Écho populaire

L'Écho réverbère ; il éclaire ; P p. P ...
31 juillet, 2006
« La religion [la guerre] des peuples » — Israël, un cas d'espèce
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FINAL

Les sujets à aborder ne manquent pas et en cette fin du mois, nous ne pouvons qu'aborder le sujet de l'heure : la guerre au Proche-Orient. Vous savez que nous prisons les thèmes constructifs dans ces pages. À prime abord, le sujet d'aujourd'hui semble des plus rébarbatifs. Il l'est ! Comment se faire une idée sur ce qui s'y passe sans partis pris ? Comment ne pas tomber dans le jeu de la propagande et se voir accuser d'extrémistes, de part et d'autre ?

Notre revue positive des événements n'en souffrira pas trop pour autant. Nous allons contrer certains arguments mensongers, ce qui est déjà un pas en avant. Un fois les constats mieux établis, nous éluciderons ce que nous croyons être des voies et contributions pragmatiques.

Les points de vues exprimés ici proviennent de Québécois à la sensibilité francophone et francophile. Il y a déjà là un point de rattachement avec les compatriotes libanais naturalisés canadiens car ils parlent dans l'ensemble un excellent français. Cela nous distingue de l'axe américano-anglais, incluant le reste du Canada (ROC), plus portés à appuyer le « droit de se défendre » d'Israël, mantra assommoir, non grata, pour éliminer toute contestation d'opinions.

Nous nous y connaissons en « droit de se défendre » au Québec dû à notre long combat pour la survie. Nous parlons ici de combat parce qu'à des exceptions près (le FLQ, groupus­cule sans portée à long terme ou les rébellions de 1837, 38), nos luttes ont été pacifiques.

Il faut lire l'excellent article pour la sauvegarde pour la maison Louis-H. Lafontaine, listant ses hauts faits d'armes des années 1840-50 : La mémoire du passage du Canada à la démocra­tie ; Le Devoir*, Jacques Monet, 27 juil. 06. Aussi à lire l'historique de la guerre au Proche-Orient : La 6e guerre israélo-arabe - Le Canada ne serait-il pas à l'origine de la crise ? ; Le Devoir, Jean-Claude Leclerc, 31 juil. 06 ; Israël « un rempart avancé de la « civilisation » » ?

Constats
Constat 1 : la situation de tout l'Orient, (Proche, Moyen, Extrême) versus la position d'Israël est trop complexe pour que nous en saisissions toutes les agitations et que donc que nous puissions porter un jugement de valeur. Aussi bien nous dire de nous la fermer. Hé bien non !

Il est vrai que les ramifications remontent dans la nuit des temps, bien avant notre ère ap. J.-C. Sujet sans fin s'il en est un mais cela ne signifie pas que même avec une vision plus cour­te, qu'on puisse avoir une idée assez juste. On entend souvent les accusations : « Vous ne comprenez rien » quand ce n'est « vous êtes juste un ignorant » de supposés experts. Ne se­raient-ils pas que des propagandistes, souvent de l'extrême-droite, coupés à tout dialogue ?

Ce sont les plus dangereux dans le débat en cours. Il faudrait être docteur en théologie, en art de la guerre, en Histoire, aux supplices, martyrdom, des peuples, surtout l'élu, pour parler.

Constat 2 : la guerre arabo-juive ou d'Israël serait-elle une guerre sainte ou de religions qui n'auraient d'autres façons pour se résorber que la force militaire et que nous serions obliger de l'accepter ; hé bien encore non ! Nous n'avons pas à être que des simples spectateurs.

Israël est peuplé de sept millions d'Israéliens plongés dans une mer de 300 millions d'Arabes. Qu'est-ce que cela vous rappelle ? Le Québec dans la mer d'anglophones de l'Amérique du Nord ? Là, mettons que nous serions équipés, disons par la Russie ou la Chine, de la bombe nucléaire, des derniers armements technologiques et que, par procuration aux puissances, nous utilisions le Vermont, l'Ontario comme champs de pratique pour vérifier leur efficacité.

N'oublions pas que tout le Canada et les É.-U., selon ce scénario, ne possèdent aucune de ces armes. Nous serions, au Québec les maîtres du continent et tous devraient se plier à no­tre volonté. Nous annexerions de facto les régions limitrophes pour notre expansion. Ah oui, nous nous protégerions contre les attaques aux tire-pois des annexés pour résister tant soit peu en on leur larguant toutes nos bombes sur la tête parce qu'ils sont des « extrémistes ».

Cela ne saurait être possible. Nous n'avons pas une diaspora dans le monde pour nous mon­nayer. Et aucune puissance pour nous utiliser et c'est tant mieux. Pardonnez l'excentricité.

Concernant la bombe nucléaire, la guerre actuelle détourne l'attention, sur la guerre en Irak, sur le désaveu complet des Étasusiens de leur président mais surtout, sur les tentatives de l'Iran de se doter de l'arme ultime. Les propagandistes de la guerre l'accuse justement de soutenir le Hezbollah au Liban pour détourner l'attention, continuer à la fabriquer en catimini.

Justement à ce propos, des pays aussi dangereux, l'Afghanistan, la Corée du Nord et même Israël possèdent la Bombe et en quoi le fait pour l'Iran de l'avoir serait plus hasardeux ? Cela ne rétablirait-il pas l'équilibre des forces, servir de dissuasion ? Voir : Instaurer une guerre froide pour favoriser la paix au Proche-Orient, Le Devoir, Julien Tourreille, 29 et 30 juil. 06.

Constat 3 : le Québec serait antisémite dû à un vieux fond catho remontant à l'Abbé Lionel Groulx des années 1930 et 40 que nous nous serions jamais débarrassés. C'est la thèse développée dans l'article : La bêtise de nos élites ; Le Devoir, Jean Renaud, 29 et 30 juil. 06.

Renaud prend à parti toute l'intelligentsia québécoise, jusqu'au Haut Commissaire aux Droits de l'Homme de l'ONU, Madame Louise Arbour pour avoir montrée un semblant de sentiment envers le mauvais sort subi par les Libanais. Bien sûr, il y a le Hezbollah à combattre mais comme le disait Gilles Duceppe, et les bonnes citations ne sont pas trop nombreuses pouvant lui être attribuées, « on prend un marteau pilon pour tuer une mouche-là ». 98,5Fm, Couvre-feu, 28 juil. 06. Il parlait de « démesure » et d' « exactions » commises par Israël.

Les commentaires ne sont pas tendres au Québec envers Israël, son protecteur les É.-U. et l'appui aveugle de l'actuel gouvernement Harper du Canada. À lire à ce sujet, en autre : Le Canada et le Liban - Barbarie d'un autre siècle ; Le Devoir, Philippe Le Roux, 28 juil. 06.

Les critiques les plus dures proviennent sont sans aucun doute de Stéphane Gendron sur les ondes du 98,5Fm. Il compare la bande de Gaza à un camps de concentration à ciel ouvert, ne comprenant pas pourquoi un peuple qui a tant souffert, les Juifs, fait subir un sort aussi atroce à un autre peuple. Il traite Harper de nez brun, de caniche de Bush, ce dernier d'ex alcoolo, de faux fou de dieu repentant, MacKay, le ministre des Affaires extérieures, de porteur de valises et le pire, il a été juste qu'à déclarer : « Ben le 11 sept. je pense que les A­méricains ont peut-être eu ce qu'ils méritaient. » Les mâchoires tombent littéralement. Ouch !

De dénoncer la servilité des É.-U. aux intérêts d'Israël et de ses conséquences serait un au­tre exemple d'antisémitisme perçu que M. Renaud aurait sûrement aimé ajouter à son brûlot. C'est bien de cela dont il s'agit, peut-être même d'une commande payée. Il s'attribue tous les droits de liberté de parole, d'agir en ne les reconnaissant nullement aux opinions divergentes.

Qui est ce Jean Renaud ? En sous titre de l'article du Devoir, on lit : Directeur de la rédaction, revue Égards. Ah ! Et sur la bannière du site de la revue, y est écrit : « Revue de la résistan­ce conservatrice » Ah, Ah !! On fait ici dans le néo-conservatisme comme pour Le Québécois libre : « Un regard libertarien sur l'actualité », ou pour l'Éloge de la richesse d'Alain Dubuc.

Mais revenons à Jean Renaud ; derrière des diktats de moins d'étatisme, nous en sommes, de plus de liberté aux citoyens, nous en sommes, se dissimule une haine de toute opinion dissemblable et peut-être encore plus, de tout esprit qu'il juge inférieur et négligeable. C'est là où nous différons, furieusement. M. Renaud a décidé de citer Charles-Ferdinand Ramuz en mot d'appel :«L´économique n´est pas tout. L´homme est aussi payé, il est surtout payé, par les égards. » Aussi bien dire la loi du plus fort, les égards étant ce dont on peut arracher.

Les néo-conservateurs se justifient toujours pour la bonne fortune qu'ils chérissent jouir : « On a travaillé fort pour la mériter. » ; « Que les autres fassent comme nous autres. » ; « S'ils sont trop bêtes, qu'ils s'arrangent tout seuls. » Ils parlent de compassion sans qu'on en décèle la moindre parcelle. En cela, ils rejoignent une majorité de la diaspora juive qui chérit et abuse du pouvoir de l'argent. Est-ce antisémite d'avancer qu'ils sont, en majorité, matérialistes ?

Les leçons du passé ne semblent jamais apprises. Le pouvoir de l'argent sert à faire valoir, mais jamais il ne devrait subjuguer ; les pronostics sont trop laids. Voici quelques citations en vrac, dites ce matin au 98,5Fm et qui ne manqueront pas d'enrager un peu plus M. Renaud.

  • Concernant le « droit d'Israël à se défendre » l'argumentaire : « Est-ce qu'on a le droit de toujours avoir raison, de ne jamais se mettre en doute. C'est ça qui mène aux guerres. », Marie-Louis Arseneault
  • « Ça fait très moyenâgeux comme discussion. », Marie-Louise Arseneault
  • « Il n'y a pas de conflits sans confrontations. », un auditeur
  • « Il n'y a pas de solutions tant que Israël sera soutenu par le roi des terroristes « George Bush ». », un auditeur
  • « Le terrorisme a le dos très large et que de plus en plus de personnes fit la description. », André Ducharme
  • « Ce n'est pas du terrorisme mais de la guérilla parce que quand on a juste des lance-pierres pour se défendre, c'est de la guérilla. », un auditeur
  • « Le méchant c'est toujours celui qui essaie de t'enlever ce que tu as. », André Ducharme
  • « Tant qu'il y a pas d'écoute, les gens qui nous appellent monologuent et ça c'est la source du problème aussi. », Marie-Louise Arseneault
Mais tout de même un remerciement à M. Renaud pour nous avoir lancé sur une piste de réflexion. Dans son texte, on y lit : « Beaucoup de catholiques, pratiquants ou non, sont imprégnés d'une espèce de marcionisme inconscient. » Qu'est-ce que cela, marcionisme ?

Nous partageons avec vous le fruit de nos recherches que nous croyons instructives. Nous parlons ici de religion, remontant aussi loin qu'aux ères av. et ap. J.-C. Gardons les choses le plus simple possible. On ne nous accusera pas d'être des bougres, des cancres longtemps.

Généalogie des religions
Nous commençons ici par Marcion** :

  • Marcionisme : Mouvement hérétique dualiste fondé par Marcion au IIème siècle.

MARCION
[.] Marcion du Pont ou de Sinope, hérésiarque de la fin du premier siècle et de la première moitié du deuxième siècle ; condamné comme hérétique par l'Église sous Saint Pie 1er et chassé de l'Église de Rome, il fonda une "Église" dissidente.
[.] La doctrine de Marcion est que le père de Jésus infiniment bon, est un dieu différent de celui de l'Ancien Testament infiniment mauvais...
[.] Marcion rejette donc en bloc l'Ancien Testament comme écriture inspirée et retient que l'Évangile selon Luc, les Actes des Apôtres et dix épîtres de Paul (il ne retient pas, ou ne connaît pas celles à Timothée et à Tite).
[.] Marcion, par cette sélection, va pousser l'Église à se poser la question du canon.

La question du canon est ici importante parce que ce sont les normes ou règles des Églises. « Il désigne dans toutes les religions l'ensemble des textes considérés comme sacrés et régissant le culte. » Ce qu'il y de plus important à retenir et ce à quoi M. Renaud fait sans doute allusion, c'est le rejet de l'Ancien Testament que les Juifs invoque comme la pierre d'assise des revendications israéliennes sur les terres de Judée et du Grand Israël. Mais il y a plus :

SA PENSÉE
[.] Ils jeûnaient le samedi par pure hostilité au dieu juif.
[.] Quand le 'Marcionisme' disparut définitivement, ses adeptes rejoignirent généralement les groupes manichéens.
[.] Marcion était-il gnostique ?

Nous y voilà donc, nous assimiler à Marcion, c'est nous déclarer antisémites. Mais qui sont les manichéens et les gnostiques ?

  • Manichéisme : Doctrine religieuse de Manès, selon laquelle il y a deux principes premiers, le Bien et le Mal. • Conception dualiste et simplificatrice qui considère les choses soit comme bonnes, soit comme mauvaises.

Manichéisme*** : Son principe est la lutte du Bien et du Mal, du royaume de la Lumière et de celui des Ténèbres, de l'esprit et de la matière. L'homme a été créé par un démiurge mauvais, donc le corps fait de matière est mauvais, il est le mal originel. Par contre l'âme est un fragment de Lumière enfermé dans le corps, dont elle essaie de se libérer. Il faut donc renoncer au monde et pratiquer l'ascétisme pour se spiritualiser et parvenir à la libération de l'âme qui est l'objectif premier du manichéisme.
La gnose, "connaissance réelle" peut donner l'illumination.
Le manichéisme se développa en Iran, à Rome, en Gaule, en Chine, avant d'être éliminé par christianisme, l'islam et le bouddhisme. Cependant certaines formes du manichéisme subsistèrent dans le courant augustinien, dans le jansénisme et chez les cathares.
Le terme manichéisme s'emploie également au sens figuré pour une doctrine, une vision de la réalité ou une opinion opposant le Bien et le Mal.

Démiurge : divinité créatrice et organisatrice du monde. Nom donné par Platon (La Timée) au Dieu organisateur qui créa le monde à partir de la matière préexistante. Dans le gnosticisme, c'est une divinité têtue, irascible et ignorante, émanée du vrai Dieu, et la cause du mal par sa création désastreuse qui mêla la matière à l'étincelle divine.
[.]Par extension, le démiurge désigne en littérature le dieu créateur dans diverses cosmogonies.

LA BASE DU MANICHÉISME
La base du manichéisme est de diviser l'univers en deux :
• d'un côté le bien et le royaume de la lumière
• et de l'autre le mal et le royaume des ténèbres
[.] Selon le manichéisme, la lumière et les ténèbres coexistaient sans jamais se mêler. Mais suite à un évènement catastrophique, les ténèbres envahirent la lumière. De ce conflit est né l'homme, son esprit appartient au royaume de la lumière et son corps (la matière), appartient au royaume des ténèbres.
[.] Cette lutte entre le bien et le mal est le fondement du manichéisme. Pour qu'un homme puisse une fois sa mort arrivée atteindre le royaume de la lumière, il faut qu'il abandonne tout ce qui est matériel.

LA VIE DES MANICHÉENS
Deux groupes de manichéens existaient :
• les élus : qui passaient leur temps à prêcher, pratiquaient le célibat et étaient végétariens. Après leur mort, les élus étaient assurés d'atteindre le royaume de la Lumière ;
• les auditeurs : ils devaient servir les élus, pouvaient se marier (mais il leur était déconseillé d'avoir des enfants) et pratiquaient des jeûnes toutes les semaines. Après leur mort, les auditeurs espéraient être réincarnés en tant qu'élus.
[.] Pour que le royaume de la lumière triomphe sur les ténèbres, il faut que tous les élus et les auditeurs atteignent le royaume de la lumière. En réalité, ce n'est pas vraiment un triomphe que les manichéens recherchent, mais un retour à l'état originel, la séparation du bien et du mal. Car selon le manichéisme, il est impossible de triompher du mal, car le mal est indestructible. Le seul moyen d'être totalement dans le royaume de la lumière, c'est de fuir les ténèbres.

On comprend pourquoi les manichéens n'existent plus, décourageant d'avoir des enfants. Peut-être que c'est ce que M. Renaud voulait aussi dire de la perdition des Québécois. Plutôt était posée la question du gnosticisme de Marcion. Voyons ce dont il s'agit mais avant le dualisme :

  • Dualisme : Système religieux ou philosophique admettant deux principes opposés.• Caractère de ce qui se compose de deux éléments.

Dualisme : doctrine religieuse selon laquelle la réalité, la matière et l'esprit, le corps et l'âme sont constitués de deux principes antagonistes, le Bien et le Mal, en lutte perpétuelle l'un contre l'autre, le bien finissant par l'emporter. Le zoroastrisme repose sur le dualisme.
En philosophie, le dualisme correspond à la description, pour un domaine donné, de deux entités, deux principes inséparables, nécessaire et irréductibles l'un à l'autre et qui coexistent depuis l'origine (ex: esprit et matière).

DUALISME
[.] En philosophie de l'esprit, le dualisme se réfère à une vision de la relation matière esprit fondée sur l’affirmation que les phénomènes mentaux possèdent des caractéristiques qui sortent du champ de la physique. L’idée de la dualité corps/esprit est vraisemblablement apparue chez l’homme en même temps que l’homme lui-même, lorsqu’il a commencé à émettre l’hypothèse de l’existence d’une âme incorporelle (ou esprit), vecteur de son intelligence et de son savoir. Ces idées apparaissent pour la première fois dans la philosophie occidentale avec les écrits de Platon et Aristote, qui affirment, pour différentes raisons, que l’ "intelligence" de l’homme (une faculté de l’esprit ou de l’âme) ne peut pas être assimilée ni expliquée par son corps matériel.
[.] La version la plus connue du dualisme a été formalisée par René Descartes (1641), qui a soutenu que l’esprit était une substance immatérielle. Descartes fut le premier à assimiler clairement l’esprit à la conscience, et à le distinguer du cerveau, qui est selon lui le support de l’intelligence. Ainsi, il a été le premier à formuler le problème corps/esprit de la façon dont il est présenté aujourd’hui.

Cette définition philosophique s'accompagne d'une autre**** : « Dieu et Satan sont co-éternels, il y a le bien et le mal, l'esprit et la matière : il nous faut aider le bon coté pour le triomphe du bien. » Et maintenant au gnosticisme :

  • Gnosticisme : Doctrine des gnostiques (hérétiques d'Égypte et de Syrie qui suivaient la gnose, c'est-à-dire un système mêlant les doctrines orientales et les idées chrétiennes.• Pour le gnosticisme, seule l'expérience intérieure de l'initié est susceptible de reconduire à la connaissance de Dieu et de soi-même.

Gnosticisme / gnostique : doctrine philosophique et religieuse fondée au début du christianisme et portée par plusieurs sectes chrétiennes hétérodoxes. Elle est basée sur l'ésotérisme, l'intuition et l'illumination soudaine. Ce n'est pas une religion proprement dite, mais une doctrine née de la rencontre d'influences judaïques, chrétiennes et hellénistiques. Le gnosticisme oppose la matière, créée par un démiurge mauvais (éon déchu) représentant le mal, et le spirituel représentant le bien. Dans ce dualisme, le salut de l'homme passe par le rejet de la matière et par la connaissance de l'absolu et des choses divines (la gnose). Ce mouvement a eu une influence durable en Asie, sur le pourtour de la Méditerranée et en Europe centrale, notamment au Moyen Age.

L’ORIGINE DES GNOSTIQUES
[.] Gnose signifie « connaissance parfaite ». Ce qui caractérise les mouvements gnostiques n’est pas cette « connaissance », que d’autres traditions prétendent aussi posséder, mais plutôt la définition de Plotin : « Ceux qui disent que le Démiurge de ce monde est mauvais et que le Cosmos est mauvais ».
[.] Devant les prétentions extravagantes de certains auteurs gnostiques, les Pères de l’Église, suivis par les historiens anciens et modernes, ont nié l’existence d’un enseignement ésotérique pratiqué par Jésus et continué par ses disciples. Mais en pratique toutes les religions de cette époque avaient un enseignement ésotérique…

DESTIN DU GNOSTICISME
[.] En Orient, l’invasion de l’islam permit aux sectes de survivre. Aux confins de la Mésopotamie et de l’Iran certaines sectes survécurent jusqu’au XIIe siècle.
[.] On trouve une influence du gnosticisme chez les musulmans chiites. Ces traces sont particulièrement fortes chez les druzes.

On voit pointer la percée de l'Islam qui a toujours été une religion qui a cherché à annihiler.

LES THÈMES PRINCIPAUX
[.] Presque tous les thèmes mythologiques et eschatologiques (ensemble des doctrines relatives aux fins dernières de l'homme et du monde) mis en œuvre par les auteurs gnostiques sont antérieurs au gnosticisme. Ce qui caractérise le gnosticisme est la façon dont ces thèmes sont réinterprétés. C’est la révélation d’une « histoire secrète », c’est un mythe total : l’origine et la création du Monde ; l’origine du Mal ; le drame du Rédempteur divin descendu sur Terre afin de sauver les hommes ; la victoire finale du Dieu transcendant, conduisant à la fin de l’Histoire et l’anéantissement du Cosmos.
[.] Le point de départ est la considération, par l’individu, de sa situation face au monde : que suis-je, pourquoi ce monde qui me semble étranger, qu’étais-je à l’origine et comment revenir à cette situation ?
[.] C’est la prise de conscience d’une déchéance impliquant que le Bien et le Mal sont 2 inconciliables absurdement mêlés ici-bas par un accident contraire à la volonté divine. La révolte intime contre le Mal est la preuve de l’appartenance au Bien, à un absolu parfait extérieur à ce monde.
[.] L’humanité est divisée en trois catégories : ceux qui se sentent (donc, se savent) pourvus d’une perfection innée dont la nature est esprit (les pneumatiques) ; ceux qui n’ont qu’une âme et point d’esprit, mais chez qui le salut peut encore être introduit par instruction (les psychiques) ; enfin, les êtres dépourvus d’esprit et d’âme (les hyliques) uniquement constitués d’éléments charnels voués à la destruction.
[.] Le but premier du gnostique est la délivrance de sa parcelle divine, aliéné dans un monde matériel corrompu, et sa remontée vers les sphères célestes.
[.] Cette délivrance passe par la Gnose, la connaissance parfaite de la nature de l’esprit, des structures de l’univers et de son histoire passée et future.
[.] Le premier aspect de la Gnose porte sur les origines du monde matériel et de l’homme, le Mal s’expliquant par la chute accidentelle d’éléments supérieurs dans un cosmos matériel, temporel et sexué au fond duquel ils se sont disjoints, dispersés et emprisonnés (sans pour autant perdre leur pureté).
[.] Le second aspect de la Gnose vise la Destinée de l’humanité et du cosmos, aboutissant à la dissolution finale de la matière, à la libération de l’esprit et au retour à l‘unité parfaite intemporelle dont les élus, ici-bas, gardaient le souvenir.
[.] Le monde supérieur ayant seul été organisé par une intelligence authentiquement créatrice, le matériel n’en est qu’une copie maladroite. De même l’homme terrestre est l’image imparfaite d’un modèle céleste. On voit l’idée de décadence, puis de rédemption.
[.] Pour les élus, le salut peut être personnel, alors que pour les autres le rachat se fera par une eschatologie générale ayant pour terme la destruction de l’univers matériel.

LA MORALE
[.] Les gnostiques, voyant le corps charnel asservi dans ses actes et ses passions à la souveraineté des planètes, ou encore se croyant pourvus d'une grâce d'en-haut qui délivre des actes ici-bas, n'ont pas de notions de moralité individuelle très strictes.
[.] La gnose pouvait donc aussi bien conduire à un ascétisme rigoureux qu'à de curieuses immoralités (avec la volonté de contredire en tout la loi biblique). La chair appartenait à la matière et ne saurait participer au salut, peu importe qu'elle fût souillée. Les pratiques licencieuses de certains groupes gnostiques sont réprouvées par d’autres groupes gnostiques comme par les réfutateurs chrétiens. Mais il faut souligner que l’Égypte romaine était le foyer d’une lubricité quasi générale…
[.] Enfin l'héritage de certains mystères grecs (par exemple chez les naassènes) put être à l'origine de comportements immoraux en leur donnant une valeur mystique.

Du gnosticisme on peut aussi dire : « La vraie connaissance est impossible, tout est relatif et incertain. » Tout se légitime et tous les courants de pensée s'entremêlent. Comment peut-on en arriver à tels cafouillis ? Surtout, comment arrive-t-on à justifier la destruction ; « les hyliques » ? Mais poursuivons encore un peu notre investigation. Du Manichéisme, on nous guide vers les : Dualisme, Gnosticisme, Mazdéisme, Catharisme. Voyons les deux derniers :

  • Zoroastrisme ou Mazdéisme : Religion de la Perse antique, pré-islamique, qui fut réformée par Zarathoustra.• Elle est fondée sur le dualisme du Bien (Ormuzd) et du Mal (Ahriman) qui s'affrontent jusqu'à la victoire finale du Bien.• On dit aussi "mazdéisme".

Mazdéisme : religion de l'ancienne Perse, appelé aussi zoroastrisme. Attestée depuis le 2ème millénaire avant JC, elle est l'une des plus anciennes religions.
[.]Le mazdéisme se compose d'un univers hiérarchisé (animaux, hommes divinités), soumis à un souverain unique Ahura Mazda (Ormuzd, le Seigneur sage). Son évolution vers le monothéisme eu pour conséquence l'apparition d'un adversaire au dieu Mazda, Spenta Manyu (Esprit Cruel) aussi puissant que lui, en fit une religion dualiste où les bons vont au ciel et les mauvais en enfer. Ce dualisme ainsi que les prédications de Mani conduisirent le manichéisme, avant un retour au monothéisme où Spenta Manyu (Ahriman) fut subordonné à Mazda.
[.]Quelques communautés d'Iran (Guèbres, plus de 10 000) et d'Inde, notamment à Bombay (Parsis, près de 200 000) pratiquent encore le mazdéisme.

ZOROASTRISME
[.] Le zoroastrisme est la religion professée par Zarathoustra (comme dans Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche), dont le nom a été prononcé Zoroastre par les Grecs. Elle a été fondée au cours du Ier millénaire av. J.-C. dans l'actuel Turkestan occidental, au nord-est de la Perse, et elle est devenue la religion officielle des Perses sous la dynastie des Sassanides (224-651), jusqu'à ce que la conquête arabe importe l'islam.
[.] Le zoroastrisme fut l'une des premières religions à proclamer l'hénothéisme, une forme de monothéisme, avec Ahura Mazda pour dieu principal. Les zoroastristes vénèrent le feu éternel symbole de Dieu. Zoroastre prêchait le dualisme et la bataille entre le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres (ce dualisme présent dans l'islam chiite duodécimain). Le principe de Zoroastre est qu'il existe un esprit saint (Spenta Mainyu), tardivement identifié à Ahura Mazda, et un esprit mauvais (Angra Mainyu ou Ahriman), opposés car représentant le jour et la nuit, la vie et la mort. Ces deux esprits coexistent dans chacun des êtres vivants.

LE ZOROASTRISME SOUS LES SASSANIDES
[.] On peut dire qu'avec l'avènement de la dynastie des Sassanides en Perse, en 224, commence la période de gloire du zoroastrisme : il devient très officiellement religion d'État.
[.] « Ô mon fils, la religion et l'État sont soeurs. Elles ne peuvent pas survivre l'une sans l'autre. La religion est le contrefort de l'État et l'État est son protecteur. Et ce qui est privé de son support s'écroule et ce qui n'est pas défendu est perdu. »
[.] Le zoroastrisme joua en Perse un rôle sans doute encore plus important que le catholicisme dans l'Europe du Moyen Âge, tant la religion imprégnait la vie des gens. C'était la religion des Iraniens, un aménagement de leur héritage culturel, tandis que le catholicisme est pour les Européens d'origine étrangère.

LES PARSIS
[.] Les Arabes entreprirent la conquête de la Perse à partir de 636. La dynastie sassanide s'effondra en 651 à la mort de son dernier souverain, Yazdgird III. Les Perses, contraints par les envahisseurs Arabes, abandonnèrent le culte zoroastrien au profit de l'islam ; seules Yazd et Kerman, au centre du plateau iranien, demeurèrent des fiefs de leur ancienne religion. Les Arabes appelèrent ces zoroastriens des Gaur «Infidèles», terme qui est devenu Guèbres en France.

On décèle ici des fondements de l'Islam, surtout chiite et du Judaïsme. Tous les us de la vie courante sont reliés aux pratiques religieuses comme le font des Musulmans en priant à des heures fixes, interrompant leurs activités courantes ou les Juifs hassidim. Il y a aussi la rela­tion religion-état, rites effectivement pratiqués en Iran et en Israël. Maintenant le Catharisme :

  • Catharisme : Doctrine des Cathares qui étaient partisans du Manichéisme (système dualiste opposant le Bien et le Mal).• Répandu aux XIème et XIIème siècles dans le sud-ouest de la France, ce mouvement fut endigué par la croisade des albigeois durant la première moitié du XIIIème siècle.

Catharisme / cathare : Mouvement spirituel du Moyen Age, inspiré du manichéisme et de systèmes religieux ou hérétiques du début du christianisme (gnose, marcionisme, hérésie des pauliciens…).La doctrine cathare, sévère et austère, n'était pas accessible à tous, mais dans le Sud de la France, le mouvement avait la sympathie de la population et la tolérance de la noblesse. Les "parfaits" vivaient dans la plus stricte austérité afin d'atteindre le salut. Une répression féroce, véritable croisade intérieure, fut conduite par les "Barons du Nord" qui poursuivirent les cathares jusqu'au siège de Monségur (1244). Le catharisme disparut complètement au XIVe siècle.

CATHARISME
[.] Cathares expulsés de Carcassonne en 1209. On appelle « Cathares » (du grec ancien katharós, « pur ») les adeptes d'un mouvement religieux dualiste médiéval. Le nom, tardif, a été donné par les ennemis de ce mouvement, jugé hérétique par l'Église catholique. Les adeptes de ce mouvement se nommaient eux-mêmes « Bons Hommes », « Bonnes Femmes » ou « Bons Chrétiens », mais étaient appelés « Parfaits » par l’Inquisition, qui désignait ainsi les « parfaits hérétiques », c’est-à-dire ceux qui avaient reçu le consolamentum, c'est à dire l'imposition des mains et faisaient la prédication, par opposition aux simples « fidèles » hérétiques.
[.] Principalement concentré dans le Midi de la France, le catharisme subit une violente répression armée à partir de 1209 lors de la croisade contre les Albigeois puis, durant un siècle, la répression judiciaire de l’Inquisition.

Nous complétons avec la définition des trois grandes religions monothéistes et leur relation à l'eschatologie :

  • Eschatologie : Ensemble des doctrines relatives aux fins dernières de l'homme et du monde.• Mythes eschatologiques :• Apparentés aux mythes cosmogoniques mais à l'extrémité opposée, on trouve les mythes qui décrivent la fin du monde (les mythes eschatologiques proprement dits) ou bien l'arrivée de la Mort dans le monde. Au moment de la destruction du monde par la divinité même qui l'a créé, les humains sont jugés et se préparent à une existence paradisiaque ou à des tourments éternels; de tels mythes sont présents chez les Hébreux, chez les chrétiens, chez les musulmans ou chez les zoroastriens. Les branches germaniques de la mythologie indo-européenne décrivent une conflagration universelle et une grande bataille entre les dieux. Dans la mythologie aztèque, les dieux créent et détruisent plusieurs mondes avant le monde humain. La mort pénètre dans le monde par accident ou parce que quelqu'un oublie le message des dieux; dans la Genèse, la mort entre dans le monde quand l'homme dépasse les limite de sa connaissance.

ESCHATOLOGIE
[.] Le mot eschatologie est composé du grec eschatos, le dernier. L'eschatologie (Discours sur la Fin des Temps) relève de la théologie et de la philosophie en lien avec les derniers temps, les derniers événements de l’histoire du monde ou l’ultime destinée du genre humain, couramment appelée la « fin du monde ». Dans de nombreuses religions, la fin du monde est un événement futur prophétisé dans les textes sacrés ou le folklore. Plus largement, l’eschatologie peut embrasser des concepts qui sont liés tels que celui de Messie ou des temps messianiques, l’après-vie et l’âme.
[.] Le terme grec aïôn signifie « âge » ; certaines traductions peuvent être comprises par fin de l’âge au lieu de fin du monde. La distinction revêt également une signification théologique, car les temps de la fin dans de nombreuses religions peuvent inclure la destruction de la planète (ou de tous les êtres vivants), mais avec la survie de la race humaine dans une forme nouvelle, mettant un terme à l’âge actuel de l’existence, et commençant un nouvel âge.
[.] La plupart des religions monothéistes occidentales ont des doctrines qui affirment que des membres « choisis » ou « dignes » de la seule vraie foi seront « épargnés » ou « délivrés » du jugement et de la colère de Dieu à venir. Ils seront envoyés au paradis avant, pendant, ou après ces derniers, en fonction du scénario des temps de la fin qu’elles retiennent. Aussi bien que la colère de Dieu à la fin de l’âge, il y a la colère de l’homme.

  • Christianisme : Religion la plus largement répandue dans le monde d'un point de vue géographique, et qui rassemble plus de 1,7 milliards de personnes sur tous les continents.• L'élément principal qui pourrait définir le christianisme est la position centrale de la personne de Jésus-Christ.

CHRISTIANISME et ESCHATOLOGIE
Le terme eschatos est utilisé dans le Nouveau Testament pour indiquer qu’avec le Second Avènement du Christ, la fin commencera. Jésus a enseigné à ses disciples, durant son ministère et lors de son Ascension, qu’il reviendrait et qu’il jugerait les vivants et les morts, tel que l’affirment les chrétiens dans leur profession de foi.

  • Islam : Religion très répandue dans le monde, originaire d'Arabie, et fondée sur les enseignements du prophète Mahomet. Dans la langue arabe, le terme "islam" signifie "soumission", mais en tant que terme religieux du Coran, il signifie "soumission à la volonté et la loi de Dieu". Les pratiquants de l'islam sont appelés les musulmans.

ISLAM et ESCHATOLOGIE
[.] Dans l'Islam, Le jour du jugement ou Yawm al-Qiyamah: "Jour de la résurrec­tion", Allah ressuscitera les morts, et accueillera les rigoureux au paradis et les non repentant et mécréant en Enfer. L'origine historique de l'eschatologie islamique est semblable à l'eschatologie chrétienne, Mahomet l'ayant raconté à ces compagnons (Chahaba). Certains pensaient que la fin du monde arriverait à leur propre fin.

  • Judaïsme : Doctrine religieuse des juifs, le judaïsme est une des plus anciennes religions encore existantes.• Les termes "judaïsme" et "religion" n'existaient pas dans l'hébreu ancien.• Les juifs parlaient de la Torah, les instructions de Dieu données à Israël, qui révèle une vision du monde ainsi qu'un mode de vie. Le judaïsme ancien, dans ses formes historiques, constituait un système culturel intégrant les dimensions individuelle et sociale.• C'est un système de sanctification selon lequel tout doit dépendre de Dieu, à l'image de modèles révélés d'ordre cosmique et de justice. Le christianisme est issu d'un courant idéologique juif de la Palestine du Ier siècle après J.-C., et l'islam se fonda au départ en grande partie sur des sources juives.

JUDAÏSME et ESCHATOLOGIE*****
Les Juifs croient en l'immortalité de l'âme. Les traditionalistes croient également en la résurrection à l'heure du Jugement dernier. Les enseignements diffèrent sur ce sujet, comme sur la nature de la vie éternelle (les deux sont conçus par certains comme un lieu où l'on peut se consacrer pleinement à l'étude des Saintes Écritures).

Quelques définitions additionnelles pour aider à la compréhension générale :

Dieu : (du latin deus, qui dériverait du sanskrit deiwo, lumineux) Avec une majuscule, Dieu est le nom du dieu unique des religions monothéistes ou des philosophes. Le concept de dieu prend des formes extrêmement variées selon les religions. Leur point commun : Dieu (ou un Dieu) est supérieur à l'homme, plus puissant et complet que lui.
Pour les monothéismes (judaïsme, christianisme, islam), Dieu représente l'Être suprême, transcendant, unique et créateur du monde. Ses principaux attributs : infinité, omniprésence, omnipotence, omniscience, immuabilité, immatérialité, perfection, universalité, sagesse, justice, bonté... Dieu a établi les lois générales qui gouvernent le monde, mais peut intervenir y en dérogeant par des miracles. Le judaïsme et l'islam ne tolèrent aucune représentation de Dieu, appelé respectivement Yahvé et Allah.
Pour les philosophes, Dieu est un principe abstrait que la raison, sous la forme du discours philosophique, tente de comprendre. Chaque philosophe insiste sur tel ou tel des attributs de son Dieu, en fonction de la thèse qu'il entend défendre.
Le Dieu des philosophes représente en général la cause première de l'univers et la perfection. Il ne détient son existence d'aucune autre source que de lui-même. Il n'est donc la résultante d'aucune Révélation ni d'aucun acte de foi.
Tandis que dans la religion l'idée de Dieu est une intuition, donnée à l'homme par Dieu lui-même, ou une révélation, de nombreux philosophes ont essayé d'apporter des preuves logiques de son existence.
Ayant perdu, par rapport aux dieux des religions, certaines de leurs qualités fondamentales, notamment la crainte qu'ils inspirent, la vénération dont ils sont l'objet, le Dieu des philosophes tend à devenir un concept d'absolu impersonnel et théorique.

Djihad : c’est "l’effort" individuel que chaque musulman doit réaliser pour son perfectionnement spirituel et pour que la volonté d'Allah soit respecter sur Terre. Dans la pratique, il s’agit surtout de l’effort collectif, militaire, nécessaire pour défendre l’Islam ou étendre par la force les territoires sous son emprise. Le djihad prend alors un sens proche de "Guerre Sainte".

Idéalisme / idéaliste : mouvement philosophique ou métaphysique qui accorde un rôle prépondérant aux idées. Il n'y a pas de réalité indépendamment de la pensée. Le monde réel n'existe qu'à travers les idées et les états de conscience. Le monde et même l'être se réduisent donc aux représentations que nous en avons.
Pour Platon (427-347 avant JC) le monde des Idées constitue la vraie réalité. Descartes (1596-1650) qui peut être considéré comme un idéaliste, considère que c'est l'esprit de l'homme qui est sa véritable nature et non son corps. Le mot apparaît à la fin du XVIIe siècle par opposition au matérialisme. Le principe de l'idéalisme absolu a été résumé par l'évêque et philosophe irlandais George Berkeley (1685-1753) : "Être, c'est être perçu". L'Idéalisme connaît son apogée avec les philosophes allemands Kant (1724-1804), Fichte (1762-1814) et Hegel (1770-1831). L'idéalisme s'oppose au réalisme pour lequel l'homme connaît les choses telles qu'elles sont réellement en elles-mêmes et qu'elles n'existent pas en dehors de leur matérialisation.

Illuminisme / illuminé : doctrine de certains mystiques, fondée sur la croyance en une illumination intérieure, directement inspirée par Dieu. Des sectes d'illuminés sont apparues aux XVIe et XVIIe siècles. L'illuminé est convaincu d'avoir été l'objet d'une manifestation divine et se considère comme ayant été irradié par la lumière de Dieu.

Intégrisme / intégriste : doctrine préconisant le respect total du dogme et de la tradition. Il vise à intégrer toute la vie dans la doctrine religieuse qu'il défend. On parle d'intégrisme pour désigner toute forme de conservatisme religieux.

Matérialisme : mouvement de pensée sur la nature de l'être qui considère qu'il n'y a pas d'autre substance que la matière (monisme : doctrine philosophique selon laquelle l'univers n'est composé que d'une seule substance. Il s'oppose au dualisme.) et que la pensée, la conscience sont des produits secondaires de la matière ou des illusions. Le matérialisme rejette l'existence de l'âme, de l'au-delà et de Dieu, s'opposant en cela au spiritualisme et à l'idéalisme.
Il est étroitement lié au développement de la science dont il se nourrit des résultats pour évoluer et se structurer au fil des siècles. Le matérialisme recouvre donc plusieurs formes qui vont de l'atomisme (Courant philosophique de l'Antiquité qui considère que l'univers et la matière sont constitués uniquement d'atomes, particules indivisibles, assemblés par hasard et de manière purement mécanique.) des philosophes Grecs à la science moderne. Ses différents courants se distinguent par la façon dont ils conçoivent esprit, conscience ou entité mentale.

Utilitarisme : Système de morale et d'éthique qui, faute de pouvoir définir objectivement ce que sont le Bien et le Mal, se propose d'en faire abstraction en établissant "l'utile" comme principe premier de l'action. Il considère que ce qui est utile est bon et que l'"utilité" peut être déterminée de manière rationnelle. L'utilitarisme est fondé sur le seul critère de l'optimisation du "plus grand bonheur possible pour le plus grand nombre de personnes", postulant que le bien-être de tous est un bien pour l'ensemble des hommes. Il rejette le devoir comme notion première et mesure la qualité morale d'une action aux conséquences que l'on peut en attendre.

Nous voilà rendu au terme de notre survol sommaire des origines, des distinctions mais sur­tout des similarités entre les religions. On y a parlé beaucoup de Bien et de Mal. L'impression maintes fois dégagées de ce qui a été élaboré ci-avant c'est que le Mal doit être broyé, voire même par la guerre pour qu'advienne le Bien ? D'aucuns le croient, anéantissant les uns en s'enrichissant, en grossissant leur influence. Le crime paierait-il donc, avec l'aval des religions ?

Voilà le malheur de la tragédie humaine. Les religions sont là pour rester mais si on accen­tuait leurs similarités, leurs sources communes, peut-être ne se battrait-on pas en leurs noms ? Mieux, si elles se fondaient en une seule, un gros magma oecuménique qui permettrait aux croyants de tous avoir les mêmes dogmes, les mêmes croyances, les mêmes références.

Appelons cette fusion des religions le « magmatisme », là où il n'y aurait plus de vie après la mort, simplement un flottement sidéral, indolore, qui nous rappellerait à la mémoire des vivants. Garderaient-ils un meilleur souvenir de nous que notre flottement magmatique serait inchangé pour nous mais ô combien plus heureux pour notre survivance : pour nos proches et acquaintances en mémoire et pour la Terre, affectueusement appelée la boule bleue.

Mais cette religion n'existe-t-elle pas déjà ? Si, pour des millions d'humains, affranchis de l'emprise de croyances non vérifiables si ce n'est « Aide toi et le ciel t'aidera. » Ils ne peuvent admettre que les guerres sont menées au nom des religions mais pour le pouvoir et l'argent.

On accuse d'ignorance, d'hérétiques ceux qui le disent. Des instincts très vils, inavoués, sont en jeu. Le paradis est sur terre, pas au ciel, si cesse la possession, le matérialisme à tout crin. Aussi si on accepte les limitations en propre et celles des autres. Elles s'accompagnent tout autant de qualités et de valeurs qui ne doivent jamais être piétinées. Voilà tout un défi.

Paul p. Pluteau/PpP

Addendum : Un scandale explose en ce moment aux É.-U. relié aux propos de Mel Gibson, « La passion du Christ », qui aurait déclaré lors d'un contrôle routier pour excès de vitesse et de sa subséquente arrestation pour état d'ébriété : « Les Juifs... sont responsables pour tou­tes les guerres dans le monde. » M. Renaud, prenez vous aux autres plutôt qu'aux vôtres.



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Les citations du Devoir sont accessibles sur ledevoir.com, section idées ; celles du 98,5Fm, sur 985fm.ca/emission_couvrefeu.php
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Toutes les définitions proviennent de mediadico.com et les citations du site fr.wikipedia.org
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Toutes les définitions en double retraits proviennent de atheisme.free.fr/Religion/Lexique.htm
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Définitions provenant de info-sectes.org
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Explication venant de http://www.outre-vie.com/croyancereligion/juif/juif.htm

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Commentaires:
Ce qui se passe auhourd'hui, au moyen-orient...est la suite logique de l'histoire de l'humanité !!! Les guerres se répètent, les technologies sont de plus en plus avancées... Les massacres sont donc plus importants... et ce assez rapidement.

Mais d'où réside le fait d'être prêt à tuer ou tout raser pour défendre ses idées... Quelles sont les valeurs fondamentales de ces sociétés, prète à tout ??

Dans notre société dite "civilisée", si tu tue une personne tu est classé meurtrier...jugé et passible de pénitencier a perpétuité....

Qu'en est-il des GUERRES ??
Selon ce que je peux voir, les Forces Armées sont au-dessus de tout.... ils peuvent faire des milliers de victimes innocentes en toute impunité... je ne parle pas ici des adversaires, mais des populations civiles, des Forces de maintien de la Paix, l'Aide-humanitaire, des villages bombardés par erreur(oups s'cusez!!), etc.

Pourquoi les guerres se répètent-elles ??

Et pourquoi, l'être humain n'a pas compris de ses horribles expériences passées... que dans tous les conflits ou guerres, il n y a toujours que des... PERDANTS ????

Il faut aussi penser que CHAQUE EXPÉRIENCE BONNE OU MAUVAISE, CONTIENT UNE LEÇON À APPRENDRE... c'est la leçon qu'il faut comprendre... et ne pas comprendre consiste à répéter, répéter, encore et encore.... jusqu'à ce que la leçon soit apprise.

Tous les évênements de notre vie sont attirés vers nous, nous attirons ce qui nous ressemble, avec qui l'on a des points communs... ou également nous attirons de façon inconsciente nos PEURS ...

Quelqu'un qui cherche la bataille, trouvera rapidement quelqu'un pour se battre.... ils s'attirent....les énergies semblables s'attirent... tout est énergie....il est faux de dire que les contraires s'attirent, car la vie s'occupe de nous montrer notre miroir (BOOMERANG).... donc nous rencontrons exclusivement des gens qui pensent comme nous, ou qui ont une philosophie qui nous ressemble ou qui incarnent les peurs que nous attirons vers nous... IL FAUT ARRÊTER D'AVOIR PEUR, c'est la cause de disputes, de guerres, c'est la base de ce que nous appelons : LE MAL qui est aussi une forme d'expérience....

Les erreurs du passé se répète car nous n'avons, en tant que société, pas compris nos EXPÉRIENCES d'un passé pas très lointain... souvenez vous des guerres, de la famine, du nucléaire, des décès dû à l'alcool au volant, la déforestation, le systême politique, les pauvres et les quéteux...et de milliers d'autres... Il faut apprendre car rien ne se règle seulement en pensée ... il faut AGIR et rapidement.... chacun a un examen personnel de conscience a faire... plus nous serons à le faire pour ensuite faire de meilleurs choix, plus rapidement les choses changeront.... et les vents vont changer... mais de quel côté ??

À +
 
Bonjour PPP,

Je vous transmets quelques lignes que j'ai écrites en 5-10 minutes... sur un coup de tête dernièrement... et qui traite entre autre chose du concept: DIEU et VIE.

" Hier et demain n'existe pas et n'existeront jamais... Ici et maintenant, sont les seuls temps à travers lesquels nous passons, nous évoluons... un temps parfait pour une chanson... une évolution... certainement!! "

" QUI EST DIEU ??
- Si DIEU est Tout, que n'est-il pas ?

- S'il est Tout, donc nous sommes DIEU ou tout le moins en partie;

- Donc, DIEU n'est pas un homme à barbe blanche qui nous attends au porte du paradis, pour le jugement dernier;

- S'il est bonté infinie, comment peut-il juger ?

- Si DIEU est Tout, nous pourrions dire qu'il est sûrement la plus petite molécule ou atome, et qu'il constitue la base de tout ce qui existe... que l'on pourrait appeller : L'ESSENCE DE LA VIE.

- Qu'est-ce qui est la VIE et qu'est-ce qui ne l'est pas ?

- Si la Vie est ce qui est animé, bouge ou réagit d'une façon quelconque, nous pourrions dire que Tout ce qui existe est la Vie.

- La roche (immobile)est-elle considérée en Vie ?

Imaginons qu'à l'intérieur de la roche, il y a des millions de particules invisibles pour notre technologie, et que celles-ci se déplacent à une vitesse si grande, qu'à l'oeil on a l'impression qu'elles ne bougent pas. EXEMPLE : Faire des cercles rapidement avec une lampe de poche, le faisceau lumineux disparait et l'on voit qu'un cercle de lumière...

-Donc, si à l'intérieur de la roche il y a du mouvement on pourrait dire qu'elle est en VIE... donc VIVANT...cela peut paraître invraisemblable...prouvez-moi le contraire !!

- Donc, si DIEU est Tout ce qui existe, Dieu est la VIE... Et Dieu et Vie, veulent dire la même chose... Nous sommes en Vie,donc nous sommes DIEU. JE SUIS !!

Dans la vie, il n y a qu'une seule chose qui ne change pas est c'est : LE CHANGEMENT..

- DIEU est donc :
VIE-ÉVOLUTION-CHANGEMENT !! "

Bonne lecture !!

À +
 
Beaucoup trop loin

    M. Jean Renaud, directeur de la revue Égard. Le Devoir recevra sans doute beaucoup de lettres pour vous répondre. Je n'avais pas le goût d'en ajouter une. Mais vous avez été trop loin, beaucoup trop loin.
    La soeur d'une de mes amies québécoises d'origine libanaise est actuellement piégée au Liban. Je voudrais au nom de tout les miens, m'excusez de certains de vos propos.
    Je passe sur vos grands talents de psychanalyste de notre âme québécoise. Il y a plus important actuellement.
    En votre nom et au nom de votre revue, vous avez affirmé : « Israël est un rempart. Le soldat israélien, au péril de sa vie, préserve nos libertés. Ce petit État, qui n'est pas sans faute (je crois, avec Daniel Pipes et Guy Millière, qu'il a eu tort au cours de la dernière décennie de ne pas suffisamment se faire craindre par ses ennemis), défend avec héroïsme les principes éternels de la civilisation. Et nous, ne sommes-nous pas les enfants ingrats de Jérusalem ? Le Québec appartient-il encore à l'Occident ? »
    Je ne sais pas à quelle civilisation vous appartenez, mais ce n'est sûrement pas la mienne, ni de celles de ceux que j'aime.
    Aujourd'hui, j'espère seulement, naïvement je le sais, que les germes de la violence et de la haine n'étendront pas davantage leurs tentacules. J'espère seulement, avec beaucoup de candeur et de naïveté, qu'après autant de peurs et de souffrances, il y aura une petite place pour la paix.
    Je vous laisse la défense de votre civilisation et je me contente d'espérer un peu d'amour et de tendresse entre les humains.
    Est-ce faire preuve d'aveuglément que de croire que les Israéliens ne pourront vivre en sécurité et en paix tant que les Palestiniens n'auront pas droit à un pays et que les droits à la vie et à la sécurité des Libanais seront bafoués ?
Laurent Émond
Québec

Section Lettres ; Le Devoir, le lundi 7 août 2006
 
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