Écho populaire

L'Écho réverbère ; il éclaire ; P p. P ...
15 août, 2006
Bon Fête Évangéline ; Marianne aussi, à posteriori
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FINAL

« Il faut avoir beaucoup aimé pour encore trouvé la force de dire merci. » : verset d'Évangéli­ne, hymne non-officiel de l'Acadie comme l'est « Gens du pays » pour le Québec. Nous vou­lons profiter de cette journée de célébrations pour vous adresser nos plus sincères voeux de fraternité. Votre existence si près à nos côtés, de corps et de coeur, votre ténacité à prospérer malgré les tourments, sont des sources d'inspiration et de motivation, rassure notre destinée.

Et pourtant nous jouissons de tellement d'avantages comparé à vous : la force du nombre, un gouvernement que nous contrôlons, nous nous sommes réappropriés notre coffre à outils économique, protégeons notre langue mais souffrons tout de même d'insécurité en l'avenir. On louvoie sur des voies cahotées, alors que la cohésion de votre société semble vous guider.

Nous avons souligné notre Fête nationale le 24 juin, les fêtes du Canada et des États-Unis mais vous adresser ces voeux aujourd'hui soulève chez-nous le plus grand enthousiasme. Nous avons des cousins outre-atlantique que nous saluerons aussi par la présente en tant que peuple fondateur pour nous deux mais c'est des frères qui nous avons juste là, voisins.

ÉvangelineI
« Évangeline est un célèbre poème épique de Henry Wadsworth Longfellow qui raconte la déportation des Acadiens. Deux amants acadiens, Évangéline et Gabriel, sont forcés de se séparer en raison des événements politiques. Évangéline s'établit à Philadelphie pour travailler avec les pauvres comme infirmière. Elle trouve Gabriel parmi les malades et il meurt dans ses bras.

« Ce poème a eu un grand effet sur la culture acadienne et cadienne. Il a également été mis en chansons. »

Nous avons parcouru des chemins communs, se croisant et s'éloignant. Chacun a ses réalis­ations source de fierté, ses victoires sur un lourd passé. Les moments tragiques au cours des siècles ont creusé des racines profondes dans nos contrées, forgé notre appartenance. Nous formons deux nations n'en déplaise à Stephen Harper qu'il concède seulement qu'à vous.

Nous vivons côte-à-côte mais une majorité de Québécois ont limité leur curiosité sur l'Acadie au grand schisme de la déportation. Des Québécois souverainistes peuvent blâmer vos ré­serves sur leur volonté d'autonomie nationale, re­proches bien ingrats quand on tient compte de votre situation de minorité dans une minorité. Ils mélangent les mécanismes de survie.

Le partage de la langue française fait que nous échangions sur une base régulière sur tous les plans : artistique, économique, académique, etc. À nous distinguer aussi considérant les nombreux régionalismes et accents locaux. Ils s'expliquent des régions différentes de France d'où proviennent nos populations spécifiques et l'étalement de vos différentes communautés.

Sur le plan géographique, le sud de la baie de Fundy en Nouvelle-Écosse a été le foyer ori­ginal de l'Acadie et des poches d'Acadiens existent dans toutes les provinces atlanti­ques. Le Nouveau-Brunswick est aujourd'hui votre principal terreau. Vous y formez le tiers de la popu­lation et y détenez un poids démographique avec 80 % de la population dans trois comtés.

Voisin du Québec : Madawaska au nord-est (Edmonston) ; Gloucester sur le pourtours sud de la Baie des Chaleurs jusqu'à la péninsule acadienne (Paquetville d'Édith Buttler, Cara­quet, Trecadie-Sheila de la Sagouine) ; Kent-Beauséjour sur la côte atlantique plus au sud.

Les territoires ne sont pas contigus. Des populations acadiennes et anglophones d'origines loyalistes s'entremêlent. La somme des parties acadiennes est plus grande que prises sépa­rément. La solidarité a permis de mener des batailles épiques pour faire diminuer des vieux relents francophobes. L'Université de Moncton rayonne le fait français mais l'ex-maire Jones de la ville était, dans un passé pas si lointain, férocement opposé à l'affichage en français.

Nos sociétés évoluent en suivant des trajectoires qui se rencontrent et s'éloignent. Le choix de la Fête de l'Assomption le 15 août comme votre Fête nationale a été prise dans une discussion animée entre ce choix ou d'adopter le 24 juin en soutien aux autres Canadiens français. Le choix fait en 1881 voulait renforcer votre identité et l'histoire de vos découvreurs.

Nous avons plusieurs ancêtres en commun : Samuel de Champlain, Louis Hébert ou Fron­tenac. De son poste de Gouverneur des colonies de Nouvelle-France de Québec, il gérait aussi les destinées de l'Acadie. Les points d'ancrage de nos deux sociétés sont nombreux mais aussi les points de différenciation. D'où venait les « illustres inconnus » de l'Acadie ?II

« Entre 1632 et 1670, on dénombre 143 navires ayant quitté La Rochelle pour la Nouvelle-France et l’Acadie. Le dépouillement des minutiers Nantais de 1632 à 1732 recense 6 000 engagés ; une faible portion se dirigeait vers la Nouvelle-France, le reste étant pour les Antilles.
« Ces émigrés étaient catholiques et protestants (7 à 8 %), d'âge moyen de 25 ans.
« Quelques familles émigrèrent en Nouvelle-France ainsi que des orphelines (les femmes n’étaient pas toutes des Filles du Roy).
« Au cours des XVIIième et XVIIIième siècles, l’émigration française est estimée à environ 75 000 personnes pour la Nouvelle-France et l’Acadie. La période d’émigration la plus forte se situe entre 1 684 et 1 700, période qui coïncide avec les campagnes de recrutement militaire. Les régions de la Bretagne et du Sud-Ouest, comme celle du Centre-Ouest fourniront également des recrues. Si l’on compare avec la Nouvelle-France, l’Acadie restait toutefois une contrée sous peuplée : en 1710, l’Acadie comptait 1 700 personnes, la Nouvelle-France en dénombrait 16 000. »

La plus grande proximité aux colonies anglaises a souvent fait de l'Acadie un terrain propice aux échanges guerrières entre les deux puissances au 18ième siècle : les Nouvelle-France et Nouvelle-Angleterre. Déjà en 1713, La France cédait le territoire de la Nouvelle Écosse à l'Angleterre tout en conservant l'île du Cap-Breton et le reste de l'AcadieIII :

« En plus du potentiel économique que représentait la colonie acadienne, celle-ci s'imposait comme l'avant-poste séparant les deux colonies les plus puissantes de l'époque: la Nouvelle-France au nord et le Massachusetts au sud. Dès qu'un conflit sérieux éclatait, l'Acadie, située en charnière entre les deux ennemis, servait de champ de bataille.

Table des populations comparées de la Nouvelle-France, l'Acadie et les colonies Américaines
AnnéeNouvelle-FranceAcadieColonies Américaines
1 6082810100
1 64022020028 000
1 6809 700800155 000
1 71016 0001 700357 000
1 75055 00015 0001 200 000
Ce qui nous amène à la déportation des Acadiens : le grand Dérangement. Dès 1749, à l'éta­blissement d'Halifax, le gouverneur anglais a la volonté expresse, sous les faux prétextes du refus des Acadiens de prêter serment à la Couronne anglaise, de s'approprier leurs terres qui étaient reconnues les plus fertiles de toutes les colonies et les distribuer aux colons anglais.

En 1755, c'est la solution finale. Les Acadiens sont regroupés, entassés sur des bateaux et déportés vers les colonies anglaises, la France ou l'Angleterre. D'autres réussiront à s'enfuir dans les forêts ou au Québec. On estime qu'entre 7 000 et 8 000 y ont perdu la vie. Le terme génocide ici s'emploie. Le mot déportation, euphémisme bien implanté par le conquérant, est plus répandu même chez les Acadiens comme s'ils avaient bien assimilé sa propagande.

Le Traité de Versailles en 1763 scelle le sort de la Nouvelle-France, la France la concédant à l'Angleterre, convaincue que les 13 colonies de la Nouvelle-Angleterre lutteront pour leur indépendance bientôt, prémonition que la France aidera à se concrétiser. Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que dès 1764, des petits groupes prennent le chemin du retour et s'établissent au nord du Nouveau-Brunswick, loin de leurs anciennes terres spoliées et loin des Anglais.

S'ensuivent les batailles pour des causes respectives : les gouvernements responsables par Lafontaine et Papineau au 19ième siècle au Québec ; la lutte pour des écoles confessionnel­les au Nouveau-Brunswick ; la colonisation dans nos arrières-pays disponibles mais aussi de l'émigration massive de l'excédent des campagnes vers les États-Unis ; l'emprise de l'Église sur nos sociétés qui craignait les débordements et la laïcisation des Français dans leurs com­bats vers la Répuplique, le régime anglais nous préservant contre nos pires excès selon elle.

L'année 1960 marque des changements de cap majeurs par l'élection de Louis J. Robichaud, premier acadien élu premier ministre du Nouveau-Brunswick sous la devise « Chances éga­les pour tous ». Au Québec, c'est l'élection de Jean Lesage avec son « Maîtres chez-nous » et son équipe du tonnerre des Paul Gérin-Lajoie, René Lévesque et autres qui lancent la Révolution tranquille. C'est le réveil des ambitions nationalistes qui durent jusqu'à nos jours.

Nos deux sociétés possèdent aujourd'hui tous les attributs des sociétés modernes. Si l'expression de plus d'autonomie et de pouvoirs locaux passent par la valorisation des francophones de l'Acadie sans changement au cadre institutionnel actuel, il y a une nette division quant à la forme constitutionnelle que devrait prendre le Québec : rester dans le Ca­nada ou créer un nouveau pays isolant par le fait même les Maritimes du reste du pays.

Quoiqu'il advienne, et nous maintenons notre appui à la deuxième option dans ces pages, les frontières limitrophes du Québec au Nouveau-Brunswick, principal foyer de l'Acadie, per­mettront de maintenir des liens étroits. Les 250 premières années de votre survivance après le Grand dérangement sont garantes de l'avenir et il n'y a rien à craindre que vous continuiez à célébrer votre fierté et présence, et votre Fête Nationale le 15 août pour les années à venir.

MarianneIV
« Sous l'apparence d'une femme coiffée d'un bonnet phrygien, Marianne incarne la République française et représente la permanence des valeurs de la république et des citoyens français : « Liberté, Égalité, Fraternité ». Marianne est la représentation symbolique de la mère patrie fougueuse, guerrière, pacifique, nourricière et protectrice. »

Dressons en partant le tableau du cheminement distinct de la France du moment où nos des­tinées se séparent. Il n'y a jamais eu de possibilités pour la France de reprendre ses colonies d'Amérique du Nord malgré les quelques tentatives de Canadiens-Français les y incitantV.

Durant le règne de Louis XIV (Roi-Soleil , 1643-1715), la France est la puissance politique, économique et culturelle prédominante en Europe et les colonies françaises d'Amérique se développent. Sa prodigalité excessive met toutefois la France en position financière exsan­gue. Louis XV (arrière petit-fils de Louis XIV) signe le Traité de Versailles. Louis XVI, (petit-fils de Louis XV) lui succède en 1774. Tous les deux dirigent un royaume miné par les dettes.

La France se bat presque cent ans avant de devenir une véritable république. La Révolution française (1789-1799) amorcée par la prise de Bastille le 14 juillet (Fête nationale) met fin au système monarchique en 1792 ; Louis XVI est guillotiné. La France connaît quatre Constitu­tions (1791, 93, 95 et 99) qui mettent en exergue les luttes entre républicains et royalistes. Celle du 1799 établit Le Consulat de Napoléon 1er et il fait adopté deux constitutions : 1802, Consulat à vie ; 1804, Premier Empire. Il est vaincu par les Anglais en 1815 qui l'exilent à vie.

Les Bourbons remontent sur le trône période que l'on nomme la Restauration ; la royauté est rétablie sous Louis XVIII auquel lui succède Charles X en 1824. In abdique suite à la « révo­lution de Juillet » de 1830. Ces journées révolutionnaires aboutiront à la suppression du droit naturel pour la succession du roi. La branche cadette des Bourbons, celle d'Orléans, accède ainsi au pouvoir. Le règne de Louis-Philippe Ier commence en 1830 et il abdique en 1848.

Louis-Philippe Bonaparte (cousin de Napoléon Bonaparte), se fait élire le premier président selon le modèle républicain des États-Unis. S'entame la IIième République qui donne suite à l'insur­rection ouvrière de Paris (4 000 morts parmi les insurgés et 1 600 parmi les forces de l'ordre). Le suffrage universel est instauré. Il renverse la république par coup d'état en 1851.

L.-P. Bonaparte se mue en Napoléon III lors d'un plébiscite en 1851 qui officialise le Second Empire et promulgue une nouvelle constitution en 1852. La France évolue sous son règne jusqu'en 1870. « Exténuée après plus d'un demi-siècle de révolutions et autres restau­rations, la France a besoin d'une période de stabilité politique afin de reprendre son souffle. »

Napoléon III est défait lors de sa déconfiture dans la guerre franco-allemande, la Garde nationale et les ouvriers de Paris refusent la défaite. Ils organisent une résistance nationale et mettent en place un gouvernement insurrectionnel en 1871 : La Commune de Paris. Elle sera réprimée la même année d'où émerge la IIIième République (1870-1940) qui a le mérite « d'avoir légitimé le régime républicain en le débarrassant de ses excès révolutionnaires. »

Les Communards ont décrété des mesures conservatrices : « saisie des biens de l'Église, plafonnement du salaire des fonctionnaires et interdiction du cumul des fonctions, interdiction des jeux de hasard et fermeture des bordels, arrestation des ivrognes, étend les prérogatives de la police et de la censure. »VI « Elle cesse au prix de 20 000 morts et 38 000 arrestations dont 10 000 déportés. C'est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution. » sic

L'attrait persiste pour restaurer la monarchie. Un nouvelle loi constitutionnelle y met fin en 1875. En 1884, les Républicains feront ajouter à la loi 1875 que « La forme républicaine du gouvernement ne peut faire l'objet d'une proposition de révision. ». Cela met fin à cent ans de tâtonnements constitutionnels qui ont amené la Convention, l'Empire, la Restauration, etc.

L'idéologie républicaine dominante se poursuit jusqu'à nos jours non sans heurts : L'affaire Dreyfus 1894-99 qui permit, néanmoins, de cimenter le fondement de l'identité politique répu­blicaine française soit la place de l'homme face à la puissance de l'État. Les deux grandes Guerres, la décolonisation, les IVième et Vième Répuplique de 1946 et 1958, la révolution des étudiants de mai 68, jusqu'au non catégorique pour la guerre en Irak et à la crise des banlieues de l'automne dernier, sujet que nous avons abordé dans ces pages ( 30 nov. 95).

Combinée au non français du Traité de Maasstricht pour l'Union européenne, aux contraintes budgétaires sur le modèle français plus égalitaire entre les citoyens que celui anglo-saxon — les déficits des gouvernements sont limités à trois pour-cent du produit national brut — ont plongé la France dans un climat de morosité qualifié de décliniste par Dominique de Villepin.

Points d'orgue de nos parcours
L'historique de l'évolution de la France vers une démocratie plus juste en se transformant d'une monarchie vers une république démontre que nous sommes pas seuls à connaître des difficultés de parcours sur les chemins de la raison et de la mutation de nos sociétés. Le politicologue Christian Dufour, évoquait la « société française est « cassante et cassable », c'est-à-dire qui se montre rigide quant à l'application de certaines normes mais qui, en même temps, ne change qu'en « cassant » ».VII Le cheminement ci-avant n'en est-t-il pas la preuve ?

On saute vite aux clichés. Dufour parlait-il ici d'une propension française largement répandue d'arguer, de stagner dans un immobilisme léthargique, sinon que par les heurts ? Ou doit-on parler d'un refus de tomber dans un manichéisme des solutions tranchées, d'un côté tout bon et d'un autre tout faux comme les sociétés capitalistes anglo-saxonnes adoptent en choeur ?

La position de la France, située au coeur de l'Europe et de toutes les influences, agit en arbi­tre, débat de toutes les positions, cherche les compromis, expérimente sur des nouvelles voies, ajuste les tirs et peut offrir des nouveaux modèles de vie en société. Ce processus est long et ardu comme le passage vers la république le démontre. Les Anglais qui voulaient plus de démocratie ont dû s'exiler en Amérique pour la créer ; les Français l'ont fait sur leur sol.

Nous avons aussi parcouru les chemins inconnus de la révolution au Québec à compter des années 1960 ; tranquille certes et largement inspirée du modèle français ; une plus grande justice sociale obligeait des changements vitaux. Qu'il y ait des ajustements à faire, trop de corporatisme, d'interventionnisme, cela fait unanimité pour la grande majorité des exclus par choix ou par fatalisme. Les Français confrontés plus durement tiennent à éviter les modèles ultra-libéralistes ou néo-conservateurs. Ils conduisent au totalitarisme actuel des Étasuniens.

Tout en étant nord-américain, la francité nous donne une plus grande ouverture sur le mon­de, d'en voir les iniquités, de tenter de les atténuer par des solutions balancées. Loin de s'é­loigner du modèle d'expérimentations de la France, nous devons s'en approcher et l'assister : « lorsque l'Hexagone, des mois durant, a tenu la dragée haute aux voisins américains en refu­sant l'invasion de l'Irak de mars 2003, on a senti au Québec — farouchement pacifiste — le « retour d'une certaine fierté française » » selon le politicologue Marc Chevrier de l'UQAM. sic

Nous ne sommes plus dans un état dualiste de « mère patrie » et du syndrome « d'enfants abandonnés » face à la France mais bien dans une disposition qui tend vers l'égalité ; les conditions évoluent. Ce n'est plus que les élites qui regardent outre-mer. La culture populaire traverse de plus en plus vite. La consécration s'établit maintenant des deux côtés de l'océan.

Jean-Jacques Goldman a créé le meilleur album de Céline Dion. Anthony Kavanagh s'établit en France et y retransmet un peu de notre culture. Les Laurent Ruquier, Christophe Alévê­que, etc. nous visitent et nous transmettent la vôtre. Nous nous rejoignons de plus en plus.

Alévêque présentait son spectacle Debout ! à Montréal cet été sur des thèmes entièrement universels : « il s'en prend à la mollesse ambiante, au mensonge érigé en système, à l'hypo­crisie portée au rang de vertu, à la pandémie de « bien-pensance », à la mièvrerie et à la ré­signation, au couvre-feu moral si sagement respecté. « Nous sommes en train de nous en­dormir. Nous sommes en apathie et en apnée totales. J'essaie de réveiller un peu les gens, d'où le titre du spectacle » », La Presse ; Les raisons de la colère, Sonia Saferti, 8 juil. 2006VIII

Alévêque ou même Dieudonné, Raymond Devos avant eux ou Yvon Deschamps d'une façon plus locale abordent des thèmes qui ouvrent les esprits et au travers de l'humour, portent à réfléchir sur l'état de notre civilisation de la lorgnette où tout n'est pas prétexte au rire gras. Bien sûr qu'ils tendent à discourir, loin des oneliners. Notre culture ne s'en porte que mieux.

Le plus grand rapprochement récent a été sans nul doute la participation des Bleus à la finale de la Coupe du monde de soccer. La défaite, in extremis n'a nullement été entaché par le fameux « coup de boule » de Zizédane Zidane. Bien au contraire si on parle des franco­phones d'Amérique bien sûr. En cela, ils rejoignent encore leurs cousins d'outre-Atlantique.

Zizou a vivement réagi à des insultes du joueur italien Materazzi accusant, selon la rumeur, sa mère et sa soeur de « putes terroristes ». Zidane est de descendance algérienne et est une icône et un modèle d'intégration pour toute la communauté musulmane de France. Les banlieues brandissaient plus de « bleu-blanc-rouge » que les Champs-Élysée le 14 juillet.

Le coq français s'est levé une autre fois devant l'injustice, une Marianne « fougueuse, guerrière, protectrice » s'est placée en redresseur des torts. Et qu'est-ce que disait un politique italien ?

« Le vice-président du Sénat italien et dirigeant de la Ligue du Nord, Roberto Calderoli, a salué "une victoire de l'identité italienne, d'une équipe qui a aligné des Lombards, des Napolitains, des Vénitiens et des Calabrais et qui a gagné contre une équipe de France qui a sacrifié sa propre identité en alignant des Noirs, des islamistes et des communistes pour obtenir des résultats".

« Il a confirmé ses propos mardi : "Quand je dis que l'équipe de France est composée de Noirs, d'islamistes et de communistes, je dis une chose objective et évidente. Qui se scandalise et réclame des excuses ne se sent pas la conscience tranquille." »IX

La Ligue du Nord est un parti ultra-conservateur dans la mouvance de Silvio Berlusconi. Aussi « Il est clair que Jacques Chirac a gaspillé ses 11 ans en tant que président », a écrit l'hebdomadaire britannique The Economist dans son dernier numéroX. D'affirmations folles, d'une seul voix la France pousse des gros cocoricos, l'Acadie fait des tintamarres tapageurs, le Québec entonne bien fort Tam ti delam par décence et en vertu du rejet de tous les excès.

Paul p. Pluteau/PpP

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I
Évangéline, WIKIPÉDIA, L'encyclopédie Libre
II
Blogue de Michèle Champagne, Les Français en Acadie : Aperçu
III
L'Acadie au bout des doigts, Daniel Robichaud
IV
V
Le texte prend pour référence les sites suivants : Histoire de France ; Lois constitutionnelles de 1875, WIKIPÉDIA, L'encyclopédie Libre
VI
Début de la Commune, 18 mars 1871
VII
Amère mère patrie, Le rapport du Québec à la France demeure problématique, Antoine Robitaille, 22 et 23 avril 2006
VIII
Christophe Alévêque : les raisons de la colère, La Presse, Sonia Sarfeti, 8 juil. 2006
IX
Et puis euh - Le sport est complexe, Le Devoir, Jean Dion, 13 juil. 2006
X
Chirac, "l'homme qui mérite un carton rouge", The Economist, 13 juil. 2006
Commentaires:
Bonjour Mr.Pluteau,
ou plutôt Bonsoir,

Très intéressant l'article sur l'Acadie, terre de certains de nos ancêtres, en tout cas de certains des miens... je suis gaspésien et même un village de l'Acadie porte mon nom de famille...

Tout ce qui se rapporte à la colonisation, la déportation et la vie de ces gens qui ont combattus, d'abord pour leur survie et ensuite pour un espoir de Liberté ... qu'ils ont finalement chèrement acquis !!

Nous leurs devons une fière chandelle, ils ont été en quelque sorte les défricheurs de notre société, les combattants de Liberté... et ils ont gagné...La Liberté sort toujours gagnante !!

Concernant le texte et la chanson Évangéline, qui est très touchant et émouvant, on peut y ressentir de la détresse, de la colère, de la peine, la mort... Les temps se suivent et se ressemblent !!

Je vous invite à lire ou écouter, spécialement 2 chansons d'un groupe acadien qui existe depuis la fin des années 70 et qui s'appelle : 1755. Ils font dans le folklorique et le traditionnelle... un peu comme La Bottine Souriante... au fait, ils faisaient des tournées ensemble dans les années 80, un peu partout dans les provinces maritimes...

Les 2 titres(des textes qui datent de très longtemps):

1- LA MAUDITE GUERRE. triste et qui parle de la déportation. Une vision frappante et désolante des effets des guerres... très touchant !!

2- LE JARDINIER DU COUVENT. une chanson qui me transporte, qui me donne un effet d'hélicoptère, un texte poétique qui date d'avant la Déportation, et qui traite d'une petite histoire d'amour d'antan... très beau !!

Merci de nous instruire de vos textes et de vos connaissances...

Et bonne lecture !!

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