

L'Écho réverbère ; il éclaire ; P p. P ...FINAL
Avant-propos
Chers lecteurs. Nous adressons nos bons voeux au peuple américain aujourd'hui. Une grande nation qui peut être fière de son passé ; un peu moins de son présent. En bon voisin, nous leur ferons la courtoisie de leur parler dans leur langue. Restez avec nous ; bear with us.
We commit today our first English post. It is for you fellow Americans. We cannot expect that you speak or read French. Too bad. For you ! Thus, we'll endeavor to address ourselves so that the two of us understand one another. We mean you well; we'll tell you only simple facts.
You've been endowed with great geography, great leaders, great history. You were also lucky to have La Fayette for your war of Independence, De Tocqueville to scrutinize your new-born democracy. The French savoir-faire now comes from the north to our great enjoyment.
Thus today, it's from us. We're proud to be your neighbor and Canadian. Or rather Québécois. You all know Celine or Le cirque du soleil. We're from the same place. We're up to big changes up here. Québec is in the process of becoming a country, a Cuba to the north!! You have nothing to fear from us. We're a gentle, friendly giant that likes doing things his own way.
We're not much alike, far from it. We like simple things ; you like power and dominance. This is not our bag. We're a people of the world. Whatever happens on this small planet affects us.
Guantánamo is a big drawback for us to liking you more. The day we heard that there were three hangings, that was a real shocker; a heart breaker. We've seen reportages of how things are like out there. People are treated less than humans. This we can't accept up here.
We wish you a best Fourth of July in any case. You can use all the goods wishes that come by. They're far and few in between. What you've done in last five years, your war on terror, has been the worst. And your president, yes him. You know what he's been called up here: george W. B.U.S.H.; george Will Bust the United States to Hell. Yes that bad. He's discredited. He's yours to have and to keep. We're getting to have a look alike up here: Stephen Harper.
Before we leave you, we do mean to congratulate you for your liberal press. A major debate just went on about the right to flag burnings. The Republicans favor an amendement to the constitution to limit rights and made all kinds of faulty, smarmy patriotic statements. The Democrats opposed and rightly so. The senators went on debating for two days. In the end, reason prevailed: "No act of speech is so obnoxious that it merits tampering with our First Amendment. Our Constitution, and our country, is stronger than that." Flagging Rhetoric; Once again, the Senate celebrates the Fourth of July the wrong way; Washington Post, 03 July, 07.
Last Saturday , 01st of July was National day of Canada. A week before, the 24th of June was St-John-the-Baptist or Quebec holiday. Here in Québec, we celebrate the survival of a French speaking people forming only 2 % of the population on the continent, drowned in a sea of English speakers. We look up to you for your independence that was hard fought and a day will come that we'll join you in the concert of nations. Until then, happy Fourth of July and Cheers.
À droite toute
Ce qui se passe aux États-Unis est un retour du balancier de la gauche ou libéral comme elle est connue aux É.-U., vers une droite extrême, religieuse, extrémiste. Les néo-conservateurs, tels qu'on les connaît, sont en mission commandée, guidés par des principes de la loi et l'ordre, d'une uniformisation des moeurs selon des schèmes de pensée unique, du crois ou meurs.
Bien sûr tous ne le sont pas mais ils sont majoritaires. Bush a fait un tort immense à l'estime, à la réputation internationale de son pays. Oh bien sûr, au début de la guerre, il jouait au cow-boy ; on se rappelle tous de son « Wanted, dead or alive » à propos de bin Laden, incantation passéiste écrite comme sur un écriteau poussiéreux dans son Far West du Texas.
Hé bien, bin Laden court toujours, la guerre en Afghanistan ressemble plus à de la surveillance et à de la protection de champs de pavot, plante de la cocaïne, qu'à une chasse aux terroristes. Et que dire de l'Irak? Les conditions ont-elles amélioré dans un ou l'autre de ces deux pays? Minimalement, pour un groupe restreint de la population. Parce que c'est ça la droite.
La guerre appauvrit encore plus les pays. C'est un sauve-qui-peut en laissant pour compte la grande majorité. Les conjonctures actuelles ne pourront jamais permettre la montée d'une classe suffisamment aisée et nombreuse pour permettre que l'entraide et la compassion y émergent. Des régimes belligérants durant des millénaires ne se réforment pas par la guerre.
Avant d'aller plus avant, voyons un aperçu de ce qu'un expert, Donald Cuccioletta [DC] de la Chaire Raoul-Dandurand disait ce matin en entrevue avec André Ducharme [AD] au 98,5FM :
[AD] – La guerre en Irak, c'est semblable au Vietnam présentement aux États-Unis – Il semble que l'opposition se lève et parle très fort là-bas.
[DC] – Les américains se posent beaucoup de questions. À chaque fois qu'on s'en va en guerre, on se pose beaucoup de questions aux É.-U. Au début, tout le monde se sentait solidaire, une espèce de censure de la part de la presse, même du NYT ; aujourd'hui Bush n'a qu'autour de 30 % d'appui.
[AD] – Les É.-U. ont a un espèce de monarque en quelque sorte.
[DC] – Sous Nixon, on avait une présidence impériale et c'est un peu la même chose avec Bush. La Cour Suprême vient de le ramener à l'ordre avec la question de Guantánamo. Les Américains se tournent vers leur histoire en moment de crise, on tente de se ressourcer dans les grands hommes. On tend à revenir à des valeurs humaines, pastorales je dirais même.
[AD] – Un nation qui a toujours su rebondir ?
[DC] – Ils se basent sur les forces et les faiblesses. Les É.-U., c'est un laboratoire pour le reste du monde. Ils essaient. Il se passe des choses avant tout le monde. Il faut prendre le meilleur et laisser le reste.
[AD] – Beaucoup a changé depuis 2001 et qui va encore changer beaucoup dans les prochaines années ?
[DC] – On veut mettre les doigts dans tous les gâteaux du monde. On parle de l'Iran, de la Corée du Nord, etc. Il faut faire la distinction entre le gouvernement et la population. C'est pas un peuple guerrier ! Après quelques années, c'est : brings the boys home. Ils sont très portés sur les questions locales. Présentement, c'est la question de l'immigration avec le Mexique. Tout ça, le laboratoire que constitue les É.-U., tout est là finalement.
M. Cuccioletta est très critique et en même temps, tendre envers sa nation. Nous le sommes aussi. Nous sommes, sur ce site, « une mouche du cocher » : elles embêtent et empêchent que ça aille d'avant sans qu'on ne dise mot sur le trajet ; la route à prendre et la destinée.
Cela a toujours été la position du Canada jusqu'à janvier dernier, avant l'élection de Harper. Cela a été aussi la position de la France avant le déclenchement de la guerre en Irak et les hauts faits d'armes de son ministre des Affaires étrangères de l'époque : Dominique de Villepin. Nous n'épiloguerons pas la dessus aujourd'hui ; voir george W. B.U.S.H., 19 oct. 95.
Les Étasuniens sont réputés comme étant les plus patriotiques au monde ; c'est une orgie de drapeaux partout en tout temps et plus encore jour de Fête. C'est une pathologie attrapée et imitée par les Canadiens à la Sheila Copps ; à ne pas mêler avec notre emploi du fleurdelisé.
Nous avons, Canadiens d'adhérence française — CAFs — le patriotisme extérieur beaucoup plus modeste ; mais non moins bouillant pour nombre d'entre nous ; il est encore en devenir.
Tendances lourdes
Pourquoi les É.-U., le Canada après lui, tout l'Occident s'enfoncent-ils dans le libéralisme à outrance, propulsé par une mondialisation néo-conservatrice aux tendances fascisantes ? Pour ses vertus, il en a. Mais ses impairs sont si grands que l'inquiétude croît. Voyons ses vertus.
La droite encourage l'effort, la débrouillardise, l'ardeur au travail, le mérite. Ces traits de caractère sont tantôt innés tantôt acquis. Un espace d'échange pour permettre à tous de faire valoir leurs talents est mis en place, condition essentielle pour la libre concurrence. C'est le libre-marché. Sa grande faille : il ne peut fonctionner sans une forme d'humanité et de respect.
Ces valeurs tendent à disparaître dans nos sociétés occidentales avec la montée de la droite, de l'extrême droite, du chacun pour soi. Quand c'est une lutte constante pour se faire valoir et reconnaître péniblement, on ne pense pas aux autres. Il ne s'agit pas d'être moralisateur ici.
Nous relations dans ces pages, le 30 mars, CPE — Coupure du politique [...] des écrits d'un blogueur français, Thierry Demos Sanchez, dont nous rapportions l'acharnement pour la justice sociale. Nous le faisons encore aujourd'hui avec un texte portant sur Wal-Mart, entreprise phare des É.-U., et des séquelles de Katerina dans un texte daté du 29 déc. 2005. Voici :
Utopie capitaliste et haine du pauvre...
« [...] Bush a promis de reconstruire la Nouvelle-Orléans « plus grand et mieux ». Déjà les entreprises privilégiées du président comme Halliburton, Shaw et Blackwater Security, spécialisées dans le capitalisme de catastrophe, commencent à bénéficier de cette reconstruction tout juste repus des profits colossaux engrangés sur les rives du Tigre en Irak.
« Elles profitent de ce marché du malheur pour purifier la ville de sa population noire et pauvre, la reléguant dans les bayous pour ériger notamment à la Nouvelle-Orléans, un nouveau Disneyland du jazz. Après avoir échoué à transformer l'Irak en « un laboratoire du néo-libéralisme », les Étasuniens cherchent à faire jaillir des ruines de Katrina une véritable utopie capitaliste sur le dos de millions de gens.
« « Nous allons faire du littoral un pôle d'attraction magnétique pour la libre entreprise. Pas question de reconstruire une Nouvelle-Orléans dominée par le secteur public. » (J. Wilke 15/09/2005 au Wall Sreet Journal)
« « Enfin les cités de la Nouvelle-Orléans ont été nettoyées; ce que nous n'avons pas su faire, Dieu s'en est chargé. » Autre déclaration du célèbre républicain louisianais R. Baker qui révèle l'égoïsme de la classe politique néo-libérale, qu'elle soit blanche ou noire, parfaitement insensible au sort de leurs concitoyens pauvres des cités délabrées et des zones marginales.
« Elle révèle outre sa nature égoïste, une haine du pauvre qui dépasse l'entendement car même la Bible avait au mieux pris la peine de s'émouvoir du sort des indigents (selon la Bible les pauvres souffrent sur terre, mais ils seront récompensés au Paradis de sorte que les riches jouissent de leur richesse tout en enviant les pauvres pour leur félicité dans l'au-delà). »
Dérive étasunienne, occidentale
Le Journal de Montréal d'aujourd'hui décrit des cliniques aux É.-U. où l'on peut, par manipulation génétique, choisir le sexe d'un futur enfant pour 18 000 dollars US. C'est de l'eugénisme à la troisième Reich ; à la Himmler, Goebbels, Göring, etc. et le maître à pensée, Hitler.
Nous achevons en citant l'un des plus grands économiste du 20ième siècle ; J.K. Galbraith : « La mondialisation n'est pas un concept sérieux. Nous l'avons inventé pour faire accepter notre volonté d'exploiter les pays placés dans notre zone d'influence. » Sa pensée tend à être oubliée, obnubilée dans un discours néo-conservateur du tout est permis. Nous sommes une société d'hyper-consommation, du rien n'est trop beau, d'un narcissisme blasé, qui font peur. Échange type : « Plus tu as de l'argent, plus tu en veux » et dire « C'est pas vrai » est mentir.
Le blâme pour la tendance actuelle ne repose pas uniquement sur le néo-conservatisme, loin s'en faut. Il est surtout un solide retour du balancier en contrepartie de la tendance néo-libérale d'auparavant ; reconnaissons tout de même une excès marqué de la troupe de Bush. Le grand coupable c'est la cupidité, la rapacité du genre humain qui se complaît dans l'égoïsme.
Il faut un art certain pour monter au sommet mais visé haut n'est pas synonyme d'une fuite vers un eldorado qu'on exalte par convoitise. La droite oublie vite son penchant à la compassion qu'elle dit détenir. La gauche devient vite caviar au pouvoir. Tous se vautrent benoîtement.
Nos sociétés gratifient les talents monnayables. Ceux qui en disposent les exploitent à outrance. C'est une course à la fortune jamais rassasiée qui fait figure de réussite. Les moins veinards, qui s'arrangent. Le rôle de régulation de nos sociétés est escamoté. Chacun de nous peut agir pour qu'il soit recentré dans l'effort et la générosité. On ne pourrait mieux se souhaiter.
Notre monde, toute société est repu de talents, tous méritoires qu'ils sont. S'ils pouvaient s'exercer plus, se réaliser sans lutte inutile et déstabilisatrice, nous côtoierions la terre promise.
Paul p. Pluteau/PpP | Pour revenir au menu |