éclairer tant soit peu un état de faits au dénouement inquiétant. Merci d'être encore là si vous l'êtes toujours. Et nous n'avons même pas aborder la conjonc­ture du Liban qui a embrasé la planète de réactions d'indignation ou d'accolades : des postu­res exacerbées, de la désinformation, de la manipulation éhontée, une diffamation haineuse.

    Le couple A est assiégé de part et d'autre par le terrorisme. Il est une façon d'interpeller sur les grandes détresses que vivent des pans et peuples entiers non sans sans le justifier d'aucune manière. Si on s'attaquait à éradiquer les causes, peut-être si nous pouvions régler quelques récriminations justes, alors peut-être que le terrorisme s'en trouverait diminuer.

    Trouver le problème à la sources oui mais le problème c'est de trouver la source. Ou parlons plutôt de racines, nervures, qui courent dans toutes les directions en un treillage inextricable. Mais aussi des gros cordages qui causent fissures et cassures au sous-sol, aux fondements du bâtiment commun. Les déraciner exigent des béliers mécaniques, des fixes drastiques.

    Fixe ! Interj. : commandement militaire prescrivant de se tenir immobile => garde-à-vous ; le Robert illustré. C'est de cela qu'il faudrait parler ; plus qu'un cessez-le-feu mais bien d'un garde-à-vous qui devient de facto fou d'immobilisme au lieu des fous de Dieu. Le problème au Proche-Orient est insoluble parce que l'on se répond « de la bouche de mes canons ».

    La loi du Talion atteint là-bas une démesure inégalée. Le plus fort veut imposer sa force en exigeant que l'autre se désarme tout en conservant et en augmentant sa capacité de frappe, de punir. C'est insensé. Les deux belligérants doivent être désarmés, par une nouvelle armée multi-nationale au casque rouge qui frappe, guerroie — suggestion entendue sur les ondes d'une radio — et non par des casques bleus qui font des signes de la croix quand on les vise.

    Mais tout ça est du vent, l'industrie de l'armement est trop profitable, plus que celles des hautes finances, pharmaceutiques, des monopoles d'États, etc. Mais justement, on désarme par les armes et l'industrie s'en trouve sauve. On peut rêver que la guerre éradique la guerre !

    Le couple B n'est pas en meilleur état et les issues tout aussi ambiguës. On parle ici d'un couple « de souche », souche dont l'essence même est de pourrir en lieu et place où l'arbre qu'elle sustentait est abattu. Notre couple n'a plus de racines, croupit, se crampe autant dans des positions immuables, irréconciliables, refusant aussi de voir la position de l'autre. Cela ne veut pas dire que les deux camps sont d'égal à égal, que chacun doit concéder moitié-moitié.

    L'exercice peut être plus ardu et complexe pour un camp que pour l'autre, stimulant au déni. Des relents au Québec font qu'on accepte difficilement qu'un puisse jouir d'avantages sur le groupe : « Pour qui tu te prends ? ; T'es pas mieux que moi ou qu'un autre ! », expressions courantes du dialecte local. Encore un legs du catholicisme qui rend tous égaux sous Dieu.

    Il n'est pas nécessaire de se bonifier pour soi mais de regarder si l'autre fait quelque chose qui le démarquerait, le ferait sortir du lot, du troupeau. Alors là non ! Il ne peut pas être meil­leur ou ce n'est qu'un vaniteux, un vulgaire qui brise les rangs. Hypocritement et ouvertement, celui qui se singulariserait en mettant honnêtement à profit pour lui et sa famille des attributs qui dépassent la masse est rabaissé. Ça se vit à tous les niveaux : du couple et du peuple.

    Il faut bien dire que ceux qui l'ont fait maladroitement, malhonnêtement ont été et sont encore si nombreux que la critique est inévitable devant tant d'évidences de pitreries. Toujours la maudite survie qui a tant rendu des nôtres à se subordonner devant une autorité usurpée.

    Notre couple a beaucoup de chemin à parcourir, pour voir et reconnaître des forces distinctes qui se complètent plutôt qu'elles se rivalisent. Il y a un gros travail pour en arriver là, une con­frontation continue, une petite guerre au quotidien. Une lutte que guère relèvent, qui laissent faire, abdiquent ou se séparent, aux dommages dévastateurs pour nos enfants, notre avenir.

    Les hommes ont subi et souvent subissent encore les critiques au Québec : des « lâches, irresponsables, pouilleux, chiens sales, paresseux, souillons, ivrognes, etc. ». Il peut aimer à la folie et au premier contre-coups, devenir laid, se faire dire « tes mousses tu ne les verras plus, « décrisse d'icitte », Fathers for justice preuve extrême que ça existe. Son opposé aussi.

    Des grandes gueules de la radio disent qu'une large frange des femmes souffre d'un déficit mental : de l'ineffable Roger Drolet qui parle du « bag », qu'on ne les confronte pas, jamais ! ; du grossier Pierre Mailloux qui dit vouloir déboulonner le mythe de la sainte mère au Québec : d'aucunes seraient des « chiennes, vaches, torches » qu'il faut rejeter tel du papier-cul souillé.

    Beaucoup ont cessé d'évoluer au Québec comme les messieurs précédents. Ils deviennent fous-furieux, dégénérant toujours plus en vieillissant et qui n'ont rien à envier aux aliénés fa­natiques et aux faucons de la guerre du Proche-Orient. À la guerre comme à la guerre. Toutes les techniques de guérilla sont permises ici comme là-bas. Il faut choisir ses guerres et la plus proche devient la priorité pour sa survie en propre et collective, ne laissant personne en plan.

    Le but visé est de faire en sorte que le plus grand nombre soit un peu plus sur la même lon­gueur d'onde et qu'il croît. Il faut choisir les points d'attaque à mettre en branle, les batailles prioritaires à mener. Notre combat sur le plan personnel est simple à entreprendre ; ne pas accepter les inégalités flagrantes au sein des cellules familiales, et par extension au sein de toute la société. Quant au Proche-Orient, ils auront encore beaucoup de sang sur les mains avant que leurs inégalités s'amenuisent. Que nous nous désolions et fustigions le fanatisme s'ils s'entre-tuent n'y changera rien. Ils sont fous et nous aussi. Attaquons-nous à notre folie.

    Paul p. Pluteau/PpP


    I
    La naissance d'Israël et ses conséquences ; David Ben-Gourion 14 mai 1948, Med Intelligence
    II
    III
    Naissance d’Israël : 14 mai 1948 ; Kamuko, OULALA.net, 20 juin 05
    IV
    Palestine, L'institut du Monde Arabe
    V
    Les Palestiniens, un peuple privé de ses droits, François Grégoire ; Professeur de sciences politiques au Cégep Édouard-Montpetit ; Essai, Montréal, Lanctôt Éditeur, 2004, 187 pages
    VI
    Propos tirés de : L'héritage de Duplessis
    VII
    Israël a 50 ans ; Aïda Zénova, Sophie-Hélène Lebeuf
    VIII
    IX
    Les équations impossibles du Proche-Orient. ; Meursault OULALA.net, 28 août 03

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